Entre deux maux…

À peine quelques mois après la victoire libérale du 14 avril 2003, des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans les rues de Montréal en criant : « Je n’ai pas voté pour ça! » Durant la campagne, Jean Charest avait présenté l’ADQ comme un danger mortel pour l’État hérité de la Révolution tranquille, et voilà que les libéraux entreprenaient eux-mêmes de le démanteler avec leur projet de « réingénierie ».

 

Si le PLQ reprend le pouvoir le 7 avril, personne ne pourra accuser Philippe Couillard de ne pas avoir annoncé ses couleurs. On peut lui reprocher bien des choses, mais aucun chef libéral n’a annoncé ses couleurs aussi clairement depuis des décennies.

 

En 1988, Robert Bourassa avait choisi d’utiliser la disposition de dérogation pour soustraire la loi 101 au jugement de la Cour suprême sur l’affichage commercial, quitte à saboter l’accord du lac Meech, parce qu’il craignait de perdre les élections s’il rétablissait l’affichage bilingue. On a appris par la suite qu’il prévoyait déjà se conformer au jugement une fois réélu, ce qu’il a fait en 1993 avec la loi 86.

 

M. Couillard est moins retors — ou moins habile, si on préfère — que ne l’était M. Bourassa. Il a certainement été maladroit de dire que, même sur le plancher de l’usine, les Québécois devraient être en mesure de parler anglais, mais on sait au moins à quoi s’en tenir : un gouvernement qu’il dirigerait ne ferait pas semblant de vouloir faire obstacle à la progression du bilinguisme. Au contraire, il la favoriserait. Il l’a dit clairement lors du dernier débat télévisé entre les chefs : la précarité de la situation du français n’existe que dans l’esprit paranoïaque et manipulateur du PQ.

 

Il est vrai que Pauline Marois a déjà déclaré que tous les élèves québécois devraient être bilingues, allant même jusqu’à suggérer que l’histoire et la géographie soient enseignées en anglais en 5e année du primaire, mais cette sottise n’a pas eu de suite. Au contraire, le PQ a promis de revenir à la charge pour renforcer la loi 101.

 

Même après l’échec de l’accord du lac Meech, M. Bourassa avait fait en sorte d’entretenir le mirage du renouvellement du fédéralisme. Si Jean Charest n’y croyait plus vraiment après le rejet de l’entente de Charlottetown, il avait aussi laissé Benoît Pelletier faire miroiter la possibilité d’un « fédéralisme convivial ». Après ses velléités initiales de rouvrir le dossier constitutionnel, M. Couillard a eu l’honnêteté de dire franchement que le statu quo lui est tout à fait acceptable.


◆◆◆
 

Choisir d’aller travailler en Arabie Saoudite pendant quatre ans ne signifie pas qu’on en épouse les valeurs, même si cela peut témoigner d’un niveau de tolérance au spectacle de la discrimination envers les femmes que d’autres trouveraient insupportable. En revanche, le chef libéral semble adhérer pleinement aux trois grandes « valeurs » canadiennes que sont le fédéralisme, le bilinguisme et le multiculturalisme.

 

Janette Bertrand a indiscutablement dit une sottise en associant l’intégrisme aux « riches étudiants de McGill ». M. Couillard a eu raison de crier à la manipulation, mais réduire la charte de la laïcité à une « vaste machination référendaire » traduit une insensibilité au malaise identitaire que ressentent les francophones et auquel les libéraux ne cherchent même pas à répondre.

 

Les stratèges péquistes auraient certainement été ravis que la Cour suprême déclare la Charte inconstitutionnelle et provoque ainsi une colère dont le camp souverainiste aurait pu tirer profit. L’utilisation de la clause dérogatoire pourrait cependant avoir le même effet en déclenchant une nouvelle vague de Quebec bashing au Canada anglais.

◆◆◆

 

De passage au Devoir lundi, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a de nouveau refusé de dire ce qui constituerait à ses yeux la plus mauvaise nouvelle lundi prochain : l’élection d’un gouvernement péquiste ou d’un gouvernement libéral ? « Les deux me découragent pas mal. » Tout ce qu’elle souhaite est que son parti détienne la balance du pouvoir.

