Plus verte, la banlieue

Trois rencontres sont planifiées avec les résidants pour tout le projet qui transforme leur milieu de vie. David Garant, conseiller en aménagement au CEUM présente le projet Vert chez vous à Longueuil.
Photo: Centre d'écologie urbaine de Montréal Trois rencontres sont planifiées avec les résidants pour tout le projet qui transforme leur milieu de vie. David Garant, conseiller en aménagement au CEUM présente le projet Vert chez vous à Longueuil.
Le Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM) a transformé le quotidien de nombreux résidants d’habitations à loyer modique dans la métropole. Puis l’organisme a traversé le fleuve afin de contribuer à améliorer la qualité de vie de Longueuillois, avec le projet Vert chez vous.

Fort d’une solide expérience grâce à la réalisation, de concert avec l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM), du projet La Ville en vert, qui a permis le verdissement de 65 ensembles de HLM, le CEUM poursuit sur sa lancée avec Vert chez vous, un projet réalisé avec l’Office municipal d’habitation de Longueuil (OMHL). Le tout premier objectif : réduire les effets de la chaleur sur la santé des personnes âgées, des jeunes enfants et des familles.

Comme le verdissement est un moyen de créer des îlots de fraîcheur, une dizaine d’interventions vertes seront réalisées aux habitations de l’OMHL. Les travaux, qui ont commencé cet été et qui devraient se terminer à l’automne 2014, auront déjà permis la création d’un jardin communautaire, le verdissement de plusieurs zones bétonnées et un premier essai de stationnement écologique.

Les bienfaits du verdissement ont maintes fois été prouvés et chaque dollar investi dans ce domaine rapporte beaucoup. Un environnement végétalisé est apaisant, réduit le stress, augmente la productivité, rehausse la satisfaction et le bien-être, diminue l’agressivité et la violence et procure des espaces de loisirs. De plus, les jardins communautaires favorisent la socialisation et la sécurité alimentaire. Important, le verdissement ? Et comment !
L’approche du Centre d’écologie urbaine de Montréal, influencée par les principes d’écologie sociale, soutient une société juste, inclusive, écologique et démocratique. Lors d’interventions, l’approche de ses membres valorise la participation des citoyens aux décisions qui ont un impact sur leur milieu. Par exemple, pour tous les projets qui ont des répercussions sociales, comme ceux qui seront réalisés à l’OMHL, trois rencontres ont lieu avec les résidants sur une période d’environ six mois : une séance d’information, un atelier de design et un autre de validation.

Chaque fois, les résidants sont invités à donner leur opinion et à intervenir pour que l’aménagement convienne à leurs besoins et qu’ils se l’approprient. Quant aux sites techniques qui ont un impact moindre sur le milieu, une seule rencontre est nécessaire. L’équipe de verdissement et d’agriculture urbaine du CEUM qui travaille sur ce projet est composée de la chef Saleema Hutchinson, du conseiller en aménagement David Garant, de l’architecte du paysage Alexandre Guertin et de l’organisatrice communautaire Maryse Poisson, un personnel approprié pour ce travail particulier. En dernier lieu, un comité de gestion commun se rencontre tous les deux mois pour s’assurer que les choses se déroulent bien.
À Longueuil, donc, dans le cadre du projet Vert chez vous, trois sites « Change la vie » ont été créés : un sur la terrasse Georges-Jutras, un autre aux maisonnettes Berthelet et un autre encore aux Habitations Bienville. Au final, 170 arbres, 257 arbustes, plus de 200 vivaces et une cinquantaine de grimpantes auront été plantés. Dans le choix des végétaux, les indigènes obtiennent toujours la faveur, de même que ceux qui ont des fruits comestibles comme les mûriers, les groseilliers et les bleuetiers.

Enfin, un projet novateur sera conçu : un premier essai de stationnement écologique avec une bande de biorétention, au 620, rue Norbert. La bande de biorétention de ce site technique sert au déversement de l’eau de pluie et sera aménagée avec des graminées, des arbustes et des arbres. Vivement la multiplication de projets semblables !

Le Centre d’écologie urbaine de Montréal fait un travail extraordinaire. Il a amélioré la qualité de vie de plus de 5000 Montréalais et 500 Longueuillois. De plus, son approche alliant verdissement et démocratie participative, pour ce type de projet, est louable.
Le projet Vert chez vous s’est concrétisé grâce à un partenariat entre l’Office municipal d’habitation de Longueuil, l’Institut national de la santé publique du Québec et le Centre d’écologie urbaine de Montréal.

