Vos placements - Décidée à prendre ses choses en mains

Après des années de frustration à voir mon REER stagner dans un fonds commun de placement, j’ai décidé de prendre les choses en main, d’étudier vos stratégies et conseils de placement et d’ouvrir un compte de courtage direct.

 

Je possède un REER dans un fonds commun de placement dont la valeur actuelle est de 179 000 $.

 

J’ai également environ 13 000 $ dans un REER d’Épargne Placements Québec.

 

Je possède un condo d’une valeur de 400 000 $ dans le Vieux-Montréal, grevé d’une hypothèque de 188 000 $. Il est actuellement loué, entièrement meublé, pour 2300 $ par mois.

 

Je suis copropriétaire (avec 3 autres) d’un chalet libre d’hypothèque d’une valeur de 110 000 $.

 

Je suis copropriétaire (avec mon mari) d’une maison d’une valeur de 240 000 $ grevée d’une hypothèque de 108 000 $.

 

Je n’ai pas de prêt automobile, mais j’ai environ 6000 $ sur une ligne de crédit.

 

Je paie le solde de mes cartes de crédit.

 

Je suis âgée de 46 ans. Je n’ai pas de REER d’employeur. Je ne compte pas prendre ma retraite avant 65 ans si ma santé me le permet.

 

J’ai un peu de liquidités dans un compte d’épargne, mais préférerais le garder pour des imprévus.

 

À l’heure actuelle, je mets environ 19 000 $ par année dans mon REER du fonds commun de placement.

 

J’ai cotisé à mon REER pendant la vingtaine, j’ai arrêté pendant une bonne partie de la trentaine parce que j’étais retournée aux études, j’ai recommencé après avoir payé mes dettes à la fin de mes études.

 

J’ai plus de 100 000 $ de cotisations REER inutilisées.

 

Je me demande donc si je devrais vendre mon condo pour libérer des liquidités que je pourrais investir dans des actions et des obligations. Je l’avais acheté pour l’habiter, mais l’ai loué quand j’ai emménagé avec mon conjoint, devenu depuis mon mari.

 

Ou devrais-je plutôt simplement cesser de cotiser à mon fonds commun de placement, mettre cet argent dans un compte d’épargne ou un CELI et commencer à acheter actions et obligations dans un REER autogéré quand j’aurai suffisamment de liquidités ?

 

N.P.

 

 

Votre avoir net se chiffre à environ 393 000 $ après impôt et se compose comme suit : un REER d’une valeur après impôt de 134 000 $ (70 % de la valeur avant impôt de 192 000 $), des immeubles à revenus ou autre (condo loué et chalet) d’une valeur après impôt de 199 000 $ (ici, j’ai retenu 80 % de la valeur marchande de votre condo loué et de votre part dans le chalet) et votre part dans la résidence principale dont la valeur nette (elle est ici après impôt puisqu’il s’agit de la résidence dont le gain n’est pas imposable) est de 66 000 $. Les immeubles représentent 67 % de votre avoir net, ce qui est correct. Donc, à votre question « devrais-je vendre ou conserver mon condo dans le Vieux-Montréal ? », je vous conseille de le conserver dans la mesure que vous estimiez être en mesure de le louer à 2000 $ ou plus dans un avenir prévisible.

 

À ce stade-ci de votre vie active, le temps est venu de mettre désormais l’accent sur la construction de votre portefeuille d’actions de grandes sociétés (canadiennes et quelques-unes américaines) solides financièrement et montrant un solide historique de versement d’un dividende régulier et croissant. Point n’est besoin de beaucoup d’entreprises pour ce faire. Huit grandes firmes vous permettant de participer à cinq secteurs clés de notre économie suffisent. En vous abonnant à une bonne lettre financière parfaitement objective, vous serez en mesure d’identifier au préalable les huit entreprises en question. Puis, vous accumulerez leurs actions que sur faiblesse des cours (sur un recul de 7 % et plus par rapport à leur sommet des 52 dernières semaines). Vous vous contenterez de les accumuler au rythme de votre épargne annuelle de 19 000 $.

 

Afin d’accélérer votre marche vers une retraite dorée, vous canaliserez votre épargne en priorité dans le REER jusqu’à 60 ans. Cela signifie que votre REER se composera essentiellement d’actions. Rendue à 60 ans, vous verrez à faire une place aux titres à revenus fixes à hauteur d’environ 50 % de la valeur de vos REER.