 

Malgré des divergences importantes sur les compressions budgétaires ou l’exploitation pétrolière, sans parler de l’arrivée de Pierre Karl Péladeau, il semble pourtant évident que sur la souveraineté, la langue et, dans une moindre mesure, la laïcité, les positions de QS sont plus proches de celles du PQ. Il est tout aussi clair que chaque vote que QS réussira à arracher au PQ avantagera les libéraux.

 

Entre deux maux, on peut toujours choisir le pire. Il peut aussi arriver qu’on le fasse de façon inconsciente. Cette fois-ci, il ne peut cependant y avoir aucune ambiguïté : un vote pour le PLQ sera plus que jamais un vote pour l’intégration politique, linguistique et culturelle au reste du Canada.

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100 commentaires
  • Nephtali Hakizimana - Inscrit 1 avril 2014 00 h 21

    Ainsi soit-il!

    << un vote pour le PLQ sera plus que jamais un vote pour l’intégration politique, linguistique et culturelle au reste du Canada.>>

    Ainsi soit-il!!!

    • Patrice Giroux - Inscrit 1 avril 2014 09 h 33

      Du plus profond de mes entrailles Mme Hakizimana, du plus profond de ma conscience, il m'est impossible de me renier. Vous connaissez Spinoza? Son principe de conatus: l'effort de se préserver dans son être. Eh bien comme francophone, comme progressiste, comme athée, comme républicain qui voit la monarchie comme une aberration, je souhaite m'exprimer et me développer à la face du monde. Je ne crois pas être une menace pour quiquonque.
      Le Canada lutte avec acharnement contre cette distinction et à même été jusqu'à resserrer le collet autour de notre cou depuis que nous affirmons celle-ci, particulièrement en 1982. Le problème, ce n'est pas mon existence, mon conatus, c'est l'intention du Canada de m'assimiler.
      Et depuis Durham Mme Hakizimana, le Canada est totalement xénophile, parce qu'«authoctophobe»: ceux qui ont précédés les britanniques sur ce territoire ont fait l'objet de préjudices incontestables dans le passsé et font actuellement face à des manoeuvres pour perpétuellement être minorisés. Que certains prennent ce parti m'écoeure au plus haut point.

    • Gilles Théberge - Abonné 1 avril 2014 11 h 02

      Ce que dit Michel David et que reprend madame ci-haut, me donne froid dans le dos.

      C'est dans tous les sens possibles du terme, effrayant. Je sais bien que tout est voué à la destruction par l'usure du temps. Mais le suicide politique et culturel ne m'intéresse pas vraiment.

      Il est bien possible en feffet si jamais «Le» Couillard prends le pouvoir, qu'il mettra sans délai en oeuvre son entreprise d'assimilation linguistique et culturelle.

      Gros problème, parce que je ne me sens, ni ne suis, ni ne serai jamais dans les faits «canadian», malgré le fait que mon nom soit inscrit sur leur listes. Et voilà qu'il est possible que nous soyons pris dans la cage à homard canadienne.

      Compte tenu des commentaires que l'on entend partout, je suis passablement inquiet. Certains de mes amis, pas tous heureusement mais quelques uns qui s'apprêtent à voter pour QS sont en train de paver la voie à la déconfiture finale de notre peuple. Certains le savent.

      Non le suicide politique et culturel, pas pour moi...

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 1 avril 2014 12 h 26

      SVP Nephtali Hakizimana, expliquez votre "ainsi soit-il". Merci

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 1 avril 2014 12 h 44

      M Gilles Théberge parle de « suicide politique et culturel ». Il a bien raison.
      Plus de 50% des allophones vont au cégep et à l’université en anglais, et commencent ainsi leur vie sociale et adulte en anglais : la meilleure recette pour qu’ils restent anglophones le reste de leurs jours! Alors, avec plus de 50 000 nouveaux immigrants par année depuis des décennies, proportionnellement plus que tout autre pays qui n’est même pas menacé de survie, la tendance est très inquiétante pour le peuple québécois francophone. On se tire dans le pied.

