J’ai enfin découvert «les vraies affaires»

D’accord, je le reconnais, je ne suis pas très brillante. Depuis le déclenchement de la campagne électorale, laquelle a pris fin mercredi officiellement par la nomination d’un Conseil des ministres tout nouveau, j’ai essayé de combler mon ignorance en cherchant désespérément ce que « les vraies affaires » pouvaient bien vouloir dire. Ne perdez pas votre temps sur Google ou sur n’importe quel autre moteur de recherche, vous ne trouverez rien. Si bien qu’au bout du compte, après avoir fouillé en plus les deux ou trois dictionnaires que je possède, j’ai fini par me faire une raison et me dire qu’il s’agissait d’une trouvaille libérale pour combler le vide total d’un programme que tous les citoyens attendaient et qui n’est jamais venu.

 

En fait, c’était un slogan. J’ai fini par me rendre à l’évidence. Inutile de chercher le contenu que le slogan avait l’air de vouloir annoncer, car du contenu, c’était de plus en plus rare au fur et à mesure que la campagne avançait.

 

Maintenant que l’élection libérale est confirmée, majoritaire en plus, je me suis fortement conseillé d’oublier l’histoire du slogan et de me faire à l’idée que les libéraux sont là pour un bout de temps, qu’ils vont sûrement profiter de leur majorité pour en faire à leur tête, même si M. Couillard jure que ça se fera sur un ton moins agressif et malpoli que dans le passé, ce qui reste à vérifier. Alors j’ai abandonné ma recherche en me disant qu’ils finiront bien par donner eux-mêmes la solution de l’énigme qu’ils ont créée avec un slogan.

 

Et puis bang ! J’ai finalement trouvé la réponse claire et limpide pendant que je regardais la présentation des nouveaux ministres mercredi dernier. Il y avait du monde. Des juges, des sous-ministres sûrement, des familles complètes, des militants peut-être, du beau monde bien habillé, chic and swell, venu applaudir les heureux élus qui porteront le Québec sur leurs épaules pour les années à venir.

 

Pas trop de vétérans de l’équipe Charest… Soupir de soulagement parmi les téléspectateurs. M. Couillard a compris qu’il y avait probablement une limite à notre capacité d’en prendre encore un peu plus. Ceux et celles qui sont mis de côté cette fois-ci, auraient-ils quelque chose à se reprocher qui les empêcherait de jurer leur totale intégrité alors que la commission Charbonneau scrute des dossiers dans l’ombre et va peut-être, un jour, les exposer à la lumière ? Ou est-ce l’UPAC qui les déstabilise ? Allez donc savoir. L’ère des soupçons bat son plein. Les réponses mettent du temps à venir. Mais ce n’est pas ça qui me frappe le plus.

 

Ce qui me frappe le plus, c’est l’effort qu’a fait M. Couillard pour avoir l’air tout neuf. Il ne s’est pas contenté de changer les meubles de place. Il a regarni chaque pièce de la maison-gouvernement avec des locataires surprenants et des défis qui renouvellent la distribution des rôles. Au total, il y a 26 ministres. Certains avec des subdivisions de ministères auxquelles personne n’avait encore pensé. M. Couillard innove. Il essaie de couvrir tout le terrain et espère y arriver en greffant au Conseil proprement dit une quantité importante d’adjoints parlementaires qui seront utiles ou pas, selon les talents de chacun. Ce sera à vérifier.

 

Ce qui est plus décevant, hélas, c’est qu’il n’ait pas réussi à honorer sa parole concernant le nombre de femmes admises au plus haut niveau du pouvoir québécois. Des journalistes ont laissé entendre que le premier ministre n’avait pas eu assez de choix. C’est un peu insultant pour celles qui restent sans autre titre que celui de députée ; 31 % de femmes au Conseil, ce n’est pas ça qu’on appelle l’égalité hommes-femmes. Mais il y a une victoire des femmes ici, car tout le monde l’a remarqué et souligné.

