Une rosiériste chevronnée

Hybridé par la Pépinière Lens Roses en Belgique, ce rosier arbustif porte le nom de Rosa «Mon amie Claire» en l’honneur de Claire Laberge, rosiériste.
Photo: Pépinière Lens Roses Belgique Hybridé par la Pépinière Lens Roses en Belgique, ce rosier arbustif porte le nom de Rosa «Mon amie Claire» en l’honneur de Claire Laberge, rosiériste.

Claire Laberge a passé sa vie dans les roses, surtout au Jardin botanique de Montréal, mais aussi à Rideau Hall, à Ottawa, et dans les expositions. Partout où elle passe, elle laisse sa marque et transforme le décor à grands coups de Rosa rugosa, de Rosa gallica ou de Rosa floribunda. Après avoir passé 24 ans à la tête de la roseraie du Jardin botanique, la rosiériste est une référence dans le domaine, au Québec et ailleurs. Cette roseraie, qui a gagné prix et reconnaissance, lui doit en grande partie ses mérites.


Quelques mots sur cet endroit magnifique qu’elle a chéri si longtemps. En 1976, Gaétan Bilodeau, architecte du paysage, conçoit la roseraie tel un parc floral. De chaque côté des sentiers, les plates-bandes de roses longent avec fluidité les arbustes, les conifères et les arbres remarquables. Quelque 220 variétés d’hybrides de thé, de floribundas et de grandifloras se côtoient dans maintes plates-bandes aux courbes sinueuses.


C’est en 1992 que Mme Laberge planifie, développe et aménage un espace collection à l’extrémité nord de la roseraie. Bienvenue, cette section y apporte un riche volet éducatif car elle présente les rosiers historiques, les rosiers anciens et une excellente collection d’espèces.


De même, les rosiers modernes ne sont pas en reste puisque 500 variétés des séries Explorer et Parkland d’Agriculture Canada y sont présentées. Quant au spectacle, il commence à la fin de mai, quand plus de 10 000 rosiers, dont 1000 espèces et variétés, colorent le paysage et nous enivrent de leurs effluves.


Prix et reconnaissances


D’abord, en 2003, la Fédération internationale des sociétés de roses a remis à la roseraie un Award of Garden of Excellence pour sa remarquable beauté, mais aussi pour la diversité de ses collections et sa valeur éducative. Puis, en 2008, le North American Plant Collections Consortium a donné un statut de collection de référence à la collection d’espèces, qui a été assemblée grâce à des techniques de semis in vitro développées par Mme Laberge et Denis Lauzer, de l’Institut de recherche en biologie végétale. Actuellement, la collection est composée de 115 espèces sur les 140 répertoriées.


Conseils de culture


Bien choisir l’endroit où planter un rosier est important : il doit être aéré et avoir un minimum de six heures d’ensoleillement par jour. Le pH du sol doit être neutre et, lors de la plantation, on l’ameublit et l’amende avec 4 à 5 cm de compost. On plante les rosiers, vendus les racines nues, tôt au printemps. Un petit truc : si le plant semble déshydraté, on le fait tremper pendant 24 heures dans l’eau, à l’ombre.


Avant la plantation, on prépare un mélange de terre et d’eau dans lequel on trempe le système racinaire. Cette pratique porte le joli nom de pralinage ; elle réduit le choc de la plantation. Puis, on procure une assurance vie aux rosiers en enterrant le point de greffe de 5 cm en zone 5 et de 10 cm en zone 3.


Par ailleurs, afin de diminuer le choc de la transplantation, on déplace les vieux rosiers tôt au printemps, avant que les bourgeons ne débourrent. Avant de bouger le plant, on le rabat de moitié et on le cerne. Tous les types de rosiers se taillent tôt au printemps, avant que les bourgeons ne débourrent. Par contre, chacun a une taille spécifique. Pour favoriser une nouvelle floraison, on supprime les fleurs fanées sur les rosiers remontants. On taille au-dessus d’une vraie feuille qui se compose de cinq folioles, car celle-ci porte à son aisselle un bourgeon de tige florale.


