Vos finances - Montréal, un marché d’acheteurs

Le marché immobilier montréalais demeure accessible. En fait, il est moins dispendieux que dans les autres grandes villes canadiennes et il se qualifie encore de marché d’acheteurs, malgré une multiplication des prix par 2,5 en 12 ans.

 

Montréal reste un marché d’acheteurs. La hausse de l’offre, telle que mesurée par la progression des nouvelles inscriptions, vient alléger la pression sur les prix. « C’est particulièrement vrai du marché des nouveaux appartements en copropriété, où persiste un excédent modéré de logements invendus », peut-on lire dans le dernier rapport publié par les Études économiques de BMO. Évidemment, en comparaison des autres grandes villes canadiennes comme Toronto, Calgary et Vancouver, Montréal a la cote. Malgré une poussée des prix de 155 % depuis 2001, les prix demeurent abordables, constate l’institution. Malgré une augmentation des ventes de 2 % sur un an, ces ventes demeurent inférieures de 9 % aux normes de la dernière décennie, retient-elle. Dit autrement, « les prix relativement abordables et la croissance de l’emploi ont compensé les faibles gains démographiques. La hausse des nouvelles inscriptions a maintenu les acheteurs aux commandes, à la différence des autres grandes villes ».

 

Ailleurs, les ventes ont progressé de 50 % sur un an à Vancouver, de 23 % à Calgary et de 20 % à Toronto, contre 12 % à l’échelle canadienne.

 

Quatre fois le revenu

 

À Montréal, « les prix de référence représentent quatre fois le revenu familial, et les coûts des services hypothécaires représentent une proportion raisonnable des gains, soit 23 % », soit moins de la moitié de celle de Vancouver, avec un revenu familial médian relativement similaire. « Les acheteurs d’une première maison à Toronto et Vancouver ne peuvent qu’envier le coût d’une maison détachée à deux niveaux à Montréal : 382 000 $, contre 565 000 $ et 1 030 000 $ respectivement. Les prix à Montréal devraient rester abordables, même lorsque les taux [d’intérêt] reviendront à la normale. »

 

Ce prix de référence représente également quatre fois le revenu à Calgary, mais près de sept fois à Toronto et plus de huit fois à Vancouver, contre une moyenne canadienne de cinq. Quant au poids du service hypothécaire sur le revenu familial, il est également de 23 % à Calgary, mais dépasse 39 % à Toronto, et 50 % à Vancouver. Au Canada, là où BMO parle d’un marché à l’équilibre, la moyenne se situe à 29 %.

 

Quant au revenu familial médian, il se situe à 73 200 $ à Montréal, contre 72 800 $ à Vancouver, 72 400 $ à Toronto, 100 500 $ à Calgary et 76 700 $ au niveau canadien. À se comparer…

 

Reprenant une mesure plus large de l’accessibilité, Recherche économique RBC avait calculé que l’indice atteignait 38,3 % pour les bungalows individuels à Montréal au troisième trimestre, 50,6 % pour les maisons à deux étages et 30,5 % pour les copropriétés. Cet indice des coûts de propriété mesure le poids des versements hypothécaires, des services publics et des impôts fonciers sur le revenu mensuel avant impôts d’un ménage type. Dans la copropriété montréalaise, RBC retenait également que ce segment avait surpassé les autres catégories de propriétés au chapitre de la croissance du nombre de nouvelles inscriptions au cours de la dernière année, ce qui a contribué à une baisse des prix dans ce créneau.


Coûts raisonnables au Québec

 

« Les coûts de propriété demeurent assez raisonnables au Québec malgré la détérioration de l’accessibilité au troisième trimestre, car les niveaux d’accessibilité s’y situent près des normes historiques, indiquait la Banque Royale dans son communiqué. Cette accessibilité relative favorise la demande des acheteurs, qui continue de progresser, quoique plus lentement que dans plusieurs autres marchés du Canada. La faiblesse du marché de l’emploi et les perspectives économiques incertaines pourraient bien expliquer le manque de confiance à l’égard du marché québécois du logement. »

 

À l’échelle québécoise, l’indice d’accessibilité de la RBC se chiffrait à 42,9 % pour les maisons à deux étages à la fin du troisième trimestre. Il se situait à 33,9 % pour le bungalow de référence, et à 26,4 % pour les copropriétés.

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