Le Continental et La Porte: bientôt des portes closes

Samedi, les inconditionnels du restaurant Le Continental iront passer une dernière soirée dans cette institution montréalaise. Pendant un quart de siècle, tout ce que la ville compte de fourchettes branchées s’est retrouvé ici pour partager un tartare ou une cuisse de canard et tailler une petite bavette en prenant un verre.

 

La rue Saint-Denis vibrait la nuit et Le Continental participait à cette vibration. En 2008, après un incendie et des travaux majeurs de réaménagement, le restaurant rouvrait et accueillait à nouveau une centaine de personnes chaque soir.

 

En 2010, j’écrivais : « Beaucoup de journalistes, de fils de pub, de beaux acteurs, d’actrices, belles aussi, beaucoup de BP donc, ces beautiful people qui font les endroits courus de ce monde. » Quatre ans plus tard, j’écris que les temps sont cruels pour les institutions.

 

Le grand public cherche autre chose, on ne va plus au restaurant seulement pour manger. On veut du volume, de l’ambiance, de la musique, du mouvement. Souvent, les assiettes sont devenues accessoires et des maisons, assez classiques, dirons-nous, comme Le Continental, s’essoufflent. Les propriétaires ont vendu à des brasseurs et veulent ouvrir un bar à vins sur le Plateau.

 

Autres temps, autres moeurs. Si leur nouveau projet est aussi réussi que feu leur restaurant, on est repartis pour 27 ans de plaisirs. La vibration se déplace, hier elle était ici, aujourd’hui elle est là. Pas toujours une amélioration pour qui aime manger des choses lumineuses, mais les foules ne sont pas nécessairement à la recherche de l’excellence en cuisine.

 

Pour les habitués de la maison, cette disparition est cruelle. On allait là pour manger (bien), boire (tout aussi bien) et passer d’agréables moments dans un cadre sympathique, servis par du personnel attentionné. 27 ans plus tard, Le Continental est mort. Vive Le Continental!

 

La porte fermée

 

Dans son petit restaurant du boulevard Saint-Laurent à Montréal, le chef Thierry Rouyé prépare une cuisine d’orfèvre. Une oasis de calme dans le capharnaüm qui règne dans le quartier et une aubaine pour les gastronomes. Sans doute est-il las de nettoyer son pas de porte à la suite des beuveries répétées des fêtards en visite dans cette portion de la Main.

 

Il s’en va à la fin du mois. Tristesse. Le chef prépare quelque chose dans les Laurentides et cuisinera à nouveau dans un endroit plus bucolique. Joie. Je vous tiendrai au courant.


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