Lumières gourmandes sur HoMa

Le Bièrologue est un commerce mettant en vedette les brasseurs locaux et tout ce qui touche nos bières et nos cidres.
Photo: Michaël Monnier - Le Devoir Le Bièrologue est un commerce mettant en vedette les brasseurs locaux et tout ce qui touche nos bières et nos cidres.

Tandis que le festival Montréal en lumière bat son plein avec des chefs et des invités de marque, la rue Ontario vit un renouveau gourmand dont personne ne se doutait pour Hochelaga-Maisonneuve (HoMa). Surtout, on découvre près du marché Maisonneuve des artisans uniques qui savent nous faire saliver.

 

Tout a commencé il y a quelques années avec l’installation des boulangeries Première Moisson au marché, de plus en plus actif dès les beaux jours, puis avec le développement de la place Valois, où se sont installés quelques bons commerçants, comme la merveilleuse boulangerie Arhoma, le restaurant Le Valois et quelques autres boutiques qui se sont jointes aux pionniers, comme le restaurant Le Chasseur, qu’il faut découvrir. Il s’agit d’une petite révolution dans ce quartier, qui commence à prendre des allures de Plateau Mont-Royal.

 

Un regroupement positif

 

Quand cinq commerçants de qualité s’installent côte à côte pour créer une force commune, cela donne des résultats qui dépassent même les espoirs. David Deschênes est sans doute l’un des plus grands défenseurs des microbrasseries au Québec. Son commerce est un véritable musée dédié aux brasseurs locaux et à tout ce qui touche nos bières et nos cidres. Le Bièrologue, cette caverne d’Ali Baba, nous fait aussi découvrir, outre les bières, des produits locaux d’épicerie ou encore des produits frais installés dans un comptoir réfrigéré.

 

M. Deschênes, un artiste du goût et un grand passionné, prend le temps qu’il faut pour parler à ses clients, qui viennent de partout, de tel ou tel brasseur ou pour expliquer ce qui différencie une bière d’une autre. Une bière pour chaque moment : c’est un peu la devise de ce spécialiste, qui s’allume comme un charbon ardent dès qu’on lui parle bière.

 

Dans le quartier, on trouve aussi Phi-Ma, un restaurant vietnamien d’excellente qualité qui, tout comme le restaurant voisin Bagatelle, offre aux clients la possibilité d’apporter leur vin. Au Bièrologue, juste à côté, on aura le plaisir de déguster une bonne bière avec de très bonnes frites et de délicieuses saucisses.

 

Le résultat se passe de commentaires : ces endroits où bien se restaurer à peu de frais ne désemplissent pas. C’est un véritable coup de coeur.

 

Entre les deux restaurants est venue s’installer en novembre 2012 la pâtisserie-salon de thé Les Gourmandises de Marie-Antoinette, qui, au premier abord, ressemble à une boîte de bonbons. À l’intérieur, le fuchsia est à l’honneur, tant sur les emballages que sur les murs.

 

Comme dans les restaurants branchés qui permettent d’apercevoir le chef à l’oeuvre, on voit ici le chef pâtissier, dans le fond du magasin, en train de confectionner viennoiserie, gâteaux et entremets divers, aux parfums recherchés. Le talent des deux propriétaires est indéniable et, petit à petit, le bouche à oreille a fait son oeuvre. La réputation du Marie-Antoinette a largement dépassé HoMa, car les clients viennent maintenant d’aussi loin que de Laval et de la Rive-Sud.

 

Comme on le voit, l’est de Montréal vit depuis quelque temps un éveil gourmand ; de quoi faire plaisir au bon docteur Julien, qui prêche depuis longtemps pour son quartier.

 

Durant deux semaines, après les Olympiques, ce sont les lumières de la gastronomie qui brilleront de tous leurs feux sur la métropole. Durant le festival Montréal en lumière, on pourra en effet rencontrer, jusqu’au 2 mars, des chefs de renom et des producteurs. Cette année, la région québécoise à l’honneur, ce sont les Laurentides, et la ville invitée est San Francisco. On donnera aussi un coup de chapeau à Haïti.

