Hyundai Veloster: du potentiel, mais…

Munie d’une seule motorisation à l’origine, la Hyundai Veloster détient désormais une puissance de 201 chevaux, même si ses 138 chevaux permettaient des performances correctes.
Photo: Hyundai Munie d’une seule motorisation à l’origine, la Hyundai Veloster détient désormais une puissance de 201 chevaux, même si ses 138 chevaux permettaient des performances correctes.

Vous êtes célibataire ou en couple, mais sans enfant ? Vous utilisez rarement les places arrière, mais trouvez tout de même pratique d’en avoir ? Vous voulez aussi une voiture qui a un peu de gueule ? Un coupé — une« 2-portes »,comme on disait autrefois — est tout indiqué, mais il n’en pleut pas, encore moins à prix abordable : Honda Civic, Scion tC, Kia Koup et puis… rien. La première est décidément trop connue (lire : trop répandue) ; la deuxième, au contraire, évolue dans l’anonymat. Reste la troisième, mais cette marque inspire encore la méfiance — à tort, puisque ce sont des Hyundai recarrossées, les deux marques appartenant à la même famille.

 

Hyundai, puisqu’on en parle, a lancé il y a trois ans un petit coupé fort original, dans l’approche comme dans le style, sur la plateforme de sa populaire Accent : la Veloster. Drôle de nom, drôle d’auto. Originale, à tout le moins.

 

Audace rafraîchissante

 

Un coupé, c’est joli, mais quatre portes, c’est pratique aussi. Pourquoi pas trois ? C’est le compromis que propose la Veloster. Hyundai ne peut cependant revendiquer la paternité de cette idée : GM y a pensé dix ans plus tôt, avec la Saturn SC. Mais comme c’était une Saturn, les ventes n’ont jamais décollé. Finalement, cette marque est passée à la trappe lors de la restructuration de GM en 2009, après sa retentissante faillite.

 

Ingénieux, le concept du« coupé trois portes »ne demandait qu’à être repris. Précision ici : il ne s’agit pas d’un hayon arrière, mais bien d’une troisième portière, invisible ou presque. Il y a bien une démarcation sur le côté droit de la carrosserie, mais la poignée est habilement dissimulée : elle loge en fait dans le haut de la portière, au ras du toit.

 

Cette astuce pour le moins originale s’intègre dans un design qui l’est tout autant. Il est vrai qu’il se passe des choses très intéressantes de ce côté chez les deux marques soeurs (Hyundai et Kia). Il y a une effervescence et une audace chez les Coréens qui manquent cruellement chez les Japonais. Honda, Toyota, Nissan et Subaru devraient en tirer des leçons, mais ils continuent de nous proposer des véhicules au style générique (quand ils ne sont pas carrément laids).

 

Cela dit, la Veloster polarise les opinions : on aime ou pas. Et comme bien des objets« tendance »,elle semble avoir vieilli prématurément. Il faut tout de même préciser qu’elle est à la fin de son cycle de vie. Saluons tout de même l’audace de Hyundai, une qualité rare chez les constructeurs asiatiques.

 

Note parfaite pour l’habitacle

 

Avec un véhicule au style aussi marqué, on s’attend à une démarche esthétique cohérente à l’intérieur. Encore une fois, c’est réussi et Hyundai mérite un A + pour l’effort puisqu’on ne s’est pas contenté de reproduire l’habitacle d’un modèle déjà existant. Il aurait été facile, par exemple, de reprendre la planche de bord de l’Accent ou de l’Elantra, mais on s’est efforcé de lui donner sa propre saveur.

 

La Veloster est donc plus qu’une Accent déguisée. Sa décoration est plus recherchée, plus attrayante aussi ; et sa finition est plus relevée. Il y a moins de plastique et les matériaux sont plus agréables, à l’oeil et au toucher. Non seulement l’habitacle de la Veloster n’a rien à envier à celui d’une japonaise, mais ce serait plutôt le contraire : l’élève a dépassé le maître.

 

Les constructeurs coréens sont réputés pour ne pas lésiner sur l’équipement de série et la Veloster le prouve encore une fois. À équipement égal, une japonaise coûte toujours plus cher ; certaines américaines aussi. Sur le plan ergonomique, la Veloster est un exemple à suivre : les espaces de rangement abondent, les commandes sont simples, intuitives et bien disposées, tandis que l’espace disponible est utilisé au maximum. 10 sur 10.

