Des milieux naturels à préserver

L’un des objectifs visés par le Plan métropolitain d’aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal est notamment de sauvegarder les rives et le littoral montréalais.
Photo: Archives Le Devoir L’un des objectifs visés par le Plan métropolitain d’aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal est notamment de sauvegarder les rives et le littoral montréalais.

Le 24 septembre dernier, le Conseil régional de l’environnement, en collaboration avec le Mouvement Ceinture verte, organisait le forum La trame verte et bleue du Grand Montréal, l’affaire de tous. L’événement s’est donné comme objectif d’informer, d’outiller et de mobiliser, en période électorale municipale, toute personne de la région montréalaise concernée par la protection et la mise en valeur des milieux naturels.

 

La trame verte et bleue ? Elle fait partie du Plan métropolitain d’aménagement et de développement de la Communauté métropolitaine de Montréal. Son but est de protéger 17 % du territoire du Grand Montréal d’ici 2020, de sauvegarder les rives, le littoral, les plaines inondables, le paysage et le patrimoine bâti d’intérêt métropolitain, et finalement de mettre en valeur le milieu naturel, le milieu bâti et les paysages à des fins récréotouristiques.

 

Cinq projets ont été ciblés : le sentier cyclable et pédestre entre Oka et Mont-Saint-Hilaire, le parc-plage du Grand Montréal, le parc de la rivière des Mille-Îles, les corridors forestiers Mont-Saint-Bruno et Chateauguay-Léry.

 

Actuellement, seulement 4,8 % du territoire est protégé, alors que plusieurs milieux naturels pourraient et devraient l’être, en particulier dans la ceinture autour de Montréal. L’objectif de 17 % n’est pas farfelu : c’est une recommandation internationale et, comme il ne reste plus que six ans pour y parvenir, il est temps de passer à l’action.

 

Quant à l’agglomération montréalaise, elle n’a pas atteint son objectif de 6 % en 2013, mais elle n’en est pas loin avec 5,75 % d’aires protégées. Or, selon Coraly Deny, directrice générale du Conseil régional de l’environnement de Montréal, l’agglomération pourrait viser à dépasser les 6 %.

 

Par ailleurs, un budget de 150 millions de dollars a été alloué en janvier 2013 par le gouvernement du Québec et la Communauté métropolitaine de Montréal pour la réalisation de la trame verte et bleue.

 

Un cadre légal

 

Invités à exposer leur point de vue, la mairesse de Châteauguay, Nathalie Simon, et le maire de Sainte-Anne-des-Plaines, Guy Charbonneau, deux élus engagés dans la protection et la mise en valeur des milieux naturels, ont été bien clairs quant au manque criant d’argent et de cadre légal, dans les municipalités, pour soutenir leur démarche.

 

L’importance d’un cadre légal a été bien illustrée dans la présentation de Shelley Petrie, directrice de programme à la Friends of Greenbelt Foundation. L’adoption par le gouvernement ontarien du Greenbelt Act, en 2005, a assuré le succès de son établissement en fournissant un cadre légal et en lui conférant des frontières permanentes.

 

Cette ceinture verte a été créée pour freiner le développement urbain autour de Toronto et protéger les territoires agricoles, ainsi que les zones rurales, les sites patrimoniaux, les zones écologiques et hydrologiques sensibles.

 

Au Québec, l’enjeu de la trame verte et bleue du Grand Montréal se situe particulièrement au niveau municipal, où la volonté de préserver les milieux naturels n’est pas toujours évidente, puis dans la zone agricole, qui représente 57,5 % du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal.

 

L’action citoyenne

 

Le Mouvement Ceinture verte a profité du forum pour lancer une trousse d’outils citoyenne pour la protection des milieux naturels, une carte interactive, ainsi que la Déclaration des gardiens de la Ceinture verte. La trousse s’adresse à tous ceux qui se préoccupent de la protection des milieux naturels dans leur communauté. Elle a été créée pour aider à faire des gestes concrets afin de protéger un parc, une forêt ou un boisé menacé.

