Les artisans gourmands du Québec - Madame petits gâteaux

En ouvrant un salon de thé où se détendre en mangeant des petits gâteaux, Marie-Josée Lalonde a voulu créer un lieu de rassemblement rue Saint-Zotique.
Photo: Philippe Mollé En ouvrant un salon de thé où se détendre en mangeant des petits gâteaux, Marie-Josée Lalonde a voulu créer un lieu de rassemblement rue Saint-Zotique.

Impossible de manquer sa boutique, qui cligne d’un rose bonbon comme pour nous dire : rentrez donc ! C’est le fief de Marie-Jo, propriétaire de cette boutique de cupcake de la rue Saint-Zotique à Montréal. Marie-Jo, alias Marie-Josée Lalonde, est une ancienne prof devenue pâtissière par passion.


En entrant chez Les Petits Gâteaux de Marie-Jo, on remarque tout de suite la tenue exemplaire des lieux. Oui, le rose est à l’honneur et il se retrouve partout, du ruban d’emballage à la couleur du crémage sur certains petits gâteaux.

 

La belle aventure


Tout commence en 2011. C’est à ce moment que Marie-Jo attrape la piqûre du petit gâteau anglo-saxon, que la vedette du petit écran Martha Stewart a largement vanté et qu’on remarque aussi dans l’émission de télé Sex and the City dans les années 2000. Ce sont exactement les mêmes cupcakes qu’on retrouve dans la boutique de Marie-Jo.


Avant d’avoir pignon sur rue, c’est chez elle que Marie-Josée Lalonde fabriquait les petits gâteaux pour ses clients. À l’époque, c’était aussi déjà la mode des macarons à Montréal. Une sérieuse compétition s’installait pour devenir la nouvelle tendance du moment et détrôner les fameux biscuits Vachon. Mais Vachon est toujours vivant, et les cupcakes et les macarons se partagent la même dent sucrée des consommateurs.


Dans la petite boutique de Marie-Jo, rangée de façon quasi militaire, on retrouve de la jolie porcelaine, des supports étagés permettant de recevoir les douze variétés de cupcakes : à la confiture de lait, au citron, aux fraises du Québec, à la crème délicatement vanillée… Certains petits gâteaux sont même farcis, ou garnis, si vous préférez, d’un crémage délicat.


L’intention de Marie-Jo, au départ de l’aventure, était de créer un lieu de rassemblement rue Saint-Zotique, un salon de thé où se détendre en mangeant de petits gâteaux. Elle offre désormais le thé, à deux moments de la journée. Mais elle prépare aussi des pyramides de cupcakes pour les mariages ou des fêtes d’enfants.

 

L’origine du cupcake


Aujourd’hui, on trouve le cupcake, inspiré du quatre-quarts et du muffin, un peu partout dans les pâtisseries et salons de thé. Son nom viendrait de l’unité de mesure utilisée pour sa préparation : la tasse. Déjà, en 1796, on mentionne le cupcake dans un ouvrage intitulé A Cake to Be Baked in Small Cups. En français, il semble qu’on devrait plutôt dire « petits gâteaux », tout simplement, ou gâtelets pour désigner cette pâtisserie. Il faut avouer toutefois que le terme « cupcake » convient mieux.


Le succès du cupcake à Montréal n’est-il qu’une mode appelée à disparaître dans le futur ? Déjà, dans les grandes villes américaines, l’engouement pour ce petit gâteau semble s’estomper. Rien n’est moins sûr car, comme on le voit avec le macaron et le millefeuille, il y a chez les consommateurs québécois une certaine nostalgie des douceurs du passé.


En tout cas, la légèreté des petits gâteaux de Marie-Jo, les diverses crèmes utilisées, les composantes parfois exotiques, comme la noix de coco, la confiture de lait et le pamplemousse rose, devraient assurer la continuité de sa boutique.


Tout comme les macarons, le cupcake est un véritable succès à Montréal, un succès qui va bien au-delà des modes. Marie-Jo est vraiment dans l’ère du temps. Chez elle, le rose ne s’est jamais démodé.


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BIBLIOSCOPIE

Street Food

Yannig Samot

Éditions Hachette cuisine

Espagne, 2013, 143 pages

Pour tout savoir sur la nouvelle tendance, la cuisine de rue, voilà exactement l’ouvrage qu’il vous faut. Pizza, soupes, dim sums, bagels, tout est là pour vous donner le goût de manger dans la rue, et autre chose que des hot dogs.


Humeurs et découvertes - Festival de la gibelotte de Sorel-Tracy

Le Festival de la gibelotte de Sorel-Tracy est à peine commencé que les gens s’arrachent déjà les places. Du 5 au 13 juillet, pleins feux sur la région du Suroît et les festivités qui entourent cet événement couru. Simple Plan, Les Trois Accords, Marc Hervieux et Charlebois, pour ne citer qu’eux, seront de la fête. Mais surtout, côté gastronomie, on pourra compter sur la présence du jeune et talentueux chef Manuel La- marre, impliqué dans la région, qui revisite la recette classique de la gibelotte et offre cette année ateliers et dégustations. Bar à vins de la SAQ, conférences et une foule d’autres activités à ne pas manquer.
 
Rens. : 1 877 746-0283 ou info@festivalgibelote.qc.ca

 

Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l’entendre tous les samedis à l’émission Samedi et rien d’autre à la Première Chaîne de Radio-Canada.