Mitsubishi Mirage - Vivre dans le passé

Quel que soit l’angle, difficile de trouver un soupçon de charme à la Mitsubishi Mirage. L’assemblage du véhicule d’essai était toutefois irréprochable.
Photo: Philippe Laguë Quel que soit l’angle, difficile de trouver un soupçon de charme à la Mitsubishi Mirage. L’assemblage du véhicule d’essai était toutefois irréprochable.

Si vous avez, disons, moins de 35 ans et que vous vous demandez ce que c’était de conduire une sous-compacte il y a vingt ans, vous n’avez qu’à prendre le volant d’une Mitsubishi Mirage. Verrouiller la porte avec une clé, régler le chauffage avec des tirettes, rouler sur des savonnettes de 14 pouces, avoir l’impression que le levier de vitesses est planté dans une motte de beurre… Tout ça est tellement 1990 !

 

Le problème, c’est que nous sommes en 2013 (bientôt 2014). Et que la Mirage n’est pas une voiture low cost chinoise, indienne ou roumaine, mais une japonaise – assemblée en Thaïlande, d’accord, mais japonaise quand même. Or, les constructeurs nippons nous ont habitués à des standards de qualité assez élevés. Les marques coréennes se situent maintenant au même niveau et les américains ont, eux aussi, fait d’énormes progrès ces dernières années, de sorte qu’il n’y a plus de citrons ni de véhicules franchement médiocres dans la catégorie des petites voitures. Dans ce contexte, on se demande à quoi ont pensé les dirigeants de Mitsubishi en décidant de commercialiser la Mirage en Amérique du Nord. Voyons voir.

 

Simplicité volontaire

 

Ma semaine d’essai a mal commencé. Il ventait très fort, au point que j’ai préféré ne pas conduire la voiture. Sur le pont Champlain, elle changeait presque de voie toute seule… Pas très agréable, ni très rassurant, convenons-en. Je me fais moins brasser dans le petit utilitaire aux formes très carrées de ma conjointe.

 

Première étape: la séance de photos. Je l’examine sous tous les angles et, franchement, j’ai de la misère à lui trouver un soupçon de charme. D’accord, c’est une petite voiture à petit prix, mais les micro-voitures comme la Chevrolet Spark, la Scion iQ ou la Smart ont du style, elles! Ce n’est donc pas incompatible.

 

Vous êtes du genre cartésien et trouvez ces considérations bien superficielles? D’accord, examinons l’intérieur dans ce cas. Ouf… Cette fois, pas de doute, je viens d’être téléporté en 1990. Il y a du plastique partout et la décoration intérieure est d’inspiration minimaliste — ascétisme serait le mot approprié. Adeptes de la simplicité volontaire, cette voiture est pour vous! L’équipement de série est aussi réduit au minimum: pas de climatisation ni de verrouillage à distance ni de Bluetooth. La radio et les vitres électriques sont les seules gâteries.

 

Remarquez, tout n’est pas mauvais: les sièges sont aussi invitants qu’un banc d’église, mais, au moins, ils sont confortables. Étonnamment, même. Et l’assemblage de ma voiture d’essai était irréprochable: pas de craquement ni de bruits de carrosserie suspects. Par contre, l’insonorisation est un concept abstrait, ici: la radio sert aussi à couvrir les bruits de roulement et de vent. J’entends déjà les chialeurs habituels : «On sait bien, vous, les chroniqueurs auto, quand ce n’est pas une Audi ou une BMW…» Tut, tut tut ! Une Hyundai Accent à côté de ça, c’est une Mercedes!

 

Mollesse généralisée

 

Restons dans le vintage: l’expérience au volant nous ramène encore une fois deux décennies en arrière. En fait, j’avais l’impression de conduire une Subaru Justy 1992. Même rugosité du moteur à 3 cylindres, même reprises anémiques… Mais la Justy, au moins, avait quatre roues motrices et elle inspirait plus confiance, ne serait-ce qu’en raison de son adhérence. Sauf que même en 1992, sa puissance était famélique: 72 chevaux ! La Mirage en a deux de plus… Bref, c’est un veau. Là-dessus, ses rivales ne sont guère mieux: la Scion et la smart sont tout aussi faiblardes.

 

Si ce n’était que de son moteur, passe encore; au moins, il consomme peu, ce qui est la priorité de la clientèle cible. Mais en plus, il y a cette boîte de vitesses manuelle d’une autre époque, cette direction floue et démultipliée, cette mollesse généralisée qui vous donnent autant envie de conduire que d’aller chez le dentiste. La dernière fois que j’ai autant penché dans un virage, j’étais sur une moto…

 

Mais encore une fois, tout n’est pas mauvais: la douceur de roulement respecte les standards japonais et propose un confort tout à fait correct. Toutefois, si vous voulez absolument une microvoiture et que vous ne voulez pas sacrifier complètement le plaisir de conduire, allez plutôt du côté de la Spark.

 

Oh, j’oubliais: une boîte à variation continue (CVT) est également offerte. Si vous voulez avoir encore moins de plaisir, je vous la recommande chaudement.


Conclusion

 

Au Brésil, en Turquie, en Inde et dans les autres marchés émergents, où le pouvoir d’achat par habitant est loin du nôtre, les voitures low cost cartonnent. Par contre, je cherche la pertinence d’en commercialiser une en Amérique du Nord d’autant plus que c’est loin d’être une si bonne affaire: notre véhicule d’essai, nu comme un ver, coûtait près de 14 000 $. Or, à ce prix-là, je peux avoir une Yaris ou une Versa Note qui, même en version de base, m’en donnent beaucoup plus. Elles sont mieux équipées, plus spacieuses, plus confortables, moins anémiques et consomment à peine plus. Comme on dit en serbo-croate, c’est un no-brainer. La Mirage est la plus spacieuse des microvoitures, elle a un appétit d’oiseau et les Mitsubishi sont dans l’ensemble assez fiables, en plus d’être protégées par une super garantie, mais les sous-compactes asiatiques ont les mêmes qualités et en offrent tellement plus. Conseil : si vous voulez introduire les low cost sur le marché américain, vendez-les à un prix low cost. À 10 000 $, ça pourrait être intéressant. Mais pas au prix d’une sous-compacte, oubliez ça !


Collaborateur

3 commentaires
  • Marie-Thérèse Duquette - Abonnée 16 décembre 2013 07 h 33

    oups!

    c'est pas aujourd'hui que vous allez vous faire des amis de propriétaires de Mirage...

  • Patrick Vanasse - Abonné 16 décembre 2013 21 h 40

    Une Dodge Colt 1994

    L'intérieur ressemble à celui d'une Dodge Colt 1994, qui était en fait une Mitsubishi Mirage. Et il semble que la conduite aussi... «Back to the Future».

  • Jean-François - Abonné 16 décembre 2013 23 h 01

    twingo

    À voir vos photos,la finition est digne d'une Renault Twingo de 1992. Voiture géniale en son temps mais très basique!