C'est du sport! - Moiteurs

Même avec une carte routière détaillée, trouver le chemin de la victoire n’est pas tâche aisée, et il faut parfois trouver des moyens ingénieux pour éviter de (se) perdre. Dans la catégorie « un gars s’essaie », Jason Kidd, l’entraîneur-chef des Nets de Brooklyn de l’Association nationale de basketball, a tenté le coup, et il a également fait une entrée remarquée dans la catégorie « ça fait cher la gorgée ».

 

Avant le début de la présente campagne, les Nets figuraient parmi les principaux aspirants au titre dans la NBA. Mais ils se sont coincé les pieds dans les blocs de départ et, malgré des talents appréciables possédant vaste expérience, comme Paul Pierce et Kevin Garnett, ils montrent actuellement un dossier de 5-12. Kidd s’est donc susurré récemment dans son Ford intérieur qu’il n’avait pas grand-chose à perdre et le gars s’est essayé.

 

Mercredi dernier, les Nets recevaient les Lakers de Los Angeles au Barclays Center. Avec huit secondes et des poussières à jouer, L.A. menait 96-94. Il restait un dernier lancer franc à effectuer pour les Lakers, ensuite de quoi Brooklyn disposerait de quelques fugaces instants pour égaliser. Kidd voulait donc préparer ses troupiers à cette brève séquence en leur dessinant des X et des O et des tracés de passes et de tir sur son petit tableau autoeffaçant, mais il avait épuisé sa banque de temps d’arrêt.

 

Kidd fit alors venir le garde recrue Tyshawn Taylor au banc. Alors que Taylor était à deux pas de lui, on peut clairement lire sur les lèvres de l’entraîneur qu’il demande à son joueur de le bousculer : « Hit me ». Or à ce moment, Kidd tient un verre de boisson gazeuse à la main. Inéluctablement, les deux hommes entrent en contact et le verre, le liquide et des glaçons s’envolent, annonçant un certain dégât.

 

Il faut donc nettoyer le parquet. Kidd profite du délai pour rameuter ses ouailles et leur dessiner un petit quelque chose. Mais ce sera en vain, et les Lakers l’emporteront finalement 99-94.

 

Après le match, Kidd a plaidé qu’il avait les mains moites — on peut effectivement comprendre qu’un pilote sur la sellette présente une certaine moiteur dans la région — et qu’il s’agissait d’un malencontreux accident. La NBA ne l’a cependant pas cru et elle lui a collé une amende salée de 50 000 beaux dollars pour conduite antisportive. Des esprits éclairés n’allaient pas tarder à signaler qu’on venait d’obtenir une nouvelle preuve que prendre un verre à New York coûte beaucoup plus cher qu’ailleurs, qu’à 1 $ la canette l’amende équivalait à un Coca-Cola par jour pendant 137 ans et que Kidd, qui avait été arrêté pour conduite en état d’ébriété l’an dernier, avait le don de s’attirer des problèmes dès qu’il buvait quoi que ce soit.

 

Personne ne se surprendra que l’affaire ait fait grand bruit dans le merveilleux monde du sport™ ait reçu l’appellation de « Cupgate » ou de « Sodagate ».

 

Depuis, Kidd a reconnu qu’en fait de mains moites, l’excuse se révélait plutôt faiblarde. Il fallait que les Nets se donnent une chance de gagner, et le verre renversé constituait une option solide. De fait, Pierce a eu une bonne occasion de tenter un tir de trois points qui aurait créé l’égalité avec moins de deux secondes à faire, mais il l’a raté.

 

On a demandé à Kidd s’il avait appris de cette histoire, et il a répondu par la négative. « Je n’aurais probablement pas dû faire cela, mais il faut passer à autre chose, a-t-il dit. C’est fini. C’est derrière moi. Il n’y a rien d’autre à dire. C’est fait, et je regarde en avant. »

 

Mais il y a un autre élément croustillant dans le scandale de la boisson gazeuse. C’est que pendant qu’on essuie le court, on voit l’un des adjoints de Kidd — présumément John Welch — s’adresser à un groupe de joueurs avec un tableau à la main. Or dans ce groupe, on retrouve Xavier Henry et Steve Blake, qui s’adonnent à être des porte-couleurs… des Lakers. Dans la cohue, personne n’a remarqué leur présence… Eux savaient donc ce qui s’en venait probablement.

 

La prochaine fois, nous verrons que le porteur de ballon des Steelers de Pittsburgh Le’Veon Bell s’estime « chanceux » de n’avoir subi qu’une commotion cérébrale lorsqu’il a été violemment plaqué jeudi soir, contre les Ravens de Baltimore, et heureux que « rien de grave » ne se soit produit, et que, finalement, vous et moi n’avons rien compris.

À voir en vidéo