L’Écosse et nous

Dès l’arrivée au pouvoir de Lucien Bouchard au début de 1996, la hantise d’un troisième référendum s’était installée. Dans cette perspective, le nouveau ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, s’était lancé dans une correspondance à sens unique avec différents membres du gouvernement Bouchard, dans laquelle il expliquait en long et en large qu’aucun exemple de sécession ailleurs dans le monde, si ce n’est dans un contexte colonial, ne pouvait s’appliquer au projet souverainiste québécois. Bref, nous étions un cas unique, qu’il était d’autant plus facile de déclarer insoluble.

L’exemple de la Slovénie, particulièrement cher à Bernard Landry, alors vice-premier ministre, ne pouvait pas davantage être évoqué, puisque le nouvel État était né de la désintégration de la Yougoslavie, qui ne pouvait donc plus en contester la légitimité. Non seulement une déclaration d’indépendance devait avoir l’accord de l’État prédécesseur, en l’occurrence le Canada, mais les frontières actuelles du Québec seraient forcément contestées.

Le ministre-politologue avait bien travaillé son dossier. « Vous savez sans doute que la France a insisté en faveur de la séparation de l’île Mayotte des Comores au moment où celles-ci ont obtenu leur indépendance, car les résidants de Mayotte ont exprimé sans équivoque leur désir de maintenir leur lien avec la France », écrivait-il dans une lettre adressée à M. Bouchard lui-même. Mayotte ? Simplement entendre prononcer le nom M. Dion suffisait à mettre le premier ministre hors de lui.

Jusqu’à la semaine dernière, personne n’avait senti le besoin de disqualifier le parallèle entre le Québec et l’Écosse, sinon pour opposer la clarté de la question écossaise à la confusion de celle qui avait été posée aux Québécois en 1995. La victoire décisive du Non devait démontrer l’obsolescence du concept de souveraineté dans l’Occident du XXIe siècle.

D’ailleurs, la tiédeur de l’accueil que le chef du Scottish National Party (SNP) et premier ministre, Alex Salmond, avait lui-même réservé à Pauline Marois lors de sa visite de janvier 2013 ne témoignait-elle pas du caractère rétrograde, pour ne pas dire ethnocentrique du projet péquiste ? 

 

L’affaire a évidemment pris une nouvelle tournure avec une série de sondages qui ont placé le Oui et le Non au coude-à-coude. Et si l’impensable devait se produire ? Bien sûr, la déroute péquiste du 7 avril et la désintégration du Bloc québécois laissaient bien penser que le projet souverainiste était moribond, mais sait-on jamais. À les voir se précipiter en Écosse, les souverainistes fondent clairement de grands espoirs sur les répercussions qu’une victoire du Oui pourrait avoir de ce côté-ci de l’Atlantique.

À la réflexion, le camp fédéraliste commence donc à découvrir que les deux cas n’ont finalement rien en commun. À tel point que vouloir les comparer serait un non-sens, écrivait cette semaine mon réputé collègue du National Post Andrew Coyne, fervent défenseur de l’unité canadienne.

Contrairement à l’Écosse, qui était un État indépendant avec ses frontières actuelles avant son union avec l’Angleterre, le Québec a été créé de toutes pièces par l’Acte confédératif de 1867, et ses frontières ont été fixées par des décisions successives du Parlement canadien, soulignait-il.

D’ailleurs, si Londres peut prétendre représenter l’ensemble du Royaume-Uni pour négocier les termes de la sécession, Ottawa ne saurait prétendre parler au nom des provinces, dont l’accord unanime serait requis. Le retrait de l’Écosse ne diviserait pas le Royaume-Uni en deux morceaux éloignés l’un de l’autre, tandis que la sécession du Québec isolerait les provinces maritimes du reste du Canada.

Sans oublier les nations autochtones, dont on ne trouve pas l’équivalent en Écosse, et dont le gouvernement fédéral aurait évidemment le devoir de soutenir les revendications. Au besoin, Stéphane Dion se ferait sans doute un plaisir d’étoffer encore cet argumentaire.

Bien entendu, les motivations des uns et des autres peuvent être différentes. Alors que l’anglais est la langue commune du Royaume-Uni, la question linguistique a toujours constitué un puissant moteur du mouvement souverainiste au Québec et elle le demeure, même si son effet mobilisateur a diminué.

