De l'argent dans les coins de l'ombre

L’espèce Brunnera macrophylla «Jack Frost» est un classique dont les feuilles argentées sont parcourues de nervures vertes assez larges, créant un contraste attrayant.
Photo: Lise Gobeille L’espèce Brunnera macrophylla «Jack Frost» est un classique dont les feuilles argentées sont parcourues de nervures vertes assez larges, créant un contraste attrayant.
Quelques touches argentées ici et là illuminent immédiatement les coins les plus sombres du jardin. Bien que la majorité des plantes de la gamme argentée soient des végétaux de plein soleil, certaines d’entre elles s’épanouissent fort bien à l’ombre.

Les plantes argentées amènent de la lumière, mais elles mettent aussi en valeur les blancs et les pastels, et elles contrastent magnifiquement avec les verts. De même, l’argenté apaise et rafraîchit l’atmosphère. Il apporte également sobriété et modernisme. Les plantes vivaces argentées dont il est question possèdent des feuillages panachés, aiment l’ombre et préfèrent les sols au PH neutre, humides et riches mais bien drainés.

Les brunneras

En fleurs, Brunnera macrophylla ressemble beaucoup au myosotis, d’où son nom vernaculaire « myosotis du Caucase ». C’est au printemps que se développe, au-dessus des petites feuilles ovales, une multitude de hampes florales portant des fleurs bleues. Après la floraison, donc au début de l’été, apparaissent de nouvelles feuilles plus grosses et en forme de cœur. Comme plusieurs cultivars sont disponibles, et ce, dans différents tons et différentes panachures, voici les plus argentés : Brunnera macrophylla « Jack Frost », un classique dont les feuilles argentées sont parcourues de nervures vertes assez larges, créant un contraste attrayant ; puis Brunnera macrophylla « Looking Glass », au feuillage presque complètement argenté, sauf pour les fines nervures vertes qui le traversent.

Les deux cultivars sont des plantes de petit volume, ils atteignent environ 30 cm de haut par 35 cm de large et sont rustiques en zone 3. Afin de réussir leur culture, l’humidité du sol est essentielle, sinon leur feuillage brunit.

Les heuchères

Faciles de culture, les heuchères développent une rosette de feuilles assez basses et généralement persistantes, en forme de cœur ou de feuilles d’érable. Les tiges florales, fines et dressées, portent de petites fleurs discrètes qui ressemblent à des clochettes. Deux cultivars argentés ont retenu mon attention… Heuchera « Silver Scrolls » est une variété décorative autant pour son feuillage que pour ses fleurs. En forme de feuille d’érable, ses feuilles pourpres sont couvertes d’une couche de gris acier et ses nervures pourpres contrastent joliment. Ces boutons de fleurs roses s’épanouissent en délicates clochettes crème. Quant à Heuchera « Venus », particulièrement élégant, il a un feuillage argenté veiné de vert, aussi en forme de feuille d’érable, mais plus allongé. Les fleurs, perchées sur de longues tiges, forment un nuage de fleurs blanches rosées.

Les deux cultivars atteignent autour de 25 cm de haut par 35 cm de large, le deuxième étant légèrement plus étroit. Comme le feuillage est généralement persistant, on ne doit pas le tailler à l’automne. Ces plantes ont également, avec le temps, une drôle d’habitude : elles se soulèvent du sol. Un bon paillis aide à prévenir ce problème. Pour finir, elles sont rustiques jusqu’en zone 3.

Les pulmonaires

Fort jolies, les feuilles tachetées de certaines espèces de pulmonaires ressemblent vaguement à un poumon, d’où leur nom. D’ailleurs, au XVIIe siècle, selon la théorie des signatures qui prévalait à cette époque et qui repose sur le principe selon lequel les semblables soignent les semblables, cette ressemblance leur conférait des propriétés pour guérir les maladies des poumons.

Encore utilisée en phytothérapie, la plante posséderait plusieurs propriétés médicinales. Tel le brunnera, la pulmonaire a deux feuillaisons bien distinctes. D’abord, elle forme au printemps une première touffe de feuilles de petite taille et une abondance de fleurs en forme d’entonnoirs roses en bouton, tournant au bleu violet en s’ouvrant. Après la floraison, une nouvelle pousse de feuilles plus volumineuses vient couvrir les premières.