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Dans presque toutes les régions du Québec, on trouve une Société d’horticulture qui offre différentes activités. En général, les membres se rencontrent une fois par mois avec un conférencier, puis les gens échangent des informations, des trucs et des plantes. Devenir membre d’une société locale est une excellente façon d’acquérir des connaissances et de connaître les spécificités horticoles (zone, type de sol, insectes) de votre région et parfois de mettre la main sur des plantes originales.

Le mois de septembre, c’est la rentrée aussi pour ces sociétés, avec leur nouveau calendrier des activités et la liste des conférenciers. Pour trouver la société la plus près de chez vous, renseignez-vous auprès de la Fédération des sociétés d’horticulture et d’écologie du Québec : fsheq@fsheq.com.

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Au jardin cette semaine

Au potager, on récolte, on récolte et on récolte : c’est l’abondance en ce moment et il faut y retourner souvent pour cueillir à la maturité idéale.

Au jardin, les températures plus fraîches donnent envie d’entreprendre des travaux. C’est donc le temps d’ensemencer les pelouses, d’ouvrir une nouvelle platebande, de faire des plantations d’arbres, d’arbustes et de vivaces.

Dure, dure année pour la tache goudronneuse de l’érable de Norvège : beaucoup d’arbres sont gravement touchés et il n’y a pas de solution à proposer. En prévention pour l’année prochaine, on ramasse les feuilles infestées et on les envoie au compost industriel.

À voir et à entendre

Chaque dimanche, la Maison Saint-Gabriel propose des conférences sur divers sujets horticoles. Ce week-end, l’auteure de ces lignes est la conférencière. Le sujet : les arbrisseaux, ces arbres à petit développement qui sont un excellent choix pour les terrains restreints. La conférence de style informel se donne dans le potager de la plus vieille maison de ferme de Montréal. Au plaisir de vous y rencontrer ! Les arbrisseaux en aménagement, 8 septembre, de 12 h à 13 h, à la Maison Saint-Gabriel, 2146, place Dublin, Montréal.

Espace pour la vie, au Jardin botanique de Montréal, expose une œuvre inédite en collaboration avec les Jardins fruitiers de Laquenexy : une mosaïque de pommes représentant une œuvre colorée de l’artiste abénakise-wendat Christine Sioui Wawanoloath, Petite tortue fabrique le Soleil.

Pour votre bibliothèque

Cueillettes sauvages
Bernard Bertrand
Annie-Jeanne Bertrand
Collection « Terra curiosa »
Plume de carotte, 2013,
136 pages

Pendant des millénaires, les plantes sauvages ont été la base de notre alimentation, bien plus longtemps, en fait, que l’agriculture. De quatre à six millions d’années durant, nous et nos ancêtres n’avons consommé que des plantes que nous récoltions dans la nature. Ce n’est que depuis cinq à dix mille ans que nous les produisons. Aucune cause précise n’a eu raison de cette pratique, mais son association aux périodes difficiles et à une alimentation de survie et, surtout, l’arrivée de l’agriculture industrielle ont signé son arrêt de mort… temporairement. Car la cueillette des plantes sauvages a fait un retour avec la mouvance post-soixante-huitarde et continue de faire de plus en plus d’adeptes.

Trois raisons semblent dominer : le choix personnel, la recherche de saveurs nouvelles et le rééquilibrage alimentaire. Complètement en dehors du système économique, la cueillette est encore meilleure puisqu’elle n’a rien coûté et n’est pas taxée. De surcroît, selon les auteurs, les plantes sauvages, si on les compare lors d’analyses à leurs proches parentes cultivées, contiennent plus de protéines, de glucides, de lipides, de vitamines et d’éléments minéraux.

Cueillettes sauvages est un délicieux bouquin, magnifiquement illustré, où l’on découvre en première partie l’histoire culinaire des sauvageonnes, la façon dont elles ont acquis leur mauvaise réputation, les maintes raisons d’en manger de nos jours et des conseils pratiques pour la récolte. 

Puis, en deuxième partie, 46 plantes sont décrites avec leur intérêt alimentaire et leurs vertus médicinales. Précisons que certaines d’entre elles ne croissent pas à l’état sauvage au Québec mais peuvent y être cultivées.

Afin de donner des idées pour apprêter les belles récoltes, un joli livret de 16 pages proposant des recettes originales accompagne le livre.

À voir en vidéo