Vos placements - Une retraite dorée

Je vous soumets aujourd’hui le profil de nos actifs afin de bénéficier de votre analyse de planification de retraite.

 

Nous sommes un couple de pigistes en communication (début et mi-cinquantaine) qui voient leur carrière compromise par les coupes drastiques du fédéral dans le domaine de la culture et des communications. Ayant des revenus fluctuants, nous envisageons de prendre notre retraite dans sept ans.

 

Voici notre avoir :

 

Moi (58 ans)

 

REER : 280 000 $; CRI : 82 000 $; CELI : 10 000 $

Emploi : pigiste avec revenus annuels fluctuant de 40 000 $ à 120 000 $

Rente du Québec : 412 $ à 60 ans ; 576 $ à 65 ans

 

Conjointe (53 ans)

 

REER : 223 000 $

Indemnité de départ du travail (septembre 2013) : 13 600 $

Pigiste avec revenus annuels fluctuant de 40 000 $ à 80 000 $

Rente du Québec : 513 $ à 60 ans ; 812 $ à 65 ans

Fonds de retraite employeur (féd.) : 7055 $ par an entre 60-65 ans ; 7864 $ par an après 65 ans
 

Actif en commun
 

Liquidités bancaires : 2000 $

Immobilier : maison principale : 450 000 $ (libre d’hypothèque)

Maison de campagne aux É.-U. : 150 000 $ (libre d’hypothèque)

Auto : 30 000 $ (libre d’emprunt)

Frais d’études : un enfant à l’université - 1,5 an à faire (3000 $).

Don à notre fille : 20 000 $ d’ici quelques années pour l’aider à faire l’achat d’une maison ou d’un condo.
 

Cadre souhaité de retraite :

acheter un terrain et y construire une maison de campagne ; terrain de 100 000 $ et maison de 400 000 $.

Vente de la résidence principale.

Garder la maison aux É.-U.

 

Deux ou trois voyages par année (30 000 $).

 

Avec ce profil, pouvons-nous envisager une retraite dans sept ans et concrétiser ce projet de maison à la campagne ? Est-il réaliste de consacrer 30 000 $ par année pour des voyages ? Pour maintenir ce rythme de vie, devrons-nous prendre notre retraite plus tard et/ou avoir un revenu d’appoint ? Combien faut-il économiser par année (à partir de maintenant) pour atteindre nos objectifs ?

 

D et S

 

 

Avec un avoir net après impôt d’un peu plus de 1 million de dollars, vous possédez déjà la fortune requise pour prendre une retraite aisée à vos âges respectifs de 58 et 53 ans. En 2013, j’estime l’avoir net requis pour un couple âgé de 55 ans à près de 811 000 $ après impôt pour pouvoir prétendre vivre à 2,5 fois son seuil de pauvreté. À ce niveau de vie, un couple peut vivre aisément, se payer un ou deux voyages par année, faire des sorties et, à l’occasion, piger dans son capital pour effectuer d’importants achats, comme l’acquisition d’une voiture neuve. Votre avoir vous permet de faire cela et un peu plus puisqu’il dépasse l’actif requis de près de 200 000 $.

 

Le hic : vos visées dépassent probablement celles d’un couple vivant à 2,5 fois son seuil de pauvreté. Vous entendez consacrer 30 000 $ par année pour voyager, ce qui constitue une dépense importante. Vous pensez également acquérir à la retraite une propriété de campagne d’une valeur de près de 500 000 $ tout en conservant votre chalet d’une valeur de 150 000 $ aux États-Unis. Cela signifie qu’une grosse partie de vos liquidités sera investie dans des propriétés qui ne rapportent aucun revenu régulier.

 

Aussi, pour mener un tel train de vie, il vous faudra demeurer actif pendant encore quelques années. Vous envisagez de travailler pendant encore sept ans. En supposant que vous puissiez soutenir durant ces années un revenu familial brut annuel de l’ordre de 100 000 $ (donc 50 000 $ chacun), vous pourriez accumuler une réserve vous assurant un train de vie plus qu’acceptable. Vous pourriez le faire en économisant bon an, mal an 15 % de votre revenu familial. Cette épargne (15 000 $ par année), vous la canaliserez dans vos REER. En supposant un rendement composé annuel de 5 % (cela implique que vos REER devront contenir une part non négligeable, soit environ 40 %, d’actions de grandes entreprises), la valeur de vos REER, actuellement de 585 000 $, atteindra sept ans plus tard près de 1 million. À ce moment-là, vous pourrez mettre en place un plan de retraits à long terme de vos régimes. En vertu de ce plan, et toujours en supposant un rendement composé annuel de 5 %, vous seriez en mesure de retirer la première année de votre retraite 50 000 $. Pour les années subséquentes, ce retrait annuel pourra être ajusté à l’inflation annuelle, question de soutenir votre pouvoir d’achat au fil du temps.

 

Comme, dans sept ans, vous serez âgé de 65 ans et votre conjointe de 60 ans, vous aurez également droit aux rentes du Québec et, dans votre cas, à la pension de la Sécurité pour la vieillesse. Votre conjointe encaissera aussi la rente annuelle de son employeur estimée à près de 7000 $.

 

Ce n’est pas tout. Parce que vos propriétés sont libres de toute hypothèque, celles-ci vous procureront une économie de loyer annuelle de l’ordre de 10 000 $. Il s’agit ici du loyer attribué pour une propriété dont la valeur s’approche de celle moyenne des maisons unifamiliales de la région de Montréal.

 

Grosso modo, selon le plan d’épargne précédent, vos revenus annuels familiaux (ceux-ci comprendront aussi quelques milliers de dollars provenant de votre portefeuille hors REER si vous avez pris soin d’épargner les reports d’impôt résultant de vos cotisations annuelles au REER), totaliseront près de 50 000 $ après impôt. À cela s’ajoute l’économie de loyer annuelle de 10 000 $ qui est après impôt, ce qui porte votre revenu familial annuel à 60 000 $ après impôt. Cela équivaut à un revenu annuel brut de près de 96 500 $, ce qui correspond à 2,8 fois votre seuil de pauvreté qui prévaudra au moment de prendre votre retraite dans sept ans. Cela devrait suffire pour vous permettre de voyager et de soutenir un bon train de vie supérieur à la moyenne, alors que votre avoir net totalisera dans sept ans près de 1,5 million après impôt.

 

Enfin, à propos de l’aide dévolue à votre fille pour acquérir sa première propriété, je pense qu’elle devrait être davantage de l’ordre de 40 000 $ que de 20 000 $ comme vous l’envisagez.

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