 

À l’avant, les baquets sont confortables et procurent un bon maintien. Malgré l’ouverture étroite de la troisième porte, accéder aux places arrière est plus facile que dans une deux portes, c’est incontestable. À l’arrière, on n’essaie pas de vous faire croire que la banquette peut accueillir trois personnes : la sculpture des sièges indique clairement qu’il n’y a que deux places. Deux vraies places, cependant : même si l’espace est compté, il y a suffisamment de dégagement pour la tête et les jambes. Si vous mesurez plus de six pieds, ce sera plus serré, mais nous sommes à bord d’une sous-compacte, ne l’oublions pas. Les occupants ont cependant la tête directement sous la lunette arrière. Pas sûr que je voudrais être assis là quand il fait 30 degrés…

 

Choisir selon ses priorités

 

À l’origine, la Veloster n’avait qu’une seule motorisation, soit le 4-cylindres de 1,6 litre de l’Accent. Ses 138 chevaux assuraient des performances correctes, mais ceux et celles qui voulaient un peu plus de nerf restaient sur leur faim. Hyundai a corrigé le tir rapidement en lui greffant un turbocompresseur l’année suivante, faisant ainsi grimper la puissance à 201 chevaux. Le 4-cylindres atmosphérique est toujours là, permettant ainsi d’offrir une version d’entrée de gamme à un prix concurrentiel, tout juste sous la barre des 20 000 dollars.

 

Le choix du moteur atmosphérique ou suralimenté dépend de vos priorités : le premier consomme moins, le deuxième a plus de« oumph ». Les 73 chevaux supplémentaires font toute la différence : dès qu’on dépasse 2500 tours-minute, le turbo intervient et l’élasticité de ce petit moteur vigoureux lui confère une bonne courbe de puissance. Ajoutez à cela une sonorité sportive et vous avez les ingrédients de base pour donner le sourire à celui ou celle qui est derrière le volant. Il y a des petits plaisirs, comme ça…

 

Les puristes ou les nostalgiques seront heureux d’apprendre qu’une boîte manuelle est au menu. Offerte en série, elle brille à tous les chapitres : son guidage précis et la courte course du levier rehaussent l’agrément de conduite. De mémoire de chroniqueur, il s’agit de la meilleure boîte manuelle à ce jour dans une Hyundai.

 

La boîte à double embrayage (Dual Clutch) travaille elle aussi de façon irréprochable. En mode automatique, elle exacerbe cependant le manque de puissance et de couple (128 livres-pied) du 4-cylindres atmosphérique. Ces deux transmissions ont 6 rapports.

 

Mon royaume pour un châssis !

 

Avec la motorisation de base, la Veloster est un petit coupé sans prétention ; à défaut de générer de l’adrénaline, il procure un roulement confortable et sa conduite ne réserve pas de surprise — ni bonne, ni mauvaise. La direction brille par sa précision, mais son châssis, qu’elle partage avec l’Accent, montre rapidement ses limites. Le roulis est bien maîtrisé, mais dès qu’on pousse un peu, le sous-virage se manifeste.

 

Plus puissante, la Veloster Turbo a des prétentions sportives et c’est là que ça se gâte. Quand on veut rivaliser avec des bombinettes comme la Ford Fiesta ST ou la MINI Cooper S, il faut avoir les moyens de ses ambitions. Or, avec 200 chevaux sous le capot, le châssis a tôt fait de hisser le drapeau blanc. Pour une paisible Accent, il fait le travail, mais il n’a pas la rigueur voulue pour tutoyer ses rivales, dotées d’un solide tempérament, mais aussi d’une plateforme capable de le maîtriser. Cette rigueur fait également défaut aux trains roulants, assez compétents pour une sous-compacte, mais sans plus.

 

Conclusion

 

En résumé, la Veloster est un joli coupé, amusant à conduire et agréable au quotidien, mais la version Turbo n’a pas les habiletés requises pour jouer dans la cour des minisportives. Le potentiel est là, on le voit bien, mais Hyundai a vraiment besoin de ragaillardir les suspensions et les châssis de ses modèles plus sportifs ou plus cossus. Les versions les moins chères de la Veloster constituent un meilleur achat car elles génèrent moins d’attentes au chapitre de la conduite tout en proposant un très bon rapport qualité/prix, rehaussé par une généreuse protection de base (5 ans ou 100 000 kilomètres).

Fiche technique - Hyundai Veloster

Moteur : 4-cyl 1,6 L

Puissance : 138 ch (atmo.)/201 ch (turbo)

Couple : 128 lb-pi à 4850 tr-min/195 lb-pi entre 1750 et 4500 tr-min (turbo)

Consommation moyenne : 9,8 L/100 km (turbo)

Échelle de prix : 19 949 $ à 26 749 $