L’hiver en vert

Le feuillage vert foncé et luisant d’Ilex X meservæ est remarquable et ses fruits rouges brillants attirent les oiseaux.
Photo: Gilles Murray Le feuillage vert foncé et luisant d’Ilex X meservæ est remarquable et ses fruits rouges brillants attirent les oiseaux.

Quand arrive l’automne et qu’autour de nous toutes les feuilles tombent, les végétaux qui persistent à les conserver, comme certains arbustes, impressionnent. En plus, pour notre grand bonheur, ils rendent moins grise la fin de la saison automnale tout en devançant le printemps. Voici trois feuillus qui passent l’hiver en vert.

 

Ilex X meserveae est un houx qui ressemble énormément à celui utilisé pour décorer la maison à Noël. Son feuillage vert foncé et luisant est remarquable et ses fruits rouges brillants sont décoratifs. Mais comme ils sont produits seulement sur les plants femelles, la plante étant dioïque, un plant mâle est nécessaire pour six plants femelles. Voilà pourquoi on trouve des cultivars, par exemple sous le nom de « Blue Prince », pour le plant mâle, et « Blue Princess », pour le femelle. En outre, les fruits sont très appréciés des oiseaux, mais attention, ils sont toxiques pour lesanimaux de compagnie lorsque consommés en abondance.

 

Pour réussir la culture du houx, on lui réserve un endroit protégé, ensoleillé ou à la mi-ombre, et on le plante dans un sol riche et humide, mais bien drainé et légèrement acide. Il est rustique en zones 4 et 5. Cet arbuste atteint environ 1,5 mètre de haut sur 1,25 de large. Autrefois, dans les pays celtiques, les druides considéraient le houx comme une plante sacrée, notamment en raison de son feuillage persistant qui, selon eux, hébergeait le soleil en permanence. Ainsi, une maison décorée de branches de houx permettait aux esprits de la forêt de trouver refuge durant les hivers rigoureux.

 

Sur notre continent, les Amérindiens de la côte Est croyaient que le houx repoussait les mauvais esprits. Les guerriers dotaient même chaque partie de la plante d’une signification : la rigidité de son bois représentait la résistance, les épines leur férocité et la longévité des feuilles, leur courage face à l’ennemi.

 

Mais d’où vient la tradition du houx dans le temps des Fêtes ? Selon les historiens, probablement des Romains, qui, durant les saturnales, offraient des bouquets de houx pour souhaiter longévité et santé. Ces célébrations, qui avaient lieu à la fin du calendrier romain, correspondent au mois de décembre.

 

Par ailleurs, les baies, le feuillage et l’écorce du houx ont plusieurs propriétés médicinales reconnues : stimulant, vomitif, tonique, laxatif, diurétique et décontractant. Finalement, savez-vous avec quoi est fabriqué le maté, cette boisson populaire dans toute l’Amérique du Sud ? Avec de l’Ilex paraguariensis. On dit de cette boisson qu’elle aurait la propriété d’accroître la vigueur intellectuelle.

 

Semblable au romarin

 

Une éricacée, au nom issu de la mythologie, l’Andromeda polifolia « Blue Ice » est un petit arbuste au port arrondi. Son singulier feuillage bleuté ressemble un peu au romarin, et au printemps, la plante se couvre de jolies clochettes blanches ou rose pâle. Comme toutes les éricacées, il demande un sol acide, mais en plus, il doit absolument être humide et riche en humus. Un truc pour conserver l’humidité du sol : mettre un paillis au pied de l’arbuste.

 

Selon Claire Bélisle, présidente de la Société des rhododendrons du Québec, on doit le protéger du soleil du midi et de la chaleur intense. L’espèce polifolia est une plante indigène du Québec, mais le cultivar « Blue Ice » lui a damé le pion avec son attrayant feuillage. Cette plante préfère un climat frais et se cultive jusqu’en zone 2b.

 

Un houx à feuilles composées?

 

Le mahonia à feuilles de houx, ou Mahonia aquifolium, est un splendide arbuste au feuillage persistant semblable à celui du houx, mais à feuilles composées. Attrayant pendant trois saisons. En plus, à l’automne, son feuillage s’enflamme et devient rouge ou bronzé. Ses fleurs printanières en épis sont petites mais abondantes et dégagent un agréable parfum de miel.

