Bonnes adresses au FNC

La prévente du Festival du nouveau cinéma (du 9 au 20 octobre) commence samedi à midi. Comment s’y retrouver, quoi voir ? Extraites d’entre les évidences (le réussi Triptych, de Robert Lepage et Pedro Pires, en ouverture) et autres cadeaux du 7e art (Le démantèlement de Sébastien Pilote, La Grande Bellazza de Paolo Sorrentino, Tel père, tel fils, de Hirokazu Kore-Eda), voici deux bonnes adresses partiellement ou complètement québécoises.

 

Au nom du fils. Le Belge Vincent Lanoo (Strass) a écrit avec son copain Philippe Falardeau (Monsieur Lazhar) cette charge anticléricale drôle, provocante et bouleversante au centre de laquelle la parfaite Astrid Whettnall (une inconnue à découvrir) brille de tous ses feux. Celle-ci campe l’animatrice d’une émission radiophonique consacrée à la promotion de la foi chrétienne qui, éprouvée par deux malheurs personnels terribles, puis irritée par l’inertie de l’Église quant aux crimes pédophiles commis dans ses rangs, se lance dans une cavale meurtrière. Rencontré au festival de Karlovy-Vary, le réalisateur explique : « Il y a cet aspect de la vengeance dans le film, mais en même temps, on n’a pas voulu tomber dans l’excuse du second degré pour ne rien en faire. Oui, la violence, la vengeance sont à prendre au second degré. Mais il était aussi très important pour nous de montrer que la vengeance par soi-même est une mauvaise chose, au plan social comme au plan personnel. Car plus Élisabeth se venge, plus elle se perd. » (13 octobre, 19 h, Excentris ; 17 octobre, 15 h, Quartier latin)

 

Whitewash. Le Québécois Emanuel Hoss Desmarais, issu du monde de la publicité, signe un premier long métrage très réussi, amalgame de film noir et de huis clos psychologique, tendu comme une corde de violon, récompensé récemment au Festival de Tribeca. Nous sommes l’hiver, dans le Témiscamingue. L’Américain Thomas Haden Church (Sideways) joue un déneigeur alcoolique en deuil de sa femme ; Marc Labrèche, un emmerdeur que le premier sauve du suicide, puis tue accidentellement. S’ensuit pour lui une fuite dans les bois marquée par l’attente, la faim, la peur, la culpabilité. Fargo, pour le décor, Blood Simple, pour le ton, remontent en mémoire. Le cinéaste, rencontré cet été, pensait pour sa part à No Country for Old Men « pour le style de la caméra », dit-il. « L’hommage aux frères Coen n’était pas notre objectif, mais l’inspiration trouve toujours son chemin toute seule. » (10 octobre, 21 h 10, Excentris)

 

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Drôle de parcours. Behind the Candelabra, excellent téléfilm de Steven Soderbergh (Che, Trafic) racontant sans faux-fuyant l’histoire d’amour tourmentée du pianiste Liberace (Michael Douglas) avec un jeune protégé dont il a préservé la jeunesse chirurgicalement (Matt Damon), a été projeté en première mondiale au Festival de Cannes, en compétition officielle. Il a ensuite été diffusé à la télévision nord-américaine, via HBO, dix jours après la clôture de l’événement, puis repassé en boucle depuis sur la même chaîne payante. À mi-chemin entre sa parution en DVD le 17 septembre dernier et sa diffusion attendue plus tard en octobre à Super Écran et à Radio-Canada (sous le titre Ma vie avec Liberace), le Cinéma du Parc donne aux cinéphiles et fans de Soderbergh la chance de le voir sur grand écran, à compter d’aujourd’hui, et ce pour toute une semaine. Rappelons que Behind the Candelabra (qui a fait l’objet d’une sortie en salles ailleurs dans le monde) remportait la semaine dernière trois prix Emmy (les Oscar de la télévision), soit ceux du meilleur téléfilm ou minisérie de l’année, du meilleur acteur (pour Michael Douglas) et, serez-vous surpris, de la meilleure réalisation. Le film alimente d’ailleurs le débat sur la frontière cinéma-télévision, devenue floue, alors que toute une génération de cinéastes de renom migre vers la télévision, réputée plus audacieuse, afin de rejoindre l’auditoire adulte qui a déserté les salles.

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