La culture au vignoble

Vue sur le Vignoble Saint-Gabriel, par un matin ensoleillé, avec ses 29 000 pieds de vigne bien alignés sur un coteau. Le contraste entre la nature sauvage des Laurentides et les rangs bien disciplinés est frappant.
Photo: Lise Gobeille Vue sur le Vignoble Saint-Gabriel, par un matin ensoleillé, avec ses 29 000 pieds de vigne bien alignés sur un coteau. Le contraste entre la nature sauvage des Laurentides et les rangs bien disciplinés est frappant.

La vue du Vignoble Saint-Gabriel par un matin ensoleillé, avec ses 29 000 pieds de vigne bien alignés sur un coteau, est saisissante. Le contraste entre la nature sauvage des Laurentides et les rangs bien disciplinés est frappant, et les rayons de soleil filtrant à travers les vignes et créant une dentelle d’ombre sur le gazon vert subliment et transcendent le paysage.

 

Fils d’agriculteur et ancien pomiculteur, Paul Jodoin cherchait un endroit pour implanter une belle entreprise, un vignoble qui occuperait sa retraite après de nombreuses années dans l’enseignement. Chef d’orchestre expérimenté, il a su bien s’entourer pour réaliser son projet. Mme Lavallée, son épouse et son alter ego, engagée et discrète, est omniprésente dans ce projet d’envergure, où elle voit en particulier aux activités de la boutique.

 

En 2001, à la recherche du site idéal, ils ont vu en passant dans le rang Saint-David, à Saint-Gabriel-de-Brandon, une toute petite pancarte « À vendre » devant une ferme à l’abandon.

 

Le terrain avait une belle pente douce, l’orientation était bonne, la zone de rusticité aussi (3a à 4b), et on imagine que le prix était acceptable. Tous les critères étaient réunis pour commencer la grande aventure, qui a demandé beaucoup de bras, de sueur, de patience, d’innombrables heures de travail, de ténacité et, évidemment, des investissements importants. Mille cinq cents vignes ont été plantées cette année-là, mais le travail ne fut pas simple, car le beau coteau a dû être épierré, nivelé, réaménagé et drainé avant d’être planté.

 

Culture biologique

 

Les propriétaires, dès le départ, ont fait le choix d’une production biologique, et les vins sont certifiés Ecocert Canada. Pour ce faire, bien sûr, le raisin est cultivé sans pesticides ni engrais chimique, même si cela entraîne une plus grande charge de travail. En effet, cette approche exige une régie de culture serrée et parfaite, car la marge de manoeuvre est plus mince qu’en mode conventionnel.

 

D’ailleurs, il est essentiel de choisir des cultivars résistants aux maladies.

 

Le vignoble

 

Le vignoble comprend 29 000 plants de vigne rustiques, ce qui veut dire qu’ainsi, ils n’ont pas besoin d’être buttés à l’automne, une tâche laborieuse qui est avec plaisir éliminée. De plus, dans cette région, ils bénéficient de la meilleure protection contre le gel : un bon manteau de neige.

 

Toutefois, l’hiver dernier y a été difficile, comme partout au Québec, où de nombreuses pertes de végétaux ont été remarquées, liées, semble-t-il, à des froids importants, des vents asséchants, un manque d’eau à l’automne, etc.

 

Par ailleurs, la technique de taille utilisée au vignoble est le double cordon sur lequel sont laissés plusieurs courts embranchements portant chacun 2 à 4 bourgeons.

 

Pendant leur croissance, les tiges sont dirigées entre les fils de fer, qui leur servent de support, et les tiges faibles et les gourmands sont éliminés, le travail aux champs se fait en continu.

 

Après la formation des fruits et bien avant la véraison, en août, les feuilles qui cachent les grappes sont éliminées afin de permettre au soleil de les atteindre. Et même si moins de maladies qu’ailleurs sont observées au Vignoble Saint-Gabriel, car le climat y est plus frais, selon l’agronome Isabelle Turcotte, conseillère pour le vignoble, des traitements de cuivre et de soufre doivent être faits régulièrement.

 

Fermentation de raisins, le vin

 

Dix cépages ont été plantés au champ, dont quelques-uns pour le raisin de table, mais la majorité pour préparer les vins offerts en boutique : un blanc, un rosé, deux rouges et un vin de dessert.

 

Voici la liste des cépages de cuve : Marquette, Radisson, DM-85 et Sabrevois pour le rouge ; Adalmiina, Osceola Muscat et Saint-Pépin pour les blancs.