 

Les fruits bleu-vert sont comestibles mais rares au Québec. Par ailleurs, en Oregon, les colons en faisaient une sorte de vin. Quant au type de sol et à la lumière, cette plante est tolérante, mais le terrain devra être plus humide si elle est plantée au soleil. Cet arbuste qui provient de la Californie, de l’Oregon et de la Colombie-Britannique est à la limite de sa rusticité dans le sud de notre belle province (zones 4 et 5). Ainsi, une bonne couverture de neige est capitale pour sa survie.

 

Sa taille demeure restreinte, à environ un mètre. Les graines de la plante sont toxiques. En revanche, les racines et les drageons sont utilisés pour soulager les affections dermatologiques et comme toniques du foie et du système digestif.

 

Une liste d’arbustes aux feuillages persistants :

 

Arctostaphylos uva-ursi : zone 2

Buxus sempervirens « Mont-Bruno » : zone 4

Calluna vulgaris : si protégé, zones 4 à 2a ; si non protégé, zone 6

Cotoneaster adpressus : si protégé, zone 3b ; si non protégé, zone 5b

Euonymus fortunei : si protégé, zone 3a ; si non protégé, zone 5a

Gaulteria procumbens : zone 2

 

L’orchidée Phalaenopsis

 

Facile de culture et maintenant disponible à des prix abordables, le Phalaenopsis est l’orchidée la plus courante sur le marché. Mais… comment la faire refleurir ? Les Phalaenopsis amorcent leur floraison en jours courts, c’est-à-dire quand les nuits sont plus longues que les jours, comme à partir de maintenant. Aussi, leurs nuits doivent être plus fraîches que leurs jours, soit autour de 17 °C. Et, en même temps, on leur donne plus de lumière.

 

Dans ces conditions, vous devriez voir pointer une hampe en novembre et avoir des fleurs vers janvier-février. Un bon truc est de les coller au bord d’une fenêtre, car les variations de température et de luminosité y sont plus marquées. Toutefois, on oublie les fenêtres au nord, où l’intensité est trop faible.

 

 

Si vouz avez des questions horticoles, écrivez à lgobeille@ledevoir.com

 

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BIBLIOTHÈQUE
 

Inventaire des fruits et des légumes

Virginie Aladjidi et Emmanuelle Tchoukriel Albin Michel Jeunesse, 2010, 80 pages

 

Dans le style des naturalistes explorateurs des siècles passés, les dessins d’Emmanuelle Tchoukriel dépeignent avec précision la diversité des formes, des couleurs et des textures de 80 fruits et légumes. Tout simplement splendide, cet inventaire plaira aux enfants, mais aussi aux grands.

 

Grow Figs Where you think you can’t

Steven Biggs

No Guff Press

Alberta, 2012, 60 pages

 

Vous vous intéressez à la culture des figues ? Voici le livre dont vous avez besoin. Simple et sympathique, on trouve dans cette plaquette des trucs, des techniques et des anecdotes, ainsi que des conseils d’expert. C’est en anglais, mais au besoin, vous pouvez contacter l’auteur, qui maîtrise très bien le français écrit et parlé.

 

AU JARDIN CETTE SEMAINE

On donne une note saisonnière à notre décor avec les chrysanthèmes d’automne.

On choisit les plants dont les fleurs ne sont pas trop ouvertes pour en profiter le plus longtemps possible.

On commence à songer à la fermeture du jardin et à l’achat des bulbes.

Après une bonne gelée, déterrer les colocasias, les dahlias, les cannas et les glaïeuls pour les faire sécher et les entreposer à la température recommandée.

Voir ce site: lesbeauxjardins.com/jardinons/annuelles/conserverbulbes.htm

LE TEMPS DES CHAMPIGNONS

La saison des champignons bat son plein depuis la mi-septembre. Si vous avez envie de vous joindre à un groupe pour apprendre à les identifier, voici deux possibilités. D’abord, on peut devenir membre du Cercle des mycologues de Montréal et participer à ses sorties qui ont lieu toutes les fins de semaine : mycomontreal.qc.ca. Ou vous pouvez vous inscrire aux sorties organisées par Mycoboutique, le magasin général du champignon situé au 16, rue Rachel Est à Montréal.

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