On dit que les indépendantistes écossais ont profité de l’attachement d’une grande partie de la population à une social-démocratie qu’elle estime menacée depuis le règne de Margaret Thatcher, mais ce sont essentiellement les revenus tirés du pétrole qui rendent crédible sa préservation. II serait certainement plus facile de jouer la carte du « modèle québécois » si on pouvait compter sur le pétrole pour le financer. Encore faudrait-il que les souverainistes puissent se mettre d’accord sur son éventuelle exploitation.

53 commentaires
  • Michel Coron - Inscrit 13 septembre 2014 00 h 51

    Et la Tchécoslovaquie ? Et les Écossais d'ici ?

    J'aurais aimé, M. David, que vous nous parliez de la sécession de la Slovaquie en un état indépendant . J'y vois personnellement une plus grande analogie avec la situation du Québec au point de vue ehnique et linguistique que le cas de la Slovénie et surtout de l'Écosse comme le souligne si bien ailleurs dans Le Devoir Antoine Robitaille.
    Il serait bon de souligner aussi qu'en échange de sa souveraineté en 1707, l'Écosse a joué un rôle important dans la prise de Québec en 1759. L'armée de Wolfe était essentiellemet formée d'Écossais dirigée par Murray . Ces derniers s'établirent dans la région de Beerthierville ; que l'on se rappelle le scotch Melcher's. En bons financiers, les Écossais du Golden Square Miles à Montréal (mentionnons seulement le noms des rues comme McGill, McTavish, McCord, MacGregor,Ogilvy, Etc), ils ont su fort bien expoiter la main-d'oeuvre québécoise et irlandaise immigrée. Quand on a participé à la colonisation et à l'impérialisme de façon aussi glorieuse et fructueuse, il n'est que normal de traiter d'égal à égal avec l'Angleterre. Bref, l'Écosse ne fait que revendiquer de fait une indépendance dans la fierté qu'elle a toujours gardé face à une Angleterre devenue au fil des ans une coquille vide.

    • Raymond Labelle - Abonné 14 septembre 2014 07 h 57

      Aussi, M. David attribue à M. Landry d'utliser l'exemple de la Slovénie.

      J'ai fait une petite recherche Internet sur les déclarations ou discours antérieurs de M. Landry et ai constaté que si, en effet, M. Landry, en illustrant les indépendances de velours, réfère à l'exemple de la Slovénie, il réfère au moins tout aussi souvent à celui de la Slovaquie, en tout cas dans les quelques documents que j'ai trouvés.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 14 septembre 2014 09 h 26

      les écossais d'ici ?

      M. Coron, le fait qu'une nation ait abusé de sa force au XVIIIe semble, dans votre raisonnement, donner des droits au XXIe siècle. Votre façon d'analyser n'est pas logique et n'a de valeur que d'un point historique. C'est au plus fort la poche que vivaient nos ancêtres, et cette façon de faire, les patriotes québécois du XIXe siècle l'ont vite compris. Par contre, surtout à partir du XXe siècle, ce sont des coalitions de nations qui ont gagné toutes les guerres et aujourd'hui ce sont les ententes de libre échange qui font des nations prospères.

  • Diane Gélinas - Abonnée 13 septembre 2014 01 h 59

    Une question claire ?

    «Jusqu’à la semaine dernière, personne n’avait senti le besoin de disqualifier le parallèle entre le Québec et l’Écosse, sinon pour opposer la clarté de la question écossaise à la confusion de celle qui avait été posée aux Québécois en 1995.»

    Confusion? Quelle confusion ? Ça fait des années que l'on reprend cette fausse affirmation... Monsieur David, y a-t-il un seul Québécois ou une seule Québécoise qui, soit en 1980 ou en 1995, ignorait, s-é-r-i-e-u-s-e-m-e-n-t :

    Qu'un vote pour le OUI signifiait un appui à l'indépendance du Québec et
    qu'un vote pour le NON reflétait la peur de la séparation du Canada? Voyons donc!

    Faut-il que les politiciens méprisent à ce point notre nation pour affirmer que l'ambiguité des 2 questions avait trompé les lecteurs/électrices? Voyons donc!

    Le comportement du clan «Better Together» est un copier-coller de notre camp du NON. On leur a refilé nos menaces (retraites, banques,monnaie, etc.) de 1995.

    Si le OUI l'emporte, ce sera dû au caractère résolu des Écossais qui les rendra imperméables aux tricheries manipulatrices dont les Anglais ont l'expertise la plus sophistiquée au monde, leur devise semblant être :

    «He who cheats the most - and doesn't get caught - WINS!»
    «Celui qui triche le plus - sans se faire prendre - GAGNE!»