 

Les reports d’impôt provenant de vos cotisations annuelles au REER et, advenant le cas, l’épargne résiduelle obtenue après avoir cotisé le maximum permis au REER serviront à construire votre portefeuille hors REER, la priorité allant au CELI jusqu’au maximum permis. Encore une fois, vos portefeuilles hors REER seront essentiellement constitués d’actions et il en sera ainsi avant et pendant votre retraite.

 

Dans votre lettre, vous exposez votre cas seul. Aussi ai-je analysé votre cas comme si vous étiez une personne seule et non un couple. En 2013, j’estime qu’une personne seule peut prétendre à une retraite confortable à 55 ans si elle possède un avoir net après impôt de 666 000 $. Votre avoir net s’élève actuellement à 393 000 $. Vous avez donc un écart à fermer de 273 000 $ entre votre avoir actuel et celui visé de 666 000 $ en valeur d’aujourd’hui. En vertu du plan de match précédent, vous aurez fermé cet écart à 55 ans, alors que votre avoir net totalisera près de 868 000 $ (valeur projetée). Après quoi, plus vous retarderez la date de votre retraite, l’épargne supplémentaire accumulée contribuera essentiellement à hausser votre niveau de vie potentiel à la retraite au-delà de 2,5 fois votre seuil de pauvreté correspondant.

 

En supposant que vous continuiez après 55 ans à épargner annuellement l’équivalent de 19 000 $ en dollars d’aujourd’hui, votre avoir net après impôt atteindra à 60 ans 1,48 million de dollars, ce qui vous permettra de vivre à plus de 2,5 fois votre seuil de pauvreté. À ce moment-là, la valeur de vos REER totalisera près de 853 000 $ avant impôt (597 000 $ après impôt), celle de vos portefeuilles hors REER de près de 173 000 $. Quant à vos immeubles dont les prêts hypothécaires auront été probablement entièrement remboursés ou presque, leur valeur après impôts s’élèvera autour de 719 000 $. À ce stade, vous serez assurée d’une retraite dorée.

 

Enfin, à propos de vos placements dans les fonds de placement, attendez avant de vous en départir. Si, d’ici deux ans, vous êtes satisfaite de votre performance dans la construction de votre propre portefeuille d’actions, vous verrez alors à vous départir graduellement des unités de vos fonds d’investissement (en évitant les pénalités de sortie) pour les réinvestir dans les titres des huit grandes entreprises choisies.

 

Quel est mon seuil de pauvreté ?

 

Je suis un lecteur assidu de votre chronique du samedi, que j’apprécie pour la diversité des sujets de placements qui y sont abordés. J’ai toutefois une question relativement à votre chronique de mai dernier intitulée Une retraite dorée à 55 ans, un mirage ?. Dans cette chronique, vous faites mention d’un niveau de vie équivalant à 2,5 fois le seuil de pauvreté, mais votre chronique ne précise pas la valeur de ce seuil. Est-ce le seuil de pauvreté établi par Statistique Canada ou est-ce le niveau de vie établi à la valeur des avoirs nets après impôt et dette divisé par 2,5 ? Je crois que ma confusion relève d’une tentative d’établir un revenu annuel à partir du seuil de pauvreté.

 

Si vous pouviez clarifier ce calcul, ce serait fort apprécié !

 

M. P.

 

 

Le seuil de pauvreté est le revenu annuel brut à partir duquel et sous lequel une famille doit en consacrer au moins 60 % aux dépenses de nourriture, de logement et d’habillement. Pour ma part, j’ai relevé ces seuils chez Statistique Canada en 2001. Pour une personne seule et un couple, ce revenu correspondant à leur seuil de pauvreté respectif était :

 

Un adulte : 18 741 $

 

Deux adultes : 23 424 $

 

Depuis, je les ajuste à l’inflation annuelle. De 2001 à 2013, le taux d’inflation composé annuel est de 1,88 %. Selon ce taux d’inflation moyen, les seuils de pauvreté s’élèvent aujourd’hui à :

 

Un adulte : 23 435 $

 

Deux adultes : 29 290 $

 

Une personne seule et un couple désirant prétendre à une retraite aisée doivent aujourd’hui réaliser des revenus bruts annuels correspondant à 2,5 fois leur seuil de pauvreté respectif. C’est ainsi qu’un adulte à la retraite doit gagner bon an mal an 58 588 $ (23 435 $ x 2,5) ; un couple, 73 225 $ (29 290 $ x 2,5).

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