Voici deux cultivars au feuillage presque entièrement argenté… Lumineux, Pulmonaria « Majesté » a des feuilles étroites et épaisses couvertes d’un gris argenté et bordées d’une fine marge verte. Il est rustique en zone 3 et atteint 30 cm de haut par 60 cm de large, une bonne dimension. Puis, pour les amateurs d’arts martiaux, il y a Pulmonaria « Samourai », dont les longues feuilles étroites et argentées, marginées d’une fine bande verte, évoquent l’épée du samouraï. Celui-ci est rustique jusqu’en zone 4 et est davantage réservé, n’atteignant que 20 cm de haut par 40 cm de large. Comme les heuchères, les pulmonaires ne doivent pas être nettoyées à l’automne, car leur feuillage est persistant.

Comme le monde de l’hybridation roule passablement vite, si les cultivars mentionnés ci-dessus ne sont pas disponibles à la jardinerie, un conseiller devrait pouvoir vous proposer un substitut.

Autres plantes au feuillage argenté
  • Asarum splendens, de zone 5
  • Athyrium nipponicum metalicum, de zone 4
  • Cyclamen coum et Cyclamen hederifolium, de zone 5
  • Lamium Ghost, Lamium Beacon Silver et Lamium White Nancy, de zone 3
***

Mildiou de l’impatiens

Vos impatiens vous inquiètent? Dans la grande région de Montréal ont été observés plusieurs cas de mildiou de l’impatiens de walleriana — l’impatiente à fleurs simples et doubles bien connue en horticulture —, rapporte Michel Senécal, conseiller en horticulture ornementale au ministère de l’Agri- culture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Les symptômes sont les suivants : les feuilles des impatiens jaunissent et se recourbent vers le bas et, sous les feuilles, on remarque une sporulation blanche. Si l’infestation est importante, la plante perd ces feuilles et dépérit rapidement. Au cours des deux dernières années, cette maladie a connu une expansion fulgurante en Europe et aux États-Unis, et plu- sieurs États limitrophes du Québec ont été touchés. Malheureusement, les conditions climatiques fraîches et humides lui étant particulièrement favorables, ce champignon a fait son apparition cette année dans nos aménagements. Spécifique aux impatiens, cette maladie nommée Plasmopara obducens n’infecte toutefois aucun autre genre de plantes annuelles. Il est à noter qu’une espèce d’impatiente lui est tolérante, celle de Nouvelle-Guinée, ou Impatiens hawkeri. Quoi faire lors d’une infestation ? On élimine toutes les plantes affectées et on les jette à la poubelle: il n’y a pas d’espoir. En plus, on ne doit pas replanter d’Impatiens walleriana au même endroit les années suivantes, car il est probable qu’il reste dans le sol et les débris végétaux des oospores, une structure qui assure la survie du champignon pathogène pendant plusieurs années. Voici donc quelques suggestions d’annuelles de remplacement pour des endroits à l’ombre : d’abord, des plantes à fleurs — bégonia, impatiens de la Nouvelle-Guinée, lobélie et torénia —, puis des plantes à feuillage — bégonia, coléus, hypoeste et plectranthus.

***

Au jardin cette semaine

Avec toute la pluie que nous avons reçue cette année, les jardins sont luxuriants et touffus. Cette semaine, on prend le temps de les apprécier, de les admirer et de savourer nos légumes !

***

Pour la bibliothèque

Écoute les bruits des saisons: Mes premières découvertes
Delphine Gravier-Badreddine Gallimard Jeunesse 
Illustré par Henri Galeron, Donald Grant et Pierre-Marie Valat
Livre sonore, 2013, 16 pages

Un beau livre sonore dont la qualité du son est vrai- ment juste, à écouter et ré- écouter avec les tout-petits. De format moyen et car- tonné, il présente les quatre saisons avec de belles illustrations réalistes et simples.

L’herbier des drôles de petites bêtes: L'atelier des fleurs
Antoon Krings 
Hors Série Drôles de Petites Bêtes 
Gallimard Jeunesse Giboulées 
2013, 76 pages

Cet herbier entraîne les enfants de trois à six ans à la découverte des superbes fleurs du jardin des Drôles de Petites Bêtes. À chaque double page, la fleur, magnifiquement dessinée selon la tradition des botanistes du XVIIIe siècle, est accompagnée d’une petite bête. Sous les rabats, deux pages d’ateliers permettent d’apposer une fleur séchée et donnent les étapes pour la fabrication de la fleur avec du papier de couleur. C’est simple et le résultat est joli. Aussi, à la fin de l’ouvrage est présenté un atelier de pliage et de collage pour réaliser soi- même le nécessaire à ranger, à offrir ou à présenter les fleurs.

À voir en vidéo