 

Formé au Lycée viticole de Beaune, en France, Christian Donaldson, grand amateur de vin et de bonne bouffe, réalise avec brio la vinification pour l’entreprise.

 

Auparavant, il a été vinificateur pour le Clos Saint-Denis et pour le Vignoble domaine de l’île Ronde. Actuellement, le Vignoble Saint-Gabriel produit de 20 000 à 25 000 bouteilles par année.

 

Vignoble Saint-Gabriel, 2190, rang Saint- David, Saint-Gabriel-de-Brandon.

Au jardin cette semaine

Quelques conseils pour votre vigne à raisins de table ou de cuve. Éliminez les feuilles qui cachent les grappes, afin de favoriser la coloration du raisin, d’augmenter leur tannin ainsi que leur saveur. Néanmoins, cela n’augmentera pas leur teneur en sucre ni ne diminuera leur acidité. Il y a présence de blanc sur le feuillage : Isabelle Turcotte, agronome, recommande le bicarbonate de soude, 15 à 45 g dans 4 litres d’eau avec 25 à 30 ml de savon liquide. À répéter après chaque pluie.

Si le feuillage montre des symptômes de jaunissement sur le pourtour, qui progresse entre les nervures, et que les nervures demeurent vertes, le plant a probablement une carence en magnésium. Elle se corrige avec une application foliaire de sel Epsom, disponible en pharmacie. Epsom est le nom commun du sulfate de magnésium : diluer environ 1 g dans 4 litres.

Le vin au Québec

50 cépages de cuve sont utilisés sur le territoire québécois.

La culture de la vigne a été reconnue seulement en 2006 par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

VitiNord est un colloque international sur la viticulture en climat froid. Saint-Hyacinthe a été l’hôte du deuxième en 2009.

Le Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel (CRAM) a différents projets de recherche sur la culture de la vigne au Québec.

Dans la bibliothèque

Guide d’identification des cépages cultivés en climat froid. Cépages de cuve
Gaëlle Dubé et Isabelle Turcotte
Éditeur Richard Grenier, 2011, 215 pages

Un fantastique travail de compilation de données ! Ce premier ouvrage du genre au Québec présente, à l’aide de fiches techniques détaillées et de nombreuses photos, les principaux cépages de cuve cultivés ici. S’y trouvent aussi des tableaux comparatifs et des résumés, ainsi que différentes cartes très utiles. Les espèces à l’origine des variétés cultivées au Québec, Vitis aestivalis, Vitis riparia, Vitis vinifera… sont décrites, et un tableau génétique permet de retracer l’origine de certains caractères des variétés.

Un chapitre intéressant est consacré aux hybrideurs qui, souvent à leur façon, ont marqué l’histoire. Ces individus souvent méconnus ont grandement contribué au développement de la viticulture en cherchant des solutions à différents problèmes tels que la culture en climat froid ou le phylloxéra. Ce guide est un excellent outil de conseil pour les vignerons, mais aussi pour les pépiniéristes et les viticulteurs amateurs.

Portes ouvertes

Dans le cadre des Portes ouvertes sur les fermes du Québec de l’Union des producteurs agricoles, la Route des Gerbes d’Angelica, conjointement avec Les Jardins Michel Corbeil, ouvre ses portes pour sa grande Fête des jardins et des saveurs. Sur place s’y trouveront : Centre Jardin Barbe, Monsieur Basilic, Paysage Gourmand… Et plusieurs conférenciers connus se feront un plaisir de partager leurs connaissances, notamment Albert Mondor, le président d’honneur, Daniel Fortin et Michel Corbeil.

Samedi 6 et dimanche 7 septembre de 10 h à 16 h, Route des Gerbes d’Angélica, 6015, rang Saint-Vincent, Mirabel. Jardins Michel Corbeil, 961, boul. Arthur-Sauvé, Saint-Eustache.

Première Fête de l'ail au Jardin botanique

Les Amis du Jardin botanique de Montréal, en collaboration avec l’Association des producteurs Ail Québec, vous invitent à célébrer l’arrivée de l’ail nouveau. Des producteurs seront présents pour partager leur passion et offrir une grande diversité de variétés d’ail.

Une occasion idéale pour faire vos provisions, autant pour la cuisine que pour la plantation, qui aura lieu dans quelques semaines. Ce n’est pas tout, il y aura aussi des conférences, des ateliers de tressage et des dégustations !

Samedi 13 septembre de 9 h 30 à 16 h dans la serre d’accueil du Jardin botanique.