      L'immigration effrénée est en train (si ce n'est déjà fait) de nous faire perdre notre pays. Avec une immigration galopante dont une trop grande proportion n’arrive pas à s’intégrer à la majorité francophone du Québec et à ses valeurs laïques, on assiste actuellement au début d’un ethnocide, d’un génocide culturel, gracieuseté de l’ancien gouvernement libéral du Québec.

      Comme Québécois, nous avons pleinement le droit d'être et de demeurer ce que nous sommes. Les Québécois ont le droit de conserver leur identité francophone et de culture chrétienne. Ils ont le droit d’être différents des autres peuples, ni meilleurs ni pires, comme tous les autres pays ou nations qui ont des langues et des cultures qui leur sont propres.

    • Maxime Tremblay - Abonné 1 avril 2014 12 h 44

      Le bilinguisme canadien est le pire mensonge que les francophones du canada se sont fait servir.
      On a qu’à regarder l’état du français hors Québec, pour constater son échec total .
      Je dirais même que c’est l’outil par excellence pour saboter la gênante culture francophone.
      Le Québec est le berceau de la francophonie en Amérique, ce n’est pas plus de bilinguisme dont on a besoin, mais bien des actions pour préserver et promouvoir notre langue.

    • Nicolas Blackburn - Inscrit 1 avril 2014 15 h 35

      @ M. Saint-Arnaud:

      Je suis tout aussi sensible à la place de la langue française et à son importance, mais quand même il ne faut pas exagérer non plus. Vous dites que l'immigration au québec est responsable d'un «génocide» vraiment? C'est un peu n'importe quoi.

  • Denise Lauzon - Inscrite 1 avril 2014 00 h 39

    On ne peut être plus clair!

    J'aimerais tellement que tous les québécois(es), qui ont à coeur la survie du français, et qui s'apprêtent à aller voter lisent cet article.

    Les stratèges du PQ qui semblent à court d'arguments ces temps-ci pour démontrer aux québécois la gravité de la situation, devraient s'inspirer de cet article. Le dernier paragraphie est particulièrement concluant.

    • Jacques Patenaude - Abonné 1 avril 2014 09 h 05

      Moi aussi j'ai à cœur la survie du français, je suis plutôt pour la charte. Si le PQ avait accepté de faire des compris, elle serait déjà adoptée. Sauf exception j'ai voté pour le PQ depuis que j'ai l'âge de voter mais cette fois-ci je vote QS. C'est un vote de protestation d'abord et avant tout. Depuis la prise du pouvoir par le PQ je ne reconnais plus le parti social-démocrate et compétent qui était sa marque de commerce depuis toujours. Ses politiques vont dans toutes les directions à la fois. On a un gouvernement incohérent qui n'a pas eu peur de nous humilier devant Embridge en dévoyant le processus parlementaire par une commission parlementaire bidon. Tant que le PQ se voudra une coalition arc-en-ciel qui tente de satisfaire les positions contradictoires de tout son monde je ne voterai pas PQ. Peut-être que les libéraux seront ainsi au pouvoir pour quelques temps. Ce ne sera pas la première fois. J'espère surtout un gouvernement minoritaire (PQ ou PLQ). Mais je pense que présentement laisser filer seul le PQ au pouvoir ne ferait que nuire à la souveraineté en donnant l'image d'un gouverne ayant comme guide le clientélisme plutôt que le bien commun. Entre temps mon vote sera compté comme un vote souverainiste et de gauche. On ne pourra dire de ce vote qu'il est fédéraliste et de droite ni que mon vote est souverainiste et de droite.