 

Quant à la carte interactive des boisés, elle regroupe un grand nombre de milieux naturels de la région et une liste de groupes voués à leur protection. Tandis que la Déclaration des gardiens de la Ceinture verte est un cri du coeur en faveur de la biodiversité de la région écologique du Grand Montréal.

 

À moins de deux mois des élections municipales et à moins d’un an de l’adoption des schémas d’aménagement par les MRC, le mouvement invite tous ceux qui se sentent interpellés par la question à signer cette déclaration. Les trois documents se trouvent sur les sites ceintureverte.org et davidsuzuki.org.

 

En vrac

 

La grande région de Montréal est composée de 26 % de forêt, de 6 % de milieux humides, et possède plus de 1600 espèces végétales, dont 47 essences d’arbre, la plus grande diversité sur le territoire québécois, des reptiles et des amphibiens parmi les plus rares. Elle comprend plus de 50 % des 455 espèces menacées ou vulnérables du Québec. À retenir : 4,3 milliards par année, c’est la valeur économique des services hydrologiques, biochimiques, biologiques et touristiques rendus par les milieux naturels du Grand Montréal.

 

La Journée de l’Arbre de la santé

 

Le 25 septembre marquait la sixième Journée de l’Arbre de la santé, un événement tenu en simultané avec la Journée nationale de l’arbre. Ce rendez-vous unique, qui souligne le lien entre la santé et l’environnement, est soutenu par les Médecins francophones du Canada (MFC) et le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec.

 

Le Dr François Reeves, cardiologue d’intervention et responsable du Groupe de travail sur la santé et l’environnement de MFC, en est l’instigateur. Lancée en 2007 à la Cité de la santé de Laval, cette journée est depuis célébrée aussi à Montréal, en Estrie, en Mauricie et en Montérégie. Afin d’attirer l’attention sur l’importance de la nature pour la santé, des arbres sont plantés sur les terrains d’établissement sanitaires dans ces régions.

 

Sur le blogue de la Fondation David Suzuki, Protéger nos milieux naturels… quelle importance ?, on trouve une entrevue avec le Dr Reeves : « Une multitude d’études scientifiques démontrent un effet cardioprotecteur global d’un milieu vert. Les milieux verts sont une incitation positive à l’activité extérieure. Les arbres captent bien sûr le CO2 et émettent de l’oxygène, mais ils ont un effet actif de purificateur d’air en dépolluant et métabolisant massivement les gaz et particules émis par les combustibles fossiles. »

 

 

Si vous avez des questions horticoles, écrivez à lgobeille@ledevoir.com

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BIBLIOTHÈQUE
 

Livre-jouet La ferme

Corinna Fletcher et Britta Teckentrup

Gallimard Jeunesse, 2012, 32 pages

 

Voilà un livre sur la ferme dont les enfants rêvent, un pop-up articulé qui se lit des deux côtés et qui se transforme en un plateau de jeu en 3D. Sur ce robuste plateau où se déploie une ferme solide, les petits de trois à six ans prendront plaisir à jouer avec les personnages en 2D.

Histoires de vergers
Serge Schall
Plume de carotte, coll. « Beaux livres de poche » 2013, 169 pages

Les éditions Plume de carotte nous ont habitués au grand format, mais voici un superbe livre de poche sur l’histoire des vergers. Il relate l’histoire et l’origine des fruits de la France et décrit les variétés anciennes, régionales et populaires. On y trouve aussi un chapitre sur la culture des fruits, le fruit aristocratique et bourgeois et la grande diversité fruitière. Un livre de passion, d’anecdotes et de souvenirs qui est illustré par d’excellentes photos et quelques vieilles gravures.

 

AU JARDIN CETTE SEMAINE

 

Les municipalités font souvent une distribution gratuite de compost à l’automne ; renseignez-vous auprès de la vôtre. Celle de la Ville de Montréal a lieu les 12 et 13 octobre, de 8 h à 16 h, au Complexe environnemental Saint-Michel, ainsi que dans d’autres endroits sur l’île. On s’y pointe avec pelle et contenant et une preuve de résidence.

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