    Souhaitons que les nouvelles générations québécoises «décomplexées» sauront s'inspirer du courage et de la ténacité du peuple écossais et rescussiter chez leurs aînés cette fierté québécoise-française caractéristique de notre nation depuis les tous débuts de la colonie en 1534.

    • J-F Garneau - Abonné 13 septembre 2014 12 h 12

      Vous dites: "Faut-il que les politiciens méprisent à ce point notre nation pour affirmer que l'ambiguité des 2 questions avait trompé les lecteurs/électrices? Voyons donc!"
      AH, mais dans les deux cas, c'est ce qui était écrit qui était important, pas ce que les gens pensaient interpréter, justement.

      Secundo, je suis désolé, mais un vote pour le NON ne représentait pas "la peur de la séparation du Canada". Un vote pour le NON représentait un refus de la propostiion présentée. Pas la peur. Le refus. C'est bien bien différent. Il faudrait arrêter avec cette histoire mille fois ressassée de "peur". Il y a plusiquers québécois "décomplexés" (comme vous les appelez) qui ont très bien compris la question, qui ont très bien compris les enjeux, qui n'ont pas eu "peur". Ils ont seulement refusé l'option que l'on présentait.
      Il y a un pourcentage équivalent de "peureux" dans un camp, que de "pensée magique" dans l'autre camp.
      Tant que l'on va clore les débats sur les conséquences rééelles et potentielles de la séparation par : "de toutes façons vous êtes juste des peureux, et si vous êtes contre vous n'avez rien compris" j'ai bien peur que si pays il y a, je n'aurai aucune envie d'en faire partie.

    • Patrick Boulanger - Abonné 13 septembre 2014 12 h 45

      Vraiment Mme Gélinas, vous la trouvez claire cette question-ci?

      « Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec, et de l'entente signée le 12 juin 1995, oui ou non? »

      Quant à la question de 1980, cette question avait pour objectif d'aller chercher un « mandat de négocier » auprès de la population et un vote pour le OUI à cette question ne signfiait pas nécessairement « un appui à l'indépendance du Québec », contrairement à ce que vous affirmez.

      Question de 1980 : « Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté, et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum ; en conséquence, accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada ? »

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 13 septembre 2014 16 h 34

      Dans le cas des deux questions référendaires, on a joué avec la population pour diminuer le seuil de crainte et laisser le champs de manoeuvre aux politiciens indépendantistes pour aboutir à la conclusion désirée...

      Une zône grise stratégique...

    • Michel Blondin - Abonné 14 septembre 2014 10 h 24

      Madame Gélinas,
      Vous dites en jolis mots et de caractères ce qui m'est clair comme de l'eau de roche. Je n'aurais pas dit mieux. Permettez-moi d'ajouter un peu.
      Le camp des fédéralistes a joué ici par ruses et discrétions. Et médias, que de tomber dans le panneau des mots qui reflètent insidieusement une vision impropre, par jeu de malins que d'aucuns se frottent les mains de coups portés.

      Les deux questions, aux référendums, reflètent nos esprits torturés et de compromis de Lévesque soustrait de Bourgeault, le pur, pour l'un et de la clarté de Parizeau embêtée des impératifs de Bouchard, le tourmenté, pour l'autre. Ils ont introduit, les deux fois, deux référendums comme une dernière, dernière, dernière chance à ceux qui nous offrent une fin de non-recevoir de tout, y compris dans le déraisonnable.

      Les deux questions ont été polarisées et bien comprises dans leurs excès, presque d'excuses, à savoir que c'était une séparation alors qu'en réalité les questions engageaient un processus respectueux.

      Le camp du oui, les deux fois, avait à faire, en contrepartie, avec un fédéralisme à tout crin et de promesses vicieuses de Trudeau en 1980 et de son copie collée d'acolyte de Chrétien en 1995. Ils ont manipulé les moyens, il faut le reconnaître une fois pour toutes, des plus bas politiquement. Et cela, pour enterrer creux la société distincte et aussi toute distinction à la politique.


      Le jeu des fédéralistes était loin du « fair-play » au pays du Royaume uni, encore que ces premiers jouent et s'impliquent parmi les plus osés. On découvrirait demain que l'intelligentsia du camp du non de 1995 est tout en Écosse que je ne serais pas surpris.