 

Ce que j’ai compris enfin, c’est la signification du terme les « vraies affaires » dans la bouche de M. Couillard : ce sont les « affaires » qu’on ne confie qu’aux hommes. Le premier ministre croit sans doute qu’une femme n’y comprendrait rien. Tous les gros dossiers économiques, plus la Santé et l’Éducation, ont été confiés à des hommes. La Justice a été confiée à une femme… oups… je n’ose pas penser que c’est parce qu’on ne tient pas à ce qu’il se passe beaucoup de choses à la Justice dans les années à venir.

 

On compte sur vous les filles… ne nous abandonnez pas. Veillez sur nous. Nous, pendant ce temps, on veille au grain. Et on les a à l’oeil.

29 commentaires
  • Christian Montmarquette - Inscrit 25 avril 2014 04 h 07

    Mal placée pour parler de ton «malpoli» des autres

    Il me semble qu'après avoir traité Françoise David de «chatte de goutière» Lise Payette soit désormais plutôt mal placée pour parler du ton agressif et malpoli des autres.

    • Gilles Théberge - Abonné 25 avril 2014 09 h 22

      À propos de madame David, à contrario je partage tout à fait l'opinion de madame Payette. L'avenir autant que le passé confirmera la justesse de son opinion dont la dernière campagne a donné des indices probants...

    • Christian Montmarquette - Inscrit 25 avril 2014 10 h 02

      Je ne vous parle pas «d'opinion», je vous parle «de ton».

      On est mal placé pour faire la leçon aux autres, quand on est soi-même partie prenante des reproches que l'on fait.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 25 avril 2014 17 h 43

      Bien d'accord avec vous Mme Salette, de toute façon traitée une femme de chatte de goutière, ça veut dire quoi au juste?

      Il serait plus "poli" et plus clair de nommer les choses par leur nom.

  • Claude Champagne - Inscrit 25 avril 2014 04 h 08

    n'oublions pas l'Arabie... ça change l'individu

    Si c'est son passage en Arabie, qui a fait de lui un vrai homme avec barbe pour les vraies affaire.

  • François Desjardins - Inscrit 25 avril 2014 06 h 13

    Ce ne sont pas des sexe qu'on nomme, ce sont des compétences.

    Navrante redondance féministe anachronique méritant le titre de radotage.

    • Jacquelin Beaulieu - Abonné 25 avril 2014 06 h 43

      Voulez-vous affirmer qu'il n'y a pas de compétences chez les femmes ? Si oui , vous êtes dans le trouble pour vous justifiez ...
      Si non , monsieur Couillard n'avait qu'a aller les chercher et les faire élire dans des comtés surs comme il l'a fait pour ses banquiers et Daoust .... Qu'est qui l'empêchait d'aller offrir ces mêmes circonscriptions a des Monique Jérome-Forget au fort potentiel ?

      Le prétexte du manque de compétente est une fausse excuse , il s'agissait de prendre les moyens ... Force est d'admettre que l'égalité des sexes était loin des priorités de Philippe Couillard .... Soyons sérieux et arrêtons de trouver des excuses .....

    • Pierre Tessier - Inscrit 25 avril 2014 07 h 39

      APPEL À VOTRE MÉMOIRE.
      Un peu de respect monsieur François, vous n'avez que vos babines pour critiquer à défaut d'avoir suivi ses bottines. Mme Payette a marqué positivement le Québec pour qui s'en souvient. En passant, les virgules existent et vogue la galère du QLP.

    • Peter Kavanagh - Inscrit 25 avril 2014 08 h 31

      M. Beaulieu, votre raccourci est un peu court. Personne ne dit qu'il n'y a pas de competences chez les femmes. Ce qui est dit, c'est que l'on distribue les postes selon les compétence, sans égard au sexe de la personne. Si il y avait eu plus de femmes que d'hommes du aux competences de chacun, je suis convaincu que Mme Payette ne l'aurait pas mentionné.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 25 avril 2014 09 h 10

      Vous faites grandement abstraction M. Desjardins du fait que les nominations sont très subjectives. Et comme le dit si bien Jacquelin Beaulieu : "il s'agissait de prendre les moyens".