    • François Ricard - Inscrit 1 avril 2014 14 h 04

      M. Patenaude,
      Votre vote pour QS est un vote fédéraliste.
      QS a deux discours.
      QS draine un nombre important de souverainistes en les bernant suprêmement.
      Il n’y a pas si longtemps, M. Khadir disait: »La souveraineté si nécessaire, mais pas nécessairement la souveraineté. »
      Il vient à nouveau de faire une profession de foi fédéraliste à CTV le 2014 03 19:« We are for the sovereignty of Quebec but for me, it’s not separation. It’s renewing the unity of Canada. »
      Traduction libre: » Nous sommes pour la souveraineté du Québec. mais pour moi, ce n’est pas la séparation, c’est le renouvellement de l’unité du Canada. » Et il en a rajouté une couche le lendemain:"«On ne peut pas décider unilatéralement, il faut qu’on s’assoit avec les Américains, il faut qu’on s’assoit avec les Canadiens, il faut qu’on regarde ça ensemble»et « On ne veut se séparer de personne . Nous voulons négocier sur une nouvelle base d'unité avec le Canada, car notre souveraineté est « un projet inclusif ».
      QS a deux porte-parole. QS a deux discours.
      Et la foi de Mme David en la souveraineté date de fort peu longtemps.
      Mme David a farouchement combattut la loi 101. Mme David, au sein du parti marxiste-léniniste, a combattu le référendum de René Lévesque.

    • Jacques Patenaude - Abonné 1 avril 2014 17 h 09

      Ce que je sais c'est que la position officielle de QS étant pour la souveraineté mon vote sera compté comme souverainiste. On excommunira les gens une autre fois, on n'est pas à faire le choix sur la souveraineté. C'est une habitude que je déplore que les souverainistes s'excommunient continuellement. Quand la souveraineté sera sur la table vous aurez bien le temps d'excommunier qui vous voudrez si ça vous amuse. Quant à moi le passé de Françoise David n'est pas différent de celui de PKP, de Duceppe, de Alain Dubuc qui furent tous autrefois des gauchistes. Cette autre excommunication me révèle plus que vous êtes vous-même un intégriste qu'un démocrate. je suis souverainiste mais pas par la vertu de la foi

  • Carole Jean - Inscrite 1 avril 2014 01 h 02

    Le Dr. Couillard au pouvoir représenterait un énorme recul pour le Québec moderne.


    Un très bon texte de vous M. David.

    La volonté exprimée par M. Couillard lors du deuxième débat des chefs de favoriser le bilinguisme jusqu’aux « planchers des usines » fut une surprise pour plusieurs. On savait que le Dr. Couillard était un conservateur, mais on appréciait mal combien il était radical et combien il répudiait les efforts pour faire du français une langue nationale entrepris au cours des dernières décennies.

    Est-ce qu’une telle candeur et un tel radicalisme seront porteurs de fruits électoraux pour lui-même et pour sa formation politique le 7 avril prochain, on verra. Mais permettez-moi d’en douter. Sans le vouloir, M. Couillard a peut-être réveillé la fibre nationaliste qui dort dans chaque Québécoise et dans chaque Québécois. Cela, en passant, vient évacuer sa stratégie de transformer l’élection en une sorte de référendum sur ses principaux adversaires, soit ceux du Parti Québécois de Mme Marois.

    Je suis d’avis que sur le terrain de la langue française, de l’identité québécoise, des paradis fiscaux et de la corruption libérale, M. Couillard et le PLQ ne peuvent gagner.

    Par conséquent, que ce soit par accident ou par calcul mal placé, cette dernière semaine de campagne risque de tourner en un référendum sur le caractère de M. Couillard et sur son manque de préparation pour devenir Premier ministre du Québec.

    Tout le monde sait maintenant que le Dr. Couillard, s’il est porté au pouvoir et s’il devenait Premier ministre du Québec, représenterait dans les symboles comme dans les faits un énorme recul pour le Québec moderne.

    Quand à Mme David qui prétend qu’elle ne voit pas de différence entre un gouvernement dirigé par M. Philippe Couillard et un gouvernement de Mme Marois, elle fait la démonstration de sa grande partisannerie et de son aveuglement par rapport aux intérêts supérieurs du Québec.

    J’espère que les électeurs en prendront bon acte et voteront en conséquence.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 1 avril 2014 08 h 35

      Ce matin, vous etes a egalite avec le PLQ.....sur le terrain des allegations...dommage vous nous forcer a regarder ailleurs et le cynisme est gagnant, foulard blanc ou pas. Merci aux Journalistes qui nous aident a voir plus clair.