      Espérons que nos leçons servent à d'autres dans leur quête de liberté. Après tout, les méga succès des croissances économiques (GNP)et de bien-être (HDI) sont l'attribut des petits pays, parole des études internationales faites, sur la période de 70 ans, par le Crédit Suisse de juillet 2014.(crédit suisse.com)

    • Gilles Lanthier - Inscrit 14 septembre 2014 15 h 11

      La question était volontairement ambigue en 1995 dans le but d'obtenir le plus de "oui" possible. Pourtant une question claire aurait sans doute obtenu le même résultat et l'adversaire n'aurait pas pu soutenir que le résultat obtenu résulte de l'ambiguité de la question. En somme, je suis d'accord que ceux qui ont voté oui en 1995 savaient que le projet d'indépendance était compris dans cette question. Toutefois, l'ambiguité de la question a été utilisée avec raison pour discréditer cette quasi victoire du "oui".

    • Victor Beauchesne - Inscrit 16 septembre 2014 07 h 37

      @M. Lanthier

      De nombreux sondages ont démontré qu'une proportion importante des citoyens croyait que les "ententes du 12 juin" étaient des ententes entre le Québec et le Canada sur les conditions de sécession après un Oui, donc ce groupe se sentait rassuré qu'un Oui ne créerait pas une situation difficile entre le Canada et le Québec puisque les "ententes" règlaient tout ça.

      D'ailleurs tous les sondages depuis 40 ans démontrent qu'une question directe et simple sur l'indépendance ( comme en Écosse) donne une plus faible marge pour le Oui.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 13 septembre 2014 08 h 53

    «Alex Salmond» et non

    «Alex Salond».

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 13 septembre 2014 18 h 11

      À Mme Wandelmaier

      Vous êtes dans le champs, et de ce que je sais vous ne connaissez pas grand chose de notre histoire, surtout du premier référendum, et pourquoi René Levesque a alors décidé de faire ce reférendum contre son gré: Lévesque trouvait qu'il était trop tôt pour un tel référendum, et il avait bien raison, le P. q n'existait que depuis peu, mais finalement il a cédé à son entourage, qui lui voulait faire plaisir à la base militante, tu parles! Autrement dit, un petit nanane pour de grands enfants.

      Quand à Parizeau, vous avez un peu raison: il ne voulait pas faire peur au peuple, et a cru qu'avec pratiquement la même question qu'en '80, celui ci tomberait dans le panneau cette fois là, mais c'est finalement lui qui y est tombé dans son panneau, et déçu il a mis SA défaite sur le dos des immigrants et de l'argent.

      Jusqu'ici nos chefs ont presque tous été des colonisés incapables de dire les choses comme elles étaient et de faire confiance au peuple qu'ils prétendaient conduire à l'indépendance. C'est pour ça que plusieurs ont cru en Aussant, et qu'aujourd'hui plusiueurs penchent plutôt vers Péladeau le seul à parler aussi clairement de faire du Québec un pays, et ce avant même d'être député...

      Et en passant MERCI À m. Boulanger de ses précieuses informations.

      Que vive enfin le Québec libre!

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 14 septembre 2014 17 h 57

      Désolée! Madame Massicotte...Vous êtes dans l'erreur..J'étais à Montréal en 1980, entre deux carrières, sans travail et je lisais tous les journaux (des deux camps) chaque jour...Alors c'est vous qui êtes dans les patates avec vos affirmations!

      Quelque soit les processus politique qui a mené à la formulation des deux questions, n'importe quel psychologue vous parlerait d'ambivalence, de contadiction, d'hésitation, de craintes mêlées à un désir électoraliste de donner l'impression que le choix était BÉNIN, sans grosses conséquences et, que le cordon ombilical ne serait pas vraiment coupé..

      Un gros salut!

    • Lise Bélanger - Abonnée 15 septembre 2014 08 h 17

      À Mesdames Massicotte et Wandelmaier

      Sur ce point vous êtes en accord mais vous exprimez différemment. Soit le manque de confiance des élus politiques péquistes dans le peuple québécois dans son désir d'être enfin autonome et bien exprimée par une question ambivalente.

      J'aimerais pouvoir dire que cela est du passé, mais à écouter nos anciens ministres MM Drainville et Marceau en autre, cela semble se perpétuer.