      Je suis ulcérée de cet argument de compétences! Quand justement il n'y avait que des hommes au gouvernement, était-ce parce qu'il n'y avait pas de femmes compétentes? Les raisons qui motivaient ces choix à l'époque sont les mêmes qu'aujourd'hui : on préfère les hommes à ces postes, mais pas trop non plus pour ne pas se faire rabrouer et se donner bonne conscience on nomme quelques femmes.

      À remarquer que c'est la première promesse brisée de Philippe Couillard qui avait au moins promis une zone paritaire de 40-60, mais qui pour une véritable justice devrait légiférer pour la parité au conseil des ministres. Mais également légiférer pour, au départ, que les partis nomment autant de candidatures féminines que masculines dans les circonscriptions; les partis étant largement subventionnés par l'État, il est justifié d'exiger cette condition. D'autant plus qu'à ce titre Québec solidaire remplit ces conditions, et ce, à tous les niveaux de paliers du parti.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 25 avril 2014 09 h 40

      @f.desjardins
      Et si c'était vous qui radotez?...Je suis bien d'accord avec le: "Ce ne sont pas des sexes que l'on nomme, mais des compétences"
      Par contre le reste de votre commentaire ressemble à un mantra que vous répétez ad nauseum dans certaines de vos interventions...
      @ p. kavanagh
      monsieur, et votre SI etc. etc.,...Ce n'est pas un raccourci ça...que
      d'être convaincu.... d'une chose hypothétique...?

    • Johanne St-Amour - Inscrite 25 avril 2014 09 h 45

      De plus, si les fameux critères de compétences existent, j'aimerais bien qu'on fasse preuve de transparence là aussi et qu'on les dévoile!

      Lors d'une entrevue qu'Esther Lapointe, directrice générale du Groupe Femmes, Politique et Démocratie, m'accordait en mars, elle a souligné au gros crayon cette histoire de compétences: "On ne remet jamais en question les compétences des hommes. Jamais". La population est composée de 52% de femmes, il serait important qu'il y ait au moins 50% de femmes qui nous représentent

      Plusieurs groupes de femmes, dont ce groupe, ont maintenant comme objectif de faire de l'éducation citoyenne auprès notamment des femmes, de démystifier les raisons du nombre trop restreint des femmes aux commandes de postes de pouvoir et d'élaborer des outils et des formations pour les inciter à briguer les suffrages, les postes sur les différents conseils d'administration. Chapeau!

    • François Desjardins - Inscrit 25 avril 2014 10 h 47

      Simple: en groupe, en réunion, sur un sujet qui concerne tout le monde, je ne pense pas tout au sexe de la personne.

      Madame, vous aimeriez qu'on vous dise, on t'a choisi parce que tu es une femme? Fallait atteindre un quota.

      Monsieur, vous êtes un candidat parfait pour ce poste. Impossible de vous accepter, notre quota d'hommes est atteint.

      @Nicole D. Sévigny : si vous voulez que je change de refrain, demandez à Lise de changer de couplet.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 25 avril 2014 11 h 05

      La compétence est une excuse M. Desjardins. Pouvez-vous m'expliquer pourquoi il y a très peu de femmes aux conseils d'administration des entreprises privées actuellement? Vous croyez vraiment que c'est parce qu'on n'a pas trouvé de femmes compétentes?

      Je crois plutôt qu'il existe déjà une discrimination positive non écrite et non dite en faveur des hommes. Et qui n'est pas dénoncée!

      Et vous pensez qu'on dit à ces hommes: messieurs, vous avez été choisi parce qu'on n'a pas trouvé de femmes compétentes (ou bien parce qu'on a délibérément choisi de ne choisir que des hommes)?

