Les arbustes, ces grands oubliés

Le Daphne cneorum « Ruby Glow » est un fort joli petit arbuste qui se couvre au printemps de fleurs d’un parfum intense.
Photo: Robert Mineau Le Daphne cneorum « Ruby Glow » est un fort joli petit arbuste qui se couvre au printemps de fleurs d’un parfum intense.

Les arbustes créent de la structure et de la verticalité ; en plus, 12 mois par année. Ils colorent l’environnement par leurs feuilles, leurs fleurs, leurs fruits ou parfois leur écorce, qui peut être également décorative. Souvent négligés, ils sont essentiels au jardin.

 

Superbes plantes de jardin, les arbustes, avec les arbres, apportent du volume et des formes intéressantes à l’aménagement, et ce, même durant l’hiver. Leurs tiges souvent ligneuses fournissent une ossature et de la solidité ; quant à leur écorce, c’est un autre atout, elle qui est parfois colorée, telle celle des cornouillers qui enjolive la cour durant les quatre saisons.

 

Certains ont des floraisons qui attirent les papillons, comme les buddleias, tandis que d’autres dégagent des parfums délicieux qui nous font d’autant plus apprécier leur présence. Leurs fruits ne sont pas non plus sans intérêt, car les baies dodues des viornes, des cotonéasters, des berbéris… ornent joliment leurs branches au cours de l’automne et de l’hiver et nourrissent la faune ailée durant une période où la nourriture est moins abondante.

 

Le feuillage

 

Bien entendu, c’est le feuillage qui le plus souvent leur donne leur aspect. Les différentes nuances de vert (vert clair, vert foncé, mat ou brillant) permettent de créer des contrastes visuels intéressants. Tandis que les arbustes à feuillage persistant portent leur couleur toute l’année, ceux qui flamboient à l’automne nous font aimer cette période. Par ailleurs, les feuillages colorés ou panachés donnent une touche particulière, mais attention de ne pas les surutiliser.

 

Quant aux feuillages pourpres, on doit s’assurer de choisir des cultivars qui conservent leur belle couleur et éviter ceux qui virent au vert une fois l’été arrivé. Finalement, les arbustes caducs à feuillage doré sont attrayants, mais un soleil trop ardent les fait pâlir.

 

En fin de compte, les arbustes demandent peu entretien comparativement aux gazons, aux vivaces et aux annuelles, et pour un investissement relativement peu élevé, ils présentent de nombreuses qualités.

 

L’achat

 

Les arbustes sont généralement offerts en pot, sauf les rosiers et ceux pour confectionner des haies. Ces deux derniers sont aussi disponibles à racines nues, car ainsi ils sont plus économiques. Toutefois, leur plantation doit absolument se faire au cours du mois de mai, au plus tard au début de juin, tandis que les plants en conteneur peuvent être plantés tout au long de la saison.

 

Si vous achetez des arbustes à racines nues, assurez-vous que le système radiculaire est sain et gardez toujours les racines à l’abri du soleil. Si vous vous procurez des plants en pot, assurez-vous que les racines ne forment pas une spirale à l’intérieur du pot et que le sol autour du plant n’est pas envahi de mauvaises herbes. En dernier lieu, à racine nue ou en pot, la partie aérienne doit être vigoureuse et en santé.

 

La taille

 

La taille d’entretien consiste à éliminer les branches mortes ou brisées ainsi que celles qui se croisent ou qui vont dans la mauvaise direction, par exemple qui se dirigent vers l’intérieur de l’arbuste. Quant au recépage, il permet de réduire et de rajeunir la plante rapidement, mais il ne s’applique pas à tous les arbustes. Par exemple, aucun conifère n’y résisterait.

