Un plein panier de médailles d’or

2013, vue de ma fenêtre, n’a pas été une année inoubliable. Mais elle achève. Il nous reste à nous taper le Bye Bye et à prendre une grande respiration en souhaitant que l’année 2014 nous apporte autre chose que des mauvaises nouvelles et du désenchantement. Je nous le souhaite vraiment du fond du coeur. À ceux qui sont pour, à ceux qui sont contre, à ceux qui s’en foutent, à ceux qui en rêvent. Pas de discrimination. Il y en a pour tout le monde de bonne volonté.

 

J’ai un plein panier de médailles d’or à remettre. Je les remets à des femmes parce que j’estime qu’elles ont donné un peu d’élévation à une année qui en manquait beaucoup.

 

Je donne la première à Mylène Paquette, cette merveilleuse audacieuse folle qui a traversé l’Atlantique à la rame. Non seulement a-t-elle réussi ce défi que beaucoup jugeaient de la pure folie, mais elle a aussi fait disparaître à tout jamais l’expression : une fille ne serait pas capable… Chapeau Mylène. Quelle belle aventure !

 

La deuxième ira à Pauline Marois, une femme qui impressionne par sa capacité de travail, sa disponibilité, sa préoccupation profonde pour le peuple qu’elle représente. Pour ma part, je l’avoue, quand je la vois sur le perron de l’Élysée à Paris, je sais qu’elle ne me fera jamais honte et qu’elle transporte le Québec dans son coeur partout où elle va. Certains regrettent qu’elle ne soit pas parfaite. Réjouissons-nous plutôt, car « parfaite et sans aucun défaut », elle serait sans doute détestable. Ça me rassure de savoir qu’elle est une femme comme les autres. Une femme que rien n’arrête.

 

La troisième médaille ira à Colette Roy-Laroche, qui est devenue en quelques minutes la femme qu’on voudrait comme amie, comme mère ou grand-mère, celle qui ne hausse jamais la voix et qui a une réserve inépuisable de bon sens. Elle a porté sa ville, ses citoyens, à bout de bras, faisant trembler même le premier ministre Harper sous son regard patient et sa détermination calme de reconstruire Lac-Mégantic. Une mairesse du tonnerre.

 

Je donnerai la quatrième médaille à Véronique Hivon, la ministre chargée du dossier de fin de vie dans la dignité, pour sa longue patience et sa capacité d’écoute de toutes les opinions qui auront été émises devant elle, pour sa sensibilité et son désir de ne bousculer personne. Un exemple en politique.

 

La cinquième sera remise à France Charbonneau, de la commission portant son nom, parce qu’il fallait quelqu’un comme elle à qui rien ne fait peur, que rien ne surprend de la nature humaine et qui a des yeux qui ont déjà tout vu et ne s’étonnent plus de rien. Une femme qui tiendra jusqu’au bout. Heureusement pour nous.

 

La sixième ira à Régine Laurent, présidente de la FIQ, parce que sans jamais se prendre pour une autre, elle guide un syndicat extrêmement important et que ses membres, si vous avez fréquenté un hôpital récemment, tiennent le système de santé du Québec à bout de bras. Quand elle parle de l’état actuel du service hospitalier, il vaudrait mieux l’écouter.

 

Je remets ma septième médaille à Martine Desjardins, l’ex-présidente de la FEUQ, l’une des trois leaders de la révolte des carrés rouges. Je prophétise en disant que cette jeune femme va jouer un grand rôle dans l’avenir du Québec. Elle a certainement tout ce qu’il faut pour être digne d’une place de choix.

 

Je destine la huitième à Marie-Nicole Lemieux, cette Québécoise qui est en train de conquérir le monde un peu dans notre dos. On se l’arrache partout parce que sa voix est l’une des plus belles au monde, et ici, on ne la connaît presque pas. Posez la question autour de vous. Vous verrez bien de quoi je parle.

 

La neuvième sera remise à Marie-Maude Denis de l’émission Enquête de Radio-Canada. Cette femme a de très mauvaises fréquentations, car elle tend son micro sans trembler aux plus grands corrompus de notre société. Avec Alain Gravel, elle a talonné tous les fameux clients de la commission Charbonneau. Sa devise pourrait être : « Les corrompus seront confondus. »

 

La dixième sera partagée en deux. Elles ont déjà été tellement adulées par le grand public qu’une médaille pour deux devrait leur convenir. Je l’offre donc à Julie Snyder et à Janette Bertrand, deux nouvelles féministes descendues dans la rue le 26 octobre dernier pour la première fois de leurs jeunes vies.

 

Bonne année 2014 à ceux et celles qui me lisent. Je vous trouve bien patients et je vous aime tous… même ceux et celles qui ne me le rendent pas.

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21 commentaires
  • Stéphane Laporte - Abonné 27 décembre 2013 00 h 14

    Moi aussi

    Gros bisou Lise

  • Jean-Marc Pineau - Inscrit 27 décembre 2013 07 h 04

    Merci et bonne année 2014

    Madame Payette, j'approuve totalement le choix de vos médaillées. Je vous en remercie et je les félicite car elles les méritent.
    Au cas où il y aurait deux camps, je fais partie de ceux qui vous aiment depuis... au moins « Appelez-moi Lise ». Je vous souhaite, ainsi qu'à tous les Québécois de bonne volonté, une excellente année 2014, la santé tous les jours et une longue vie, ainsi qu'un Québec indépendant avant longtemps.

  • Michel Fontaine - Abonné 27 décembre 2013 07 h 24

    Le mérite, exclusivement féminin ?

    Et moi qui croyais que le mérite et les médailles n'avaient pas de sexe...

  • Jean-Pierre Roy - Abonné 27 décembre 2013 07 h 27

    Merci madame Payette

    C'est pas mal plus encourageant de vous lire que de prendres connaissance des propos de monsieur Khadir dans "Le Devoir" de ce matin.

  • Maurice Plante - Abonné 27 décembre 2013 09 h 16

    Pourquoi pas une médaille à madame Payette?

    Merci madame Payette, pour votre assiduité à nous remettre vos commentaires, vos pensées, vos désillusions, même si souvent vous faites l'objet de critiques. Il est de plus en plus important de laisser à nos enfants un message de solidarité, d'espoir et de courage... pour changer les choses et surtout les améliorer pour le plus grand bien des petits.

    Bonne année 2014!