    • Gilles Théberge - Abonné 1 avril 2014 11 h 08

      je ne sais pas exactement ce que vous voulez dire monsieur De Ruelle, mais sachez bien que les résultats des dernières élections sont éclairants. Il y a une bonne dizaine de comtés qui ont échappé au parti Québécois cela étant directement attribuable au vote vers QS.

      J'imagine que madame David ne s'en fait pas avec ça. Mais moi je m'en fais parce que la différence ce sont les dix huit derniers mois de misère que nous avons connu alors que le gouvernement était à la merci de l'opposition.

      ce que je trouve le plus choquant c'est que même sachant que leur quête est vaine, les gens de QS persistent dans une politique assimilable à la terre brûlée. Un exemple idoine de cynisme, ne vous en déplaise monsieur De Ruelle.

      C'est sans doute la manière particulière de QS de faire de la politique autrement. Je n'ai aucun respect pour ça.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 1 avril 2014 13 h 10

      Cher Monsieur Theberge
      Le mepris est mauvais conseille.
      je crois que le droit d'exister, de Quebec Solidaire est autant valable et autant de raison d'etre que n'importe quel parti dument reconnu par nos institutions democratiques...si nous devions suivre votre raisonnement, le Parti Quebecois dans sa phase d'implantation au sein de la population , grace a l Honnetete de Mr Levesque, Laurin, Parizeau, etait aussi un parti politique voulant nous moderniser en pratiquant la terre brulee? J,en doute fort, et grace a eux nous avons avance a pas de geant dans tous les domaines...
      Si il y a besoin de terre brulee, que cette doctrine s'applique donc aux partis politiques qui ont pratique des methodes de financement absolument inquietantes, pour le bien de notre democratie... Le Parti de Mme David et Mr Khadir , n'ont pas de squelettes dans leur placard... seraient ils des leaders a considerer...pourquoi non?
      Merci a la presse de nous aider a voir clair, meme si des fois tous nous sommes touches par des remarques qui nous plaisent par particulierement...

  • Christian Montmarquette - Inscrit 1 avril 2014 03 h 40

    Un vote pour QS = Un vote pour QS

    «Chaque vote que QS réussira à arracher au PQ avantagera les libéraux.»- Michel David

    Vous tombez dans le panneau de la campagne péquiste M. David.

    Un vote pour QS = Un vote pour QS, puisqu'il n'a jamais été démontré que les votes de Québec solidaire seraient soi-disant des votes pris au Parti québécois.

    Les votes de Québec solidaire seraient plutôt des votes de gens de gauche, qui, sans la présence de Québec solidaire, ne voteraient tout simplement pas. La preuve étant qu'il n'y a pas si longtemps le Québec a atteint des taux d'abstentionnisme records avoisinant les 40%.

    Et si le PQ lui-même avait tant craint la division du vote souverainiste, il aurait instauré le scrutin proportionnel, alors qu'il refuse de le faire, et qu'à ce titre, s'il y avait cette soi-disant division du vote, le PQ en serait donc le premier responsable , puisque le scrutin proportionnel est une revendication de Québec solidaire depuis sa fondation.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 1 avril 2014 07 h 20

      Dans le sondage de la semaine dernière, on demandait d'abord à tous les interviewés pour qui ils voteront.

      Dans un deuxième temps, on leur demandait pour qui ils voteraient s'il n'y avait que le PQ et le PLQ comme choix.

      En ce qui concerne ceux qui avaient répondu QS à la première question, ils ont répondu à la deuxième : 62 % pour le PQ et 21 % pour le PLQ.

      Il me semble que c'est assez clair que « voter QS avantage les libéraux » parce que ça divise le vote progressiste.

