Ces cinq grandes forces mondiales qui changeront l’investissement

Merrill Lynch a identifié cinq grandes forces de changement susceptibles de composer le paysage économique et financier des deux prochaines décennies. Ce monde en transformation rapide, où se sentir en confort constituera le principal risque, fait miroiter aux investisseurs un environnement fondamentalement favorable au marché des actions. La gestion active, axée autour de l’allocation stratégique de l’actif et de la répartition du risque, est appelée à supplanter l’approche dite passive, ou indicielle.

 

Dans un petit document récent, des analystes de Bank of America Merrill Lynch tentent de déterminer les cinq grandes lignes ou forces motrices susceptibles d’orienter les choix d’investissement au cours des deux prochaines décennies. D’entrée de jeu, toutefois, on prend soin de souligner les limites de l’exercice. Qui, il y a moins de dix ans, aurait imaginé voir les États-Unis devenir, en 2013, le plus important producteur mondial d’énergie, surpassant l’Arabie saoudite et la Russie combinées ? Ou voir les États-Unis aspirer à l’indépendance énergétique pour ensuite devenir un exportateur net, et ce, dans moins de dix ans ? Et cette Chine, pressentie pour s’imposer à titre de principal moteur économique de la planète, aujourd’hui aux prises avec une croissance avoisinant la récession selon les normes asiatiques ?

 

Ce bémol étant, cinq grandes forces mondiales pourraient s’imposer.

 

1- La demande pour les besoins de base tels la nourriture, l’eau potable et l’énergie. Les investisseurs auront à porter une plus grande attention encore aux enjeux environnementaux et sociaux. Et à arrêter leur choix sur des entreprises appelées à répondre directement à la demande dans ces segments ou indirectement par les filières biotechnologie et ingénierie.

 

2- Les marchés financiers eux-mêmes et le jeu de rotation obligations-actions. La recherche d’un rendement supérieur, même dans une perspective de remontée des taux d’intérêt, laisse miroiter un marché boursier fondamentalement haussier à long terme. Merril Lynch recommande de porter une attention particulière aux entreprises trouvant des façons de réinvestir en elles, notamment par le jeu de fusions et d’acquisitions. Ici, le choix d’actions individuelles ou le recours à des fonds d’investissement pratiquant la gestion active seront des options préférables à la gestion passive ou indicielle.

 

3- Pleins feux sur l’innovation. Génétique, robotique, automatisation… Aujourd’hui, les entreprises ne se demandent plus si elles sont trop grosses pour faire faillite, mais plutôt si elles sont trop grosses pour connaître du succès. L’innovation technologique se retrouve derrière le boom énergétique des États-Unis, les entreprises peuvent vendre directement à leurs clients alors que l’imprimante en trois dimensions permet aux petites entreprises de faire la barbe aux géants manufacturiers, énumère Merrill Lynch.

 

4- L’espérance de vie plus grande et l’accroissement de la classe moyenne dans les pays émergents. Cette plus grande longévité incitera à investir davantage sur le marché des actions à la recherche de croissance du capital, mais également à dénicher des solutions permettant d’éviter l’épuisement de son capital. Les actions versant un dividende régulier auront la cote. Le vieillissement suppose aussi une demande accrue dans les industries liées au tourisme, aux soins de santé et aux produits de luxe.

 

5- Le pouvoir des réformes et de la réglementation. Le marché des actions a tendance à mieux faire dans les pays ayant des dirigeants sensibles aux réformes et à la réglementation, nous dit Merrill Lynch. Si les États-Unis ont mis les freins après la poussée réglementaire née de la crise, d’autres progrès apparaissent au radar. Dans la zone euro, les marchés, hier punitifs à l’endroit des mauvais élèves, sont plutôt reconnaissants aujourd’hui pour les actions prises et les efforts accomplis.

 

En Asie, les capitaux étrangers suivent le déplacement des entreprises de la Chine vers les Philippines, l’Indonésie et le Vietnam. Cette diversification internationale étant toutefois complexe, il est recommandé de recourir à des gestionnaires spécialisés et expérimentés.

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1 commentaire
  • Mario Jodoin - Abonné 2 août 2014 11 h 18

    Récession?

    «Et cette Chine, pressentie pour s’imposer à titre de principal moteur économique de la planète, aujourd’hui aux prises avec une croissance avoisinant la récession selon les normes asiatiques ?»

    Je veux bien croire que 7 % c'est un recul par rapport aux 10 % des années précédentes, mais de là à parler de récession, il y a toute une marge! Il faut aussi tenir compte du fait que la croissance actuelle de 7 % est calculée sur un PIB beaucoup plus élevé que les 10 % des années 2000. Au bout du compte, ce taux de croissance entraîne une augmentation toute aussi forte du PIB.