C’est du sport! - Riche Canada

On ne le dira jamais assez, le basketball est une invention canadienne. Certes, le sport a vu le jour aux États, au YMCA de Springfield (Massachusetts) pour être précis, mais c’est un Ontarien bien de chez nous, en l’occurrence James Naismith — qui a notamment fréquenté l’Université McGill, ce qui fait qu’un peu de son prestige rejaillit encore sur notre belle collectivité municipale —, qui s’assit un beau jour de 1891 à son bureau et tapa à la machine les 13 règles fondamentales du jeu. Les garçons avaient ainsi de quoi se distraire pendant les longs mois d’hiver.

 

Aussi est-il tout à fait logique qu’alors qu’approche le siècle et quart d’existence de la discipline, un autre Canadien s’annonce comme la prochaine merveille de l’univers. Il s’appelle Andrew Wiggins, il est à l’instar de Milos Raonic né à Thornhill dans le Grand Toronto, il est âgé de 18 ans, il mesure 6 pieds 8 pouces, il possède une envergure de 7 pieds et une détente verticale de 44 pouces, il en est à sa première et sans doute dernière année avec les Jayhawks de l’Université du Kansas et avant même qu’il y ait disputé une seule joute, on supputait en public que des équipes de la NBA allaient subtilement procéder à des ventes de débarras en cours de saison afin d’accéder à une précieuse médiocrité, terminer le plus bas possible au classement et se donner les meilleures chances d’obtenir le premier choix au prochain repêchage amateur afin de mettre la main sur ses services. Il est si bon que ça. Tellement que lorsque les scribes se laissent aller à une certaine licence poétique, ils appellent les Jayhawks les « Wigginses ».

 

Le jeune homme a de qui tenir en matière de génétique générale. Papa est Mitchell Wiggins, qui passa six saisons dans la NBA avant de se tourner vers l’Europe, et maman est Marita Payne, gagnante de deux médailles d’argent aux Jeux olympiques de 1984 à Los Angeles au sein du relais canadien aux 4 x 100 et 4 x 400 mètres. De plus, en choisissant Kansas, il s’est trouvé à se joindre à l’établissement où James Naismith soi-même en personne avait été entraîneur pendant neuf saisons de 1898 à 1907, preuve supplémentaire s’il en est que toute est dans toute.

 

On dit d’Andrew Wiggins qu’il est l’espoir le plus prometteur depuis LeBron James, il y a 10 ans. Il est partout, en page frontispice de magazines tels Sports Illustrated et ESPN, et il fait un milliard de manchettes dedans les Internets où sont traqués ses moindres gestes. Le battage entourant son arrivée dans les rangs universitaires et l’imminence relative de son passage chez les professionnels se révèle largement supérieur à ce qu’on a pu observer dans le cas de James, ne serait-ce que parce que lorsque celui-ci a été repêché par les Cavaliers de Cleveland en 2003, YouTube n’existait pas, pas plus que Twitter ou Facebook ; ils ne verraient le jour que deux ou trois ans plus tard. Vous en souvient-il, nous étions jeunes et fous, insouciants, à tel point que nous arrivions presque à vivre sans ces bidules-là. On s’ennuyait un peu, certes, et on éprouvait des problèmes de communication, mais on parvenait quand même à se faire une certaine idée du bonheur.

 

Ceci pour dire que si vous avez une occasion de voir jouer Wiggins, vous ressentirez nul doute une indicible fierté dans votre région canadienne. Hé, là-bas, on lui a trouvé un surnom du terroir : Maple Jordan.

 

La prochaine fois, nous verrons comment le basketball se mesure aux autres trucs inventés par des Canadiens ou au Canada. La lutte devrait être serrée avec le beurre de cacahuètes, la purée de pommes de terre instantanée, les céréales préparées pour bébé de marque Pablum, le hockey sur glace, le hockey sur table, le téléphone, le Bixi, la corne de brume, la souffleuse à neige, le rouleau à peinture, le cocktail César, le sac à ordures, Quelques arpents de pièges, la poutine et Rob Ford.

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