      Si le Québec devient un pays et que Mme Wandelmaier décide de continuer à résider au Québec, elle pourra faire partie d'un nouveau pays et participer à son épanouissement avec pour amitié, tous les québécois. Si nous demeurons dans cet autre pays qu'est le Canada, les frustrations vont continuer et au lieu de travailler ensemble nous allons continuer à nous écorcher. Dommage.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 15 septembre 2014 15 h 13


      Madame Bélanger...Mon opinion, ma résidence et mon orientation politique comptent très peu dans ce débat...Vous devez convaincre un large segment de la population que le futur pays serait prospère...

      Pour cela,vous devait pouvoir vous retourner et leur montrer du doigt une économie sur une base solide, un budget qui fait du sens, une dette nationale "manageable" et sous contôle, un taux d'emplois (à temps plein) stable et satisfaisant..Vous devez leur prouver que ce ne seront pas les programmes sociaux qui seront coupés pour joindre les deux bouts...

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 13 septembre 2014 10 h 13

    L'incontournable principe d'effectivité

    Ce que les meneurs du mouvement souverainsiste du Québec n'ont pas compris : l'incontournable principe d'effectivité

    Il ne suffit pas de prendre une décision, il faut surtout la rendre effective sur le territoire. Or l'État canadien a fait connaitre son intention de ne pas reconnaitre le résultat d'un OUI gagnant. Ce qui faisait du référendum au Québec un marché de dupe : pile on perd et face on ne gagne pas. Ce qui explqiue que ce référendum est devenu un repoussoir politique avec le temps.

    Dans le cas de l'Écosse, l'Entent d'Édimbourg a amené Londres à reconnaitre d'avance la décision d'un OUI gagnant. Harper est d'accord avec cette entente puiqu'il a déclarer (à Londres) que cette décision devait être respecter.

    L'occasion est donc donner aux meneurs du mouvement souverainiste de confronter Harper sur la question : il suffit de reprendre le libellé de la question du référendum en Écosse et changer Écosse pour Québec (sur la base du 50 plus 1). La question du respect de la démocratie n'aura jamais été aussi claire : Ce qui vaut pour l'Écosse vaut aussi pour le Québec.

    Si Harper accepte de respecter la démocratie québécoise comme il repspecte celle de l'Écosse, alors la décision d'un éventuelle référendum sera effctive. Sinon, on arrête de jouer dans un marché de dupe, et on procède autrement ...

  • Nestor Turcotte - Inscrit 13 septembre 2014 11 h 23

    LE QUÉBEC DEVRAIT IMITER L`'ÉCOSSE

    Le Québec devrait imiter l’Écosse

    Certains commentateurs politiques québécois aiment, comparer les deux référendums tenus au Québec avec celui qui doit se tenir, dans quelques jours, en Écosse. Il y a une différence énorme entre le référendum des Écossais qui doit se ternir le 18 septembre prochain et les deux référendums tenus au Québec en 1980 et 1995. Le 18 septembre, les Écossais sont placés devant une question claire: «Voulez-vous que l’Écosse accède à son indépendance. Oui ou non ?

    Le premier référendum québécois ne portait pas sur l'indépendance du Québec mais sur un mandat de négociation qui, présumant la bonne volonté du Canada, aurait conduit à une authentique Confédération canadienne. Le résultat de ces dites négociations devait être sanctionné par une deuxième consultation populaire.

    En 1995, Jacques Parizeau avait promis, lors du scrutin provincial de 1994, que le prochain référendum - il a été tenu en 1995 - poserait la question fondamentale: « Acceptez-vous que le Québec devienne indépendant en date de… ?» La question fut changée pour faire plaisir aux confédéralistes Lucien Bouchard et Mario Dumont. Ces deux derniers, il faut en convenir, ne prônaient pas l'indépendance du Québec, mais un réaménagement des pouvoirs en place. J'ai déjà demandé à un ancien premier Ministre du Québec de me répéter le libellé de la question de 1995. Il avait pourtant participé à son écriture. Il bafouilla et changea même le sens de la question posée.

    Comparer le référendum de l'Écosse aux référendums tenus au Québec est une fausse comparaison. L'Écosse demande clairement aux électeurs de se prononcer sur la sécession de l'Écosse du Royaume-Uni. L'Écosse recevra le résultat dans quelques jours.

    S’il doit y avoir un prochain référendum au Québec, la question doit être claire et ne pas prêter à des interprétations : «Acceptez que le Québec soit un pays indépendant, oui ou non ?