Le 15e festival Montréal en lumière

Le Bièrologue, 4301, rue Ontario Est, Montréal, 514 251-8484

Le restaurant vietnamien Phi-Ma, 4315, rue Ontario Est, Montréal, 514 903-6446 (apportez votre vin)

Le restaurant Bagatelle, 4323, rue Ontario Est, Montréal, 514 254-3838 (apportez votre vin)

Pâtisserie Les Gourmandises de Marie-Antoinette, 4317, rue Ontario Est, Montréal, 514 257-0333

Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l’entendre toutes les semaines à l’émission Samedi et rien d’autre à ICI Radio-Canada Première.


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DÉCOUVERTE

La Cuvée d’hiver 2014 est tirée

Pour la deuxième Cuvée d’hiver, qui se déroule dans le cadre de Montréal en lumière les 27 et 28 février et le 1er mars à l’église Saint-Enfant-Jésus, dans le Mile End, les amateurs de bière, de whisky, de cidre et de vin d’érable pourront satisfaire leurs attentes en plus de déguster des plats de plusieurs restaurants.

BIBLIOSCOPIE

Les meilleurs desserts de France
Christophe Michalak
Éditions Gründ 2013, Paris, 230 pages

Michalak est un dieu de la pâtisserie. Il a découpé la France en 22 recettes uniques de desserts expliqués suivant la méthode étape par étape, et en photographies. L’ouvrage s’adresse aux adeptes du sucré qui souhaitent s’essayer à cuisiner le biscuit rose de Reims ou encore le calisson d’Aix. Un livre qui se déguste aussi avec les yeux.

Les meilleurs desserts de France

Christophe Michalak

4 commentaires
  • Balint Demers - Inscrit 22 février 2014 20 h 02

    gentrification

    Les promoteurs de condos seront content de lire votre article M. Mollé.
    Tout plein de commerces qui représentent l'avant-garde de la gentrification de ce quartier populaire que vous nous présentez là (qui n'ont d'ailleurs rien en commun avec aucune révolution).

    On s'en serait passé.

    - Un voisin d'Hochelaga
    (En passant, les résident-e-s de ce quartier habitent bel et bien Hochelaga et non "HoMa" qui est une invention lexicale du marketing immobilier)

    • Danielle Blouin - Inscrite 24 février 2014 11 h 24

      Monsieur Balint Demers, Je suis résidente du quartier depuis une vingtaine d'années. J'aime mon quartier et j'aime aussi qu'il s'y crées de petits commerces, tenus par d'honnêtes et jeunes commercants qui ne désirent que vivre de leur métier et du fruit de leur labeur. De plus, cette nouvelle activité économique profite à tous et pas seulement aux nouveaux gentrifiés que vous honnissez, mais bien à la création d'emploi pour les résidents du quartier. Soyez plutôt constructif et voyez-y enfin une belle occasion d'améliorer le sort de tous.

  • Pierre Langlois - Inscrit 22 février 2014 21 h 26

    Ayoye!

    Espérons que les anarchistes/vandales/comités autoréférentiels du quartier ne sont pas des habitués de votre chronique. Quand on sait ce qui s'est produit quand Di Stasio a mis en vedette les restos sympathiques de Hochelaga (ou Hochelag' pour faire dans la branchitude militante que se la joue peuple).

  • Claude Lizé - Abonné 23 février 2014 19 h 07

    Bien!

    Excellent article. Il y a dans ce quartier une qualité de vie exceptionnelle. La diversité sociale, les services de tous genres, la population ouverte et sans prétention, tout concourt à créer un milieu vivant et tolérant. De la fripperie au resto branché, du condo petit-bourgeois à la coopérative d'habitation, du québécois pur laine à l'immigrant récent, qu'on l'appelle Homa, Hochelag ou Hochela-Maisonneuve, c'est mon quartier! Il y a de la prostitution, des revendeurs de drogue, des petits ou grands délinquants, des psychiatrisés dans la rue, mais aussi des bons restos, des bars intéressants, des places invitantes. Je suis vraiment content que, depuis un certain temps, des articles rendent compte de la diversité du quartier. Merci M. Mollé.