C’est du sport ! - Le creux de la vague

Allons droit au but : un furieux débat de société comme on les affectionne secoue actuellement la capitale des États-Unis. Et non, il ne s’agit pas d’armes à feu, ni d’invasion de la vie générale de la part du gouvernement fédéral, ni même de l’opportunité de rebaptiser enfin les Redskins de Washington, une appellation antédiluvienne perçue à juste titre comme injurieuse à l’endroit des autochtones et dont on ne peut même pas commencer d’essayer de tenter de justifier qu’elle ait été choisie pour honorer les Premières Nations comme le font valoir de temps à autre les Braves d’Atlanta, Indians de Cleveland et autres Blackhawks de Chicago. Si l’offense était faite à une quelconque autre minorité, vous pourriez parier votre menue monnaie que le changement serait prompt et qu’on ne mettrait pas cela dans le même bain que les Vikings du Minnesota qui insultent les Scandinaves, les Celtics de Boston qui se moquent des Irlandais, et les Yankees de New York qui ridiculisent les Américains.


Non, messieurs dames, c’est beaucoup plus grave que cela. Il s’agit de la vague.


Parfaitement, la vague, comme dans les spectateurs au Nationals Park, domicile de l’équipe de baseball du même nom qui dépeint sous un sombre jour les nationaux, qui se lèvent et haussent les bras au ciel en succession, l’une des pratiques humaines les plus ridicules jamais inventées. Voilà du moins ce que croit le mouvement Kill the Wave, qui cherche à faire en sorte que la vague qui déferle régulièrement sur le stade disparaisse une fois pour toutes.


Les arguments des opposants sont multiples. La vague, font-ils valoir, est une source de distraction pour les joueurs. Elle marque un manque de respect pour le jeu puisqu’elle déplace l’attention du terrain vers les gradins. Elle agace quantité de spectateurs qui veulent regarder le match qu’ils ont, pour le voir, payé le fort prix. Souvent, elle est faite au mauvais moment - en fait, il n’y a jamais de bon moment, mais il en est de pis que d’autres -, quand par exemple l’équipe locale est en défensive ou lorsque le score est serré en fin de rencontre. Et puis, dit Kill the Wave, quand vous faites la vague, vous avez l’air d’un imbécile fini, et vous n’en avez pas que l’air, puisque vous la faites.


Des joueurs des Nationals ont été appelés à se prononcer sur la question, et ils apparaissent partagés. Le mouvement, lui, tente d’organiser des sections entières du stade afin de tuer les vagues avant qu’elles ne prennent de l’ampleur. On pourrait lui dire que Washington n’est peut-être pas si mal pris que ça. Après tout, ici même à Montréal P.Q., il est fréquent de voir des vagues au tennis, à la Coupe Rogers.


L’affaire se poursuit, et il ne serait pas étonnant de la voir se transporter au Congrès des États-Unis, dont il appert qu’il n’a pas grand-chose par les temps qui courent à leur perte.


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Parmi les nombreuses réactions à la sortie de placard, lundi, du basketteur Jason Collins, celle de l’attaquant des Kings de Los Angeles Dustin Penner vaut la peine d’être mentionnée. Sur Twitter, le jeune homme a écrit : « Sincèrement, je me fous que mes coéquipiers soient gais ou hétéros. Tant qu’ils n’écoutent pas du Nickelback. »


La prochaine fois, nous verrons que dans les séries éliminatoires pour l’obtention de la Coupe Stanley, tous les matchs sont importants même si, étrangement, il n’y a pas de joutes de quatre points.