    • Gérard Pitre - Inscrit 1 avril 2014 08 h 34

      Mme Viviane Salette. Si QS prenait le pouvoir majoritaire, il ferait la démonstration que le système actuel de scrutin, qu'il dénonce depuis sa fondation, l'aurait pour une fois favorisé et une fois installé au pouvoir il refuserait de changer le système comme le P.Q. a refusé de le changer une fois qu'ils ont réussi à en profiter. C'est comme ça dans la vie politique. Revenez les 2 pieds sur terre, le gros bon sens veut que lorsque l'on critique un système, on est prêt à déchirer sa chemise pour le changer et une fois qu'on a réussi à obtenir le pouvoir et que l'on réalise que le même système que l'on dénonçait nous a cette fois avantagé, quel idiot serait assez imbécile pour le changer pusiqu'enfin il nous avantage? Donc c'est la même chose qui arriverait si QS parvenait à en tirer avantage en prenant le pouvoir. Vous ne seriez pas différent des autres. Donc s.v.p. cessez de prêcher la vertu car vous n'en avez pas le monopole et personne ne peut se gargariser de l'avoir. J'ai déjà voté P.Q. parce que je ne veux pas revoir les corrompus au pouvoir. Gérard pitre

    • Jean Martinez - Inscrit 1 avril 2014 08 h 35

      Pour ma part, je reconnais dans votre propos la rhétorique trompeuse de Québec solidaire. Avant 2012, le comté de Françoise David (Gouin) était l'une des plus solides forteresses péquistes du Québec. Comment croyez-vous que Madame David a pu se faire élire, si ce n'est par le transfert de votes péquistes vers QS? Dans ce contexte, comment ne pas croire que chaque comté pris aux péquistes n'est pas un coup de main aux Libéraux?

      Passons maintenant à l'autre volet de la rhétorique de QS: le scrutin proportionnel. Il faut être bien naïf pour croire que ce mode de scrutin aidera les souverainistes. Au contraire, il permettra d'accroître le poids politique de Montréal (par rapport aux régions) et donc du vote non-francophone (à qui on accorderait plus de comtés) qui, comme on le sait, est entièrement acquis aux Libéraux. Le poids démograhique déclinant des francophones rend déjà la réalisation de la souveraineté plus difficile qu'en 1995 (il y avait 83% de francophones à cette époque contre 80% aujourd'hui), alors la mise en place d'un scrutin proportionnel serait le dernier clou dans le cercueil de la souveraineté.

      Les francophones seraient bien plus sages de raisonner comme les anglophones. À chaque élection, ces derniers se placent systématiquement dans une dynamique référendaire et votent pour cette raison en masse pour le PLQ considéré comme le meilleur protecteur de l'unité canadienne. Ils se fichent des autres enjeux. Pendant ce temps, les francophones se divisent en palabrant sur le sexe des anges. Soyons donc pragmatiques pour une fois et votons pour un parti qui défend les intérêts des francophones et qui a des chances réelles de former le gouvernement: le Parti québécois!

    • Danielle - Inscrit 1 avril 2014 09 h 32

      Un vote pour QS = un vote pour Couillard. Vous mettez beaucoup à comprendre.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 1 avril 2014 10 h 36

      Le pire ennemi du PQ, c'est le PQ

      Ce n'est pas Québec Solidaire qui nuit au PQ, c 'est le PQ qui nuit au PQ., avec multiples ruptures d'engagements dont la taxe santé; le débarquement en trombe et poing levé de Pierre Karl Péladeau champion des lock-out au Québec ; ses politique d'austérité; ses milliards en cadeaux aux multinationales étrangères; ses coupures indignes à l'aide sociale; ses augmentations de tarifs d'électricité; son mépris de l'environnement; sa poursuite du Plan Nord avec 800 millions de d'argent public; son gaz de schiste à Anticosti; son inversion du pipeline d'Enbridge et son refus de s'engager dans un référendum.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 avril 2014 11 h 51

      Madame Salette, n'y avait-il pas aussi, préfigurant ces compromissions, cette histoire de Colisée Pélador, à Québec, qui a forcé trois membres importants du PQ, une nommée Beaudoin, une Lapointe et un certain Curzi à se retirer poliment de la vie politique pour ne pas compromettre ce beau projet communautaire sécurisé dans la très démocratique loi 204? Quelle belle abnégation. Tout pour la patrie. Tout. N'importe quoi, même, des fois...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 avril 2014 11 h 51

      Madame Salette, n'y avait-il pas aussi, préfigurant ces compromissions, cette histoire de Colisée Pélador, à Québec, qui a forcé trois membres importants du PQ, une nommée Beaudoin, une Lapointe et un certain Curzi à se retirer poliment de la vie politique pour ne pas compromettre ce beau projet communautaire sécurisé dans la très démocratique loi 204? Quelle belle abnégation. Tout pour la patrie. Tout. N'importe quoi, même, des fois...

