Chevrolet Spark - Plus petite, mais pas moins chère

C’est en ville que l’on apprécie le plus la Chevrolet Spark puisqu’elle se faufile partout et qu’on peut la garer facilement.
Photo: Philippe Laguë C’est en ville que l’on apprécie le plus la Chevrolet Spark puisqu’elle se faufile partout et qu’on peut la garer facilement.

Après avoir longtemps boudé les petites voitures, les constructeurs américains redécouvrent les vertus du « small is beautiful ». Remarquez, ils n’ont pas eu le choix : l’invasion de l’Irak en 2003, Katrina en 2005 et la récession de 2008-2009 sont autant de facteurs qui ont contribué à cette reconversion. Les deux premiers ont eu un impact sur le prix du pétrole et le troisième, sur le portefeuille des consommateurs, surtout aux États-Unis. Ajoutez à cela les nouvelles normes environnementales - américaines et européennes - qui obligent tous les constructeurs à diminuer leur consommation globale et vous avez l’explication de la soudaine prolifération de petites voitures chez les constructeurs américains.

Comprenons-nous bien, ils ne se sont pas métamorphosés pour autant ; ils ont plutôt élargi leur offre, en comblant des vides dans les catégories inférieures. Au début de la présente décennie, Ford et Chrysler n’avaient pas de sous-compacte tandis que GM faisait de la figuration avec ses médiocres Chevrolet Aveo et Pontiac Wave. Trois ans plus tard, Ford a fait traverser l’océan à sa petite Fiesta et Chevrolet a remplacé l’Aveo par la Sonic. Cette année, GM va encore plus loin et devient le premier constructeur de Detroit à proposer une micro-voiture : la Spark.

 

Économie relative


Plus petite que les sous-compactes que nous connaissons (Fit, Yaris, Fiesta, Accent et compagnie), la Spark a dans sa mire la Smart Fortwo et la Scion iQ. On pourrait ajouter la Fiat 500, mais cette dernière chevauche les deux catégories. Première bizarrerie : malgré leurs dimensions inférieures, ces micro-voitures sont aussi chères, sinon plus, que les sous-compactes, ce qui annule - ou atténue, à tout le moins - les économies à la pompe.


Dans son dossier de presse, GM compare les prix respectifs d’une Spark, d’une Scion iQ et d’une Fiat 500 Pop, toutes trois équipées d’un climatiseur et d’une boîte automatique. Dans l’ordre : 17 215 $, 18 439 $ et 17 055 $. On est loin de l’aubaine.


Quatre vraies places


La Spark a cependant un avantage de taille sur la Scion iQ et la Smart Fortwo : elle propose quatre vraies places. La Smart est une biplace tandis que la pseudo-banquette arrière de l’iQ pourrait être utilisée pour torturer des détenus à Guantánamo. La Fiat 500 n’est guère plus généreuse à l’arrière. Autre avantage de la Spark : c’est la seule cinq portes du groupe. Bien sûr, la Fiat 500 L s’ajoutera sous peu, mais ses dimensions ne seront plus celles d’une micro-voiture.


Donc, cinq portes (y compris le hayon arrière) et quatre places. Pour un gabarit moyen comme l’auteur de ces lignes (1,75 m ou 5 pi 8 po), l’espace pour la tête et les jambes à l’arrière est compté, mais suffisant. Dans une si petite voiture, c’est remarquable, mais il a bien fallu sacrifier quelque part, et c’est le compartiment à bagages qui écope. Néanmoins, avec sa capacité de rangement de 323 litres, la Spark devance, et de loin, la Scion iQ (99 litres), la Smart (220 litres) et même la Fiat (269 litres). L’écart est encore plus grand avec le dossier arrière incliné.


Le système d’infodivertissement MyLink brille par sa convivialité, en plus de permettre à son ou sa propriétaire d’être littéralement branché(e) sur sa voiture. La clientèle cible, résolument jeune, appréciera, mais les quasi-quinquagénaires comme moi aiment bien quand c’est facile à comprendre, ce qui est le cas ici. Bravo ! Autre bon point : l’abondance de coussins gonflables (dix), qui devrait rassurer ceux et celles qui ont peur des petites voitures.


La plus confortable des minis


Et le confort ? Pas si mal, ma foi. Évidemment, il faut revoir ses attentes à la baisse : une sous-compacte, c’est une Cadillac à côté d’une micro-voiture ! Comparons des pommes avec des pommes : la Spark est moins confortable, globalement, qu’une Fiat 500, mais infiniment plus qu’une Scion iQ. La Smart ? On n’en parle même pas, c’est une voiturette de golf avec des portières.


La Spark est plus confortable que ses petites rivales et elle tient mieux la route. C’est toutefois en ville qu’on l’apprécie le plus : elle se faufile partout et on peut la garer n’importe où. Son court rayon de braquage facilite grandement les manoeuvres. De plus, la visibilité est bonne sous tous les angles ; pour une fois, elle n’a pas été sacrifiée sur l’autel du design.


La douceur de roulement d’une Spark est acceptable, et les longs trajets ne s’apparenteront pas à un chemin de croix, surtout si l’on est assis à l’avant. Ce qui est moins acceptable, c’est la piètre insonorisation de l’habitacle. D’une part, parce que Chevrolet nous a habitués à mieux, notamment avec son petit Trax ; et d’autre part, parce que notre véhicule d’essai coûtait plus de 20 000 $. D’accord, il était bien équipé, mais, à ce prix, on est en droit de se montrer exigeant. Et l’omniprésence du plastique à l’intérieur ne fait rien pour adoucir la pilule.


Petite auto, petit moteur


Et petites performances, pourrait-on ajouter. Petite consommation, aussi, ce qui est le plus important. Le microscopique 4-cylindres de 1,2 litre génère 85 chevaux, soit une dizaine de moins que la Scion, mais 15 de plus que la Smart. Les performances se situent d’ailleurs entre les deux : ce n’est pas un veau, mais ce n’est pas nerveux non plus. Cela dit, la Spark, contrairement à une Smart, n’a aucune difficulté à atteindre et maintenir la vitesse de croisière sur l’autoroute.


La consommation varie d’un gros litre aux 100 kilomètres si on roule à vitesse tolérée (120 kilomètres-heure) plutôt qu’à vitesse permise (100). À 120, ça se maintient autour de 6 litres aux 100. C’est mieux que la Scion iQ, mais ce n’est pas exceptionnel non plus : d’une micro-voiture, on espère une micro-consommation. Certaines hybrides font mieux et on ne peut regretter l’absence de ce type de motorisation pour la Spark (ou encore, un diesel).


L’antique boîte automatique à quatre rapports ne l’aide pas : deux rapports supplémentaires amélioreraient son rendement écoénergétique, et pas qu’un peu ! Encore une fois, avec un prix de départ à plus 17 000 $, on est en droit de s’attendre à plus. Dans une voiture dont la raison d’être est l’économie de carburant, cette transmission est une aberration.


Conclusion


La Spark m’a laissé mi-figue mi-raisin. Sur une note positive, c’est la plus intéressante des micro-voitures : la plus spacieuse, la plus confortable et, par le fait même, la plus agréable à utiliser au quotidien. Toutefois, à plus de 17 000 $ (et plus de 20 000 $ pour l’exemplaire à ma disposition), c’est bien cher payé pour une si petite voiture. À ce prix, on peut avoir une sous-compacte coréenne tout équipée (Accent ou Rio) ou une japonaise correctement équipée (Fit, Yaris, Mazda2) ou encore, une Ford Fiesta. Personnellement, je prendrais n’importe laquelle de ces sous-compactes avant une Spark.


 

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