La même technique s’applique lorsqu’on récolte des fleurs. Parfois, le porte-greffe émet des drageons, qui portent des feuilles plus petites et plus dentées. On doit les éliminer à leur point d’origine. Quant à la protection, seulement les hybrides de thé, les floribundas et les grandifloras doivent être couverts d’un cône de mousse de polystyrène. Finalement, un bon apport annuel de compost contentera les rosiers et évitera d’avoir à les fertiliser.


La lutte intégrée


Autre époque, autres pratiques… Avant 1995, dans la roseraie, plus de 16 différents pesticides étaient régulièrement vaporisés. Maintenant, il n’y en a plus que deux, qui en plus sont beaucoup moins toxiques ! Pourquoi ? La mise au point d’un plan de lutte intégrée par Mme Laberge et Régent Harvey, responsable de la phytoprotection au Jardin botanique, a permis d’abaisser de 90 % les applications de pesticides. Les plantes, l’environnement, les jardiniers ainsi que les visiteurs ne s’en portent que mieux.


Qu’est-ce que la lutte intégrée ? Une approche diversifiée pour le contrôle des maladies et des insectes, basée sur les méthodes culturales et le dépistage. Voici des informations pratiques pour vos rosiers qui sont issus de ce plan.


Premièrement, le bicarbonate de potassium mélangé avec du savon insecticide est la meilleure solution de rechange aux fongicides et insecticides. Mentionnons que le bicarbonate de soude donne aussi de bons résultats. Pour être efficaces, des traitements préventifs sur les cultivars sensibles doivent être réalisés de la mi-mai à la fin de septembre. De là l’importance de choisir des cultivars résistants ! Deuxièmement, on peut également prévenir le mildiou avec une vaporisation d’antitranspirant au mois d’août. Troisièmement, on applique un insecticide seulement au besoin.


Le Jardin du patrimoine canadien


Le Jardin du patrimoine canadien, à Rideau Hall, a été réalisé à la mémoire de nos ancêtres et de nos traditions démocratiques. Jardin- roseraie, il a été créé en 1992 par l’architecte Alvin D. Regehr pour souligner le 125e anniversaire de la Confédération et a été inauguré en 2000. Chaque cultivar représente nos ancêtres et nos traditions démocratiques et a fait l’objet d’une recherche historique approfondie par Claire Laberge.

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Mosaïcultures en coulisse

Pièce monumentale, le Phénix, un oiseau légendaire d’une grande longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître, a été réalisé par la Ville de Pékin. La structure, fabriquée en Chine, a été envoyée par bateau. Puis, une dizaine de Chinois sont venus ce printemps pendant plusieurs jours l’installer et la planter. Chaque semaine, jusqu’au 22 juin, début des Mosaïcultures internationales de Montréal, nous vous présentons le making of d’une des œuvres qui y seront présentées.


Dans la bibliothèque

Les hydrangées

Denis Bernard

Éditions du Sommet

2013, 351 pages


Ce livre sur les hydrangées s’adresse particulièrement aux jardiniers qui en sont férus. Néanmoins, le simple jardinier y trouve beaucoup d’instructions de culture. Horticulteur d’expérience, Denis Bernard a publié un livre qui couvre maints aspects: botanique, lieux d’origine et espèces, culture, entretien et description des espèces et des cultivars. Le chapitre sur les cultivars et espèces collige une mine d’informations intéressantes et, en plus, il est bien illustré. Il deviendra sûrement une référence en la matière.

Toutefois, les chapitres sur la botanique, les espèces et les lieux d’origine et la culture et l’entretien auraient gagné à être plus succincts et à présenter plus de tableaux. Une erreur de l’éditeur est franchement dérangeante: la pagination de la table des matières est erronée.
 

Au jardin cette semaine

Avec toutes les pluies que nous avons eues dernière- ment, il faut surveiller les limaces et les escargots. On les éloigne de nos plantes avec des coquilles d’œuf ou on les élimine avec des appâts à limaces à base de fer ou de bière. Pour cette dernière, on en verse un peu dans une sou- coupe où ces chers mollusques viendront se noyer. Les températures fraîches et humides de ce printemps ont au moins l’avantage de réduire le choc de la trans- plantation. Donc, on se per- met encore de transplanter des végétaux qui ont un feuillage plus épais, sauf les iris et les pivoines qui, eux, sont transplantés en août.

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