    • Jean-Luc St-Pierre - Inscrit 1 avril 2014 12 h 07

      J'aimerais vrai que les militants désespérés du PQ cessent de faire croire à tout le monde qu'un vote pour QS est un vote pour quelqu'un d'autre. La théorie de la division des votes, c'est comme refuser de nourrir un nouveau-né parce que ça divise le frigo, et c'est idiot.

      QS va récolter beaucoup de votes à cette élection, et ce n'est pas parce qu'ils "volent les votes", c'est parce que la population en a plus qu'assez de la malhonnêteté malsaine du PLQ et du PQ, de leur démagogie, de leur politique de basse-cour qui se roule dans la boue, de leurs manipulations. QS va récolter les votes de tous ceux qui en ont assez d'être coincés dans vos vieux débats stériles, les fédéralisss vs. les séparatisss, les méchants étrangers, le satanisme du bilinguisme qui dans les faits nous ouvre les portes du monde... Toutes ces conneries profondes, ces traumatismes qui vous sont restés coincés dans la gorge depuis le siècle dernier, nous sommes des milliers à en avoir plein le cul et à se définir autrement que par une attitude de victime opprimée par l'univers.

      Alors plaignez-vous tant que vous voulez, QS apporte un renouveau en politique et vous allez l'avoir dans la gueule.

    • Patrick Boulanger - Abonné 1 avril 2014 16 h 47

      Pour faire du pouce sur ce qui a été mentionné précédemment, j'aimerais souligner que l'amphithéâtre à Québec va coûter au trésor public environ 200 millions si ma mémoire est bonne.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 1 avril 2014 21 h 29

      Le 7 avril, c'est plutôt le PLQ que le Québec tout entier va recevoir en pleine gueule, gracieuseté de QS.

    • Benoît Landry - Inscrit 1 avril 2014 21 h 51

      Bravo Mme Salette, vous êtes une démocrate.

      Je trouve déplorable toutes ces personnes qui n'ont pas la dignité de respecter le vote des autres. Dans certains pays on se bas pour obtenir le droit de vote et ici, des gens qui se disent progressistes invitent leurs concitoyens à faire fi de leur opinion politique. C'est vraiment triste de voir ces reculs démocratiques

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 1 avril 2014 05 h 57

    Merci

    Merci M. David de nous présenter sans fard et sans artifices ce que nous avons devant nous comme choix. Nos vieux partis ont tous les deux des squelettes dans le placard, ils ont du vécu. Ils sont comme nous finalement avec leurs qualités et leurs défauts, leurs forces et leurs faiblesses, leurs parti-pris et leurs aveuglements volontaires. Ils sont nos rêves et nos cauchemars. Ils sont humains finalement.

    Mais à la fin de la journée, quand tout aura été dit; quand tous seront bien beurrés comme des joueurs de football jouant sous la pluie, le choix nous appartient encore une fois. La parole est à nous. Qu'allons-nous en faire ?

    Dans 6 jours, les prochaines 5 années de notre nation seront décidées, peut-être pour encore plus longtemps.

    Bonne réflexion.

    PL

    • François Dandurand - Inscrit 1 avril 2014 08 h 01

      Ne vous en faites pas monsieur Lefebvre, au rythme où vont les choses, 5 années en politique provinciale semble une éternité. Nous pourrions bien retourner aux urnes dans 18 mois, si nous élisons un gourvernement minoritaire.

    • Louka Paradis - Inscrit 1 avril 2014 15 h 49

      Le risque est bien grand, M. Dandurand. QS devrait en prendre bonne note.