 

Cette technique, réalisée au printemps ou à l’automne, consiste à couper l’ensemble des branches à 7 cm du sol. Voici ceux auxquels elle convient : les cornouillers aux branches colorées (Cornus alba et Cornus sericea), l’arbre à perruque (Cotinus coggygria), l’hydrangée arborescente (Hydrangea arborescens), les potentilles ligneuses (Potentilla fruticosa), les seringats (Philadelphus ssp.), les physocarpes à feuilles d’obier (Physocarpus opulifolius), gadelier alpin (Ribes alpinum), les saules (Salix ssp.), les spirées du Japon (Spiraea japonica), certains lilas (Syringa vulgaris et S. xhyacinthiflora) et les sureaux (Sambucus ssp.)

 

Enfin, les arbustes qui fleurissent au printemps sont taillés seulement une fois leurs fleurs fanées ; on enlève les fleurs et on peut éliminer quelques vieilles branches : berbéris, cornouiller, beaucoup de spirée… Tandis que ceux qui fleurissent au cours de l’été sont taillés au printemps, soit à la base des nouvelles branches ou à 7 cm du sol : buddleia, millepertuis, spirée du Japon…

 

Les Exceptionnelles, suite et fin

 

Voici la suite des Exceptionnelles 2014, dont la première partie a été publiée la semaine dernière. Sélectionnées par un jury québécois, ces annuelles sont reconnues pour leur performance et leur facilité de culture sous notre climat.

 

Plectranthus scutellarioides « Mighty Mosaic ». Ce coléus au feuillage vert lumineux saupoudré de jaune et parsemé de taches irrégulières bordeaux est facile de culture et vigoureux. Polyvalent, il croît aussi bien à l’ombre qu’au soleil. De quoi donner le tournis, les coléus, qui, il n’y a pas si longtemps, ont été renommés Solenostemon, viennent encore d’être reclassés, cette fois dans les Plectranthus. Un bon exercice pour la mémoire.

 

Impatiens hawkeri SunPatiens « Compact Red ». Cette magnifique impatiente de la Nouvelle-Guinée se démarque par ses fleurs d’un rouge saturé et son feuillage vert foncé. Comme elle fait partie de la série SunPatiens, elle se cultive aussi bien au soleil qu’à l’ombre et tolère bien la chaleur, la pluie et le vent. Elle se plante seule ou dans un arrangement, en contenant ou en plate-bande.

 

Résistante au mildiou de l’Impatiens, l’espèce hawkeri est un excellent substitut à l’espèce walleriana (l’impatiente la plus commune). Cette maladie est impossible à contrôler et, une fois présente, elle demeure dans le sol pendant de nombreuses années. Il est fortement recommandé de ne plus planter cette dernière car les plantations de cette espèce ont été durement affectées par la maladie en 2013.

 

Zinnia marylandica Zahara Sunburst. Médaille d’or du concours européen Fleuroselect, ce zinnia aux fleurs jaunes ornées de bandes rouges est rayonnant. De surcroît, il est résistant aux maladies, florifère et solide, en plus d’être tolérant à la chaleur et à la sécheresse. Il se cultive seul ou en arrangement, soit en contenant, soit en plate-bande, soit en massif.

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DANS LA BIBLIOTHÈQUE

Les secrets de l’ortie
Paul Ferris
Marabout
Collection « Carrés de jardin »
Février 2014, 56 pages

Ce tout petit bouquin nous fait découvrir l’ortie, cette mal-aimée. Apprendre à la connaître, c’est réaliser ses multiples bénéfices, malgré ses poils urticants. En France, l’interdiction et puis finalement l’autorisation de son purin ont fait de l’ortie une vedette. En plus d’être utile au jardin, elle est aussi une plante médicinale reconnue scientifiquement, un cosmétique et un légume aussi délicieux que l’épinard.
Dans ce livre, on apprend d’abord à différencier les différentes espèces, ensuite à les cultiver, ce qui est plus que simple, puis à les cuisiner, à les boire et à en concocter des soins de beauté. Et, bien entendu, nous est expliquée la fabrication du purin, utilisé comme engrais et comme insecticide et fongicide. Au jardin, l’ortie est une plante vigoureuse qui doit être contrôlée, sinon elle vous envahira rapidement.

Pour vos questions: lgobeille@ledevoir.com