​Un après-midi au parc

Au magnifique parc du Bois-de-Coulonge à Québec, on peut observer deux styles d’aménagement paysager français et anglais.
Photo: Lise Gobeille Au magnifique parc du Bois-de-Coulonge à Québec, on peut observer deux styles d’aménagement paysager français et anglais.
Le parc du Bois-de-Coulonge, le Domaine Cataraqui et les potagers du parlement sont de beaux jardins à découvrir ou à redécouvrir dans la chic ville de Québec. Nous y avons fait un sprint de visites.

Le grand parc du Bois-de-Coulonge (24 hectares), magnifique, est géré par la Commission de la Capitale de Québec. Résidence du gouverneur Louis d’Aileboust au XVIIe siècle, l’endroit se nommait alors la châtellenie de Coulonge. Après la Conquête, celle-ci fut morcelée et les terrains furent acquis par des marchands de bois britanniques, qui pouvaient ainsi veiller sur le matériau flottant sur le fleuve, au pied de leur domaine.

Le parc est passé entre les mains de quelques propriétaires, mais le dernier, Henry Atkinson, aussi marchand de bois, marquera le plus son aménagement. Pour le conseiller, il fit même venir à Spencer Wood — l’endroit s’appelait ainsi à l’époque — un jardinier écossais nommé Peter Lowe.

De nos jours, les jardins sont constitués d’une section plus formelle et symétrique héritée du style français, avec une fontaine et des plates-bandes rectilignes qui longent les allées, et d’une section à l’anglaise avec des sentiers sinueux bordés de vivaces, de rhododendrons, de couvre-sols…

Il faut absolument se rendre au belvédère, où la vue sur le fleuve est imprenable, et de là, remonter par l’allée d’ombre vers l’arboretum, où l’on peut découvrir différentes espèces d’arbres : ginkgo, maackia, magnolia, etc. Depuis cette année, le parc possède un nouveau centre d’interprétation installé dans l’ancienne chaufferie des serres. Quelle bonne idée, car ainsi ce bâtiment et les deux superbes structures de serres couvertes de vignes sont mis en valeur. Le parc est situé sur une falaise de la Grande-Allée Ouest.

Par ailleurs, en 1849, Henry Atkinson fit construire sur son domaine le Spencer Cottage, aujourd’hui la Villa Bagatelle, sur le chemin Saint-Louis, qui possède aussi un petit mais joli jardin.

Le Domaine Cataraqui

Le Domaine Cataraqui, nettement plus petit (9,7 hectares) et moins connu que le Bois-de-Coulonge, vaut le déplacement particulièrement pour ses jardins potagers inaugurés l’année dernière. Cultivé dès les années 1850, l’immense potager du domaine avait été abandonné dans les années 1970. À partir des plans existants, les Urbainculteurs (un organisme à but non lucratif voué à la promotion du jardinage et de l’agriculture urbaine), à qui on a confié le mandat de faire renaître les 1400 mètres carrés de l’ancien potager, ont pu recréer celui-ci comme à son origine.

Pour ce qui est des légumes, ici se côtoient histoire et modernité, car les productions classiques de l’époque voisinent des productions plus nouvelles. Au centre d’une des sections du potager a été construite une pergola en saule formant un dôme ; des bancs y ont été installés nous invitant à prendre une pause.

Quant au domaine, il a été aménagé en 1831 par James Bell Forsyth, également un marchand de bois. Il y eut ensuite quelques autres propriétaires, dont la famille Rhodes jusqu’en 1972. Acquis par le gouvernement provincial en 1975, il est géré depuis 2002 par la Commission de la capitale nationale du Québec. Le Domaine Cataraqui est situé près du parc du Bois-de-Coulonge, sur le chemin Saint-Louis.

Les potagers de l’Assemblée

Au début de la saison ont été inaugurés les potagers de l’Assemblée, devant le parlement, une autre réalisation des Urbainculteurs très populaire auprès des touristes : 610 mètres carrés de plantes comestibles y ont été aménagés, autant en pleine terre qu’en pots. Composés de cinq sections thématiques et de plus de 130 variétés, on y présente une grande diversité de plantes à cultiver : légumes anciens et nouveaux, plantes médicinales, petits fruits, etc.

Dans les marches et sur le parvis sont présentés les trois sœurs (maïs, haricots, courges) en hommage aux cultures amérindiennes, un tout petit verger et d’autres aménagements comestibles : l’impact visuel est vraiment intéressant. Comme le dit Marie Eisenmann, cofondatrice des Urbainculteurs, « ce projet hautement symbolique illustre la reconnaissance du phénomène de l’agriculture urbaine et de ses nombreux bienfaits ».

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À VOIR

Les Mosaïcultures, au Jardin botanique de Montréal, sont à leur plus beau en ce moment ; cet événement exceptionnel se termine le 29 septembre. Pendant que vous y êtes, passez donc voir le Jardin de verre et de métal, original et inusité, de l’horticulteur reconnu Albert Mondor.

DANS LA BIBLIOTHÈQUE

Plantes de beauté
Chantal Pépin et Éric Gitton
Plume de carotte, coll. « Terra curiosa »
2013, 156 pages

Comme tous les livres des éditions Plume de carotte, Plantes de beauté est réussi ; c’est un réel plaisir de le regarder et de le lire. Il plaira particulièrement aux femmes ; d’ailleurs, plusieurs de mes copines sont tombées dedans pendant les vacances. Dans la première section, on présente 40 siècles de beauté : la cosmétique antique, les arbres à gomme, les fards, la chevelure, les yeux, etc. Par exemple, dans le chapitre sur les fards, on trouve leur histoire à travers le temps et on explique, entre autres choses, l’utilisation des fards à base de céruse, une fine poudre blanche, aussi appelée blanc de plomb, qui empoisonna des générations d’hommes et de femmes de l’Égypte ancienne.

Dans le chapitre sur la chevelure, on apprend que les soins capillaires étaient une préoccupation de tous les jours chez les pharaons. Et aussi que le premier remède contre la calvitie date de 4000 ans avant J.-C. La mère du roi Séti conseillait une mixture à base de dattes, de pattes de chien, de sabots d’âne, le tout broyé et cuit dans l’huile ! Bien documentée, cette section contient des histoires surprenantes.

Dans la deuxième section, on dresse le portrait de 44 plantes de beauté, dont l’abricotier, l’hibiscus, l’ortie, le romarin et la vigne. Pour chacune des plantes il y a une courte recette de grand-mère ; on donne aussi ses propriétés cosmétiques, les parties utilisées, une description botanique, son histoire : c’est informatif et utile.

Saviez-vous que Christophe Colomb emportait de l’Aloe en pot lors de ses voyages ? Que grâce à cette plante les marins de la Santa Maria, de la Punta et de la Nina ont été partiellement sauvés de la maladie et de la malnutrition ? Qu’il y a 800 ans, les fruits de l’argousier, qui sont antioxydants et anti-âge, étaient consommés par Gengis Khan pour fortifier son corps ?

Pour terminer, un joli petit fascicule, qui accompagne le bouquin, donne des recettes de beauté courtes et simples pour se faire des pieds heureux, de belles mains ou des cheveux au top.

DANS MON POTAGER

Voici ma première récolte de strophaires (Stropharia rugosa-annulata) dans mon potager! Au printemps dernier, j’ai écrit une chronique sur l’entreprise Violon et champignon qui en- courage cette culture et j’en ai profité pour l’essayer. Comme le champignon que j’ai intro- duit est un champignon vivace, les probabilités d’une récolte était plus faible cette année. Une belle surprise et ce n’est qu’un début.