      J'espère que Mme Payette continuera de dénoncer la "vraie" discrimination.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 25 avril 2014 12 h 29

      Isabelle Germain affirme en parlant de Finkielkraut qui conteste la parité : «Et il semble ignorer que les lois sur la parité ne sont pas faites pour porter des incompétentes au pouvoir mais pour éviter que des femmes compétentes n'en soient écartées.»

      Ce cher homme préférerait que les femmes retourne faire ce que «la bonne santé de la société espère d'elles.» Et il nomme plusieurs femmes du gouvernement français qui selon lui, n'auraient pas été choisi pour leurs compétences!

      Un excellent article ici: http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/cafouilla

  • Jacques Morissette - Inscrit 25 avril 2014 08 h 28

    Discrimination positive, pourquoi?

    Je n'ai pas le parti Libéral en sympathie. Cependant, il y aurait eu 100% de femmes qui sont compétentes comme Ministres ou à tous les postes que vous voudrez, j'aurais été satisfait. Il y aurait eu 100% d'hommes qui sont compétents comme Mnistres ou à tous les postes que vous voudrez, j'aurais été satisfait.

    Tout ce que je souhaite, c'est que femmes et hommes qui ont eu des postes importants soient tous et toutes compétent(e)s. C'est quoi cette histoire de discrimination positive envers les femmes ou même aussi envers les hommes? Mettre un homme ou une femme incompétent(e) à des postes clés, pour rendre équitable la répartition des chaises, j'en ai rien à cirer.

    À moins que vous me disiez que, question compétence, les deux s'équivalent. Mais il y a aussi la portion des femmes qui ont été élues en moins grand nombre, par rapport aux hommes. Là, je penserais que ce qui est le plus équitable, ce serait qu'on place autant des femmes que des hommes, mais dans les mêmes proportions du genre des députés élus.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 25 avril 2014 10 h 41

      Mais pour ce faire, M. Morissette, il faudrait au moins commencer par faire comme Québec solidaire qui a voté en faveur de la parité à tous les niveaux du parti, et non seulement une parité de candidatures. Et comme je le mentionnais ailleurs, ce, d'autant plus que c'est l'État qui, en grande partie, subventionne les partis maintenant.

      Mais je suis convaincue que la compétence est une excuse, car jamais auparavant on ne parlait de compétences lorsqu'il n'y avait que des hommes au parlement, comme si leur élection et leur nomination allait de soi! Est-ce qu'il y a moins de femmes sur les conseils d'administration d'entreprises privées parce qu'il n'y a pas de femmes compétentes? Ou parce qu'on discrimine positivement les hommes, sans nettement parler de discrimination positive!

  • Lise St-Laurent - Inscrite 25 avril 2014 08 h 32

    Pourquoi je ne suis pas surprise

    J'étais convaincue que ce serait le propos de votre chronique, la place des femmes en politique. Votre opinion ressemble en tout point à la frustration péquiste en ce moment d'avoir été délogé du pouvoir si cavalièrement par la population. Le PQ n'a pas su lire cette même population et se retrouve amoché dans une opposition qui lui sera ravie par la CAQ tellement la hargne les habite. Si vous aviez parlé de l'absence de madame Marois et de 3 des ministres élus, lors de leur assermentation, il me semble que cela aurait été plus normal. Cette absence est à mon avis un manque de respect envers ceux et celles qui ont appuyés le PQ lors de la dernière élection, vous ne trouvez pas? Est-ce que le PQ veut punir les québecois pour avoir reconduit le PLQ au pouvoir et majoritaire par surcroît? Cette parité hommes/femmes qu'on ne cesse de nous rabattre, est-ce qu'on peut en revenir. Le PLQ sera jugé sur son bilan lors de la prochaine élection dans 4 ans, avant de juger ne serait-il préférable d'attendre et voir comment cette manière de faire s'articulera.

    • Normand Carrier - Inscrit 25 avril 2014 13 h 26

      Vos propos de hargne sont tellement gratuits qu'on devrait parler de divagations hors sujets .... Il faudrait rester sur les sujets discutés et batir un argumentaire crédible ......