C’est du sport ! - Plein le casque

Nous décrivîmes mardi le rapport au bon vieux temps entretenu par les bagarres générales dans le hockey sur glace professionnel, et nous omîmes deux ou trois détails d’intérêt. En fait, nous ne les tûmes pas volontairement, mais par manque d’espace, de même que pour nous fournir l’occasion de procéder à une entrée en matière contenant un nombre franchement déraisonnable de conjugaisons à la première personne du pluriel et au passé simple de verbes du troisième groupe.

Par exemple, il existe une différence fondamentale entre aujourd’hui et naguère. Il s’agit bien sûr du casque protecteur et de sa petite soeur la visière. Avant, quand un porte-couleurs se montrait désireux de geler un adversaire, il suffisait de laisser tomber les gants et on disposait d’un accès direct à la boîte crânienne de son vis-à-vis. Maintenant, à moins que les deux belligérants ne conviennent de se découvrir le chef au préalable, les risques sont plus grands de s’esquinter les paluches que de donner à l’autre des motifs sérieux de croire qu’il perdra sous peu la carte.


De là à soutenir que c’était bien mieux quand ils jouaient avec pas de casque, il n’y a qu’un petit pas, que nous franchissons avec un plaisir d’autant moins coupable que cet état de fait présente un corollaire : pas de casque, pas de visière. On imaginerait en effet assez mal qu’un gars porte une visière alors même qu’il n’aurait pas de casque, ça se peut toujours, comme dans le cas apparenté des lunettes de ski ou des goggles de natation, mais au hockey, il aurait l’air un peu à côté de ses lames.


Par ailleurs, on notera qu’autrefois, il ne se trouvait pas grand monde pour réclamer l’abolition des bagarres, un intellectuel de gauche par-ci par-là et quelques drogués tout nus aux cheveux longs qui croyaient pour de vrai à la paix dans le monde. De nos jours, le phénomène est plus répandu, certes, mais il était impossible de ne pas songer à part soi, dimanche soir, que l’antibataille devait se sentir bien seul vu l’enthousiasme unanime manifesté par la Place Banque Scotia lorsqu’une mêlée générale se déclara. C’est que l’individu peut toujours émettre des réserves à propos de la violence sportive, il profitera relativement rarement de son déploiement pour aller se chercher une petite froide au frigo.


Et puis tenez, puisqu’il est question de casque, rien à voir avec ce qui précède, mais vous savez peut-être combien cette rubrique raffole des études, surtout celles qui sont réalisées en laboratoire. Or, voici qu’une étude effectuée à l’Université Virginia Tech et dont les conclusions sont révélées dans la dernière livraison du Journal of Neurosurgery, auquel il est extrêmement facile de s’abonner, établit à l’aide machines complexes que les casques de football modernes protègent davantage la tête que les casques de cuir des années 1930.


Bon, évidemment, des esprits chagrins feront valoir que le principal problème réside dans l’utilisation du casque comme arme offensive et que protéger le crâne et protéger le cerveau ne sont pas la même chose, mais on dit quand même merci la science.

 

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Il y avait un petit bout de temps que nous n’avions eu des nouvelles de Dennis Rodman, l’ancien basketteur qui s’est payé une visite en Corée du Nord il y a peu et en a profité pour faire copain copain avec Kim Jong-un, un autre intellectuel de gauche, modéré celui-là.


Rodman en appelle donc à son ami pour la vie pour qu’il libère Kenneth Bae, l’Américain condamné à 15 ans de travaux forcés pour avoir « entretenu de l’animosité envers la République populaire démocratique de Corée » et « conspiré pour renverser le régime ».


Rodman a donc écrit sur Twitter : « J’en appelle au Leader Suprême de Corée du Nord, ou Kim comme je l’appelle, de me faire une faveur et de libérer Kenneth Bae. » Entre vous et moi, ça devrait marcher.

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