Volkswagen Golf 2015 - Vraiment nouvelle, cette fois

Les acheteurs canadiens ne pourront se procurer la nouvelle Golf avant le printemps 2014, puisque Volkswagen travaille sur des mécaniques exclusives au marché nord-américain.
Photo: Antoine Joubert Les acheteurs canadiens ne pourront se procurer la nouvelle Golf avant le printemps 2014, puisque Volkswagen travaille sur des mécaniques exclusives au marché nord-américain.

Vous en conviendrez, Volkswagen a excellé, ces dernières années, dans l’art de dérouter les consommateurs avec sa Golf. Après l’avoir momentanément renommée Rabbit en Amérique du Nord (comme dans les années 1970), pendant qu’on continuait à commercialiser le modèle précédent sous le nom de Golf City, on est revenu au nom Golf en 2010 et on a mis fin du même coup à l’expérience de la Golf City, qui consistait à offrir une Golf au rabais. Ouf…

Cette sixième génération était franchement très semblable à la Rabbit qui l’avait précédée. Et du coup, on tentait aussi de convaincre la clientèle que la Golf était désormais un modèle plus haut de gamme que la Jetta, alors qu’il en avait toujours été autrement dans le passé. Ouf (bis)…


Il faut dire que sur le Vieux Continent, la Golf a meilleure réputation et se vend mieux que la Jetta, perçue là-bas comme une automobile sans saveur, un peu comme notre Toyota Corolla. Bien sûr, les choses sont différentes de ce côté de l’Atlantique, alors que la Jetta est plus en vogue que jamais. Et puisque tout roule rondement pour cette berline, il est maintenant temps de redonner à la Golf son lustre d’antan.


Avant-première


C’est lors d’un cours périple sur la Côte d’Azur, alors que Volkswagen nous conviait pour l’essai de la nouvelle Beetle décapotable, que j’ai aussi pu mettre à l’essai cette septième génération de la Golf, déjà commercialisée en Europe. Réglons tout de suite la question : les acheteurs canadiens ne pourront s’en procurer une avant le printemps 2014. Et elle portera le millésime 2015. Pourquoi en est-il ainsi ? D’abord parce que l’usine de Silao, au Mexique, où les Golf vendues en Amérique seront assemblées, prépare actuellement ses installations pour accueillir la production de ce modèle, mais aussi parce que Volkswagen travaille toujours sur des mécaniques qui seront exclusives à notre marché.


Plus grosse… mais plus légère


Sachez d’abord que la Golf VII est repensée de fond en comble. Elle reçoit une nouvelle plateforme appelée MQB, ainsi qu’une carrosserie entièrement remodelée pesant 23 kilos de moins que la précédente, notamment grâce à l’utilisation d’acier à très haute résistance. Ceci dit, plus légère ne signifie pas plus compacte, puisque la voituregagne en volume à tous égards. Sa silhouette traditionnelle, plus gracieuse, mais certes pas révolutionnaire, permet d’identifier le modèle sur-le-champ.


Marché oblige, la Golf ne nous sera offerte qu’en version cinq-portes et familiale. La version trois-portes, dont les ventes sont marginales chez nous, sera reléguée aux oubliettes. En fait, seule la sportive GTI sera proposée en version à trois et cinq portes.


Évolution tranquille


Plus spacieuse que sa devancière, particulièrement aux places arrière, la future Golf propose un habitacle où règnent la sobriété et le bon goût, dans la plus pure tradition de la marque. Les différents matériaux utilisés se marient bien, la finition est impeccable et, encore une fois, les habitués de la marque ne seront pas dépaysés lorsqu’ils s’installeront derrière le volant. Le tableau de bord est plus agréable à l’oeil que le précédent et sa console centrale légèrement inclinée vers le conducteur améliore l’ergonomie. Les garnitures noires laquées sont du plus bel effet, quoiqu’on ne puisse confirmer si celles-ci seront offertes chez nous. Mais dans l’ensemble, les changements n’ont rien de draconien.


Parmi les nouveautés de la Golf VII, nouvelles caractéristiques, mentionnons la caméra de recul grand-angle et le frein à main électrique. Les sièges, redessinés et plus légers, proposent un confort exceptionnel, tout le soutien nécessaire ainsi que de multiples ajustements, permettant ainsi d’optimiser la position de conduite. Et même si les modèles essayés n’en étaient pas dotés, il y a fort à parier que les Golf nord-américaines seront offertes avec une chaîne audio Fender qui décoiffe !

 

Bye, bye, 5-cylindres


Le moteur à cinq cylindres de 2,5 litres servi à toutes les sauces chez Volkswagen aura été d’une grande fiabilité, mais, disons-le, pour le raffinement, la discrétion et la consommation d’essence, on a déjà vu mieux. Volkswagen a donc conçu un nouveau quatre-cylindres de 1,8 litre à injection directe, suralimenté par un turbocompresseur, qui fera office de motorisation de base. Développant 170 chevaux, comme l’actuel 5-cylindres, il devrait permettre une économie de carburant de plus de 20 % par rapport à celui-ci, tout en offrant un rendement globalement plus raffiné.


Pour notre part, nous avons pu conduire une Golf à moteur 1,4 litre turbocompressé de 150 chevaux, couplé à une boîte manuelle à six rapports, et cette combinaison s’est révélée très agréable. Hélas, ce beau petit moteur ne sera pas homologué pour notre marché, Volkswagen jugeant la puissance de ce moteur un peu juste par rapport aux attentes des acheteurs nord-américains. C’est pour le moins ironique quand on songe que la Jetta de base a encore recours à l’infatigable 2 litres, qui, fort de ses 115 chevaux, est à bout de souffle, en plus d’être grognon. Sa place est au musée et son remplacement par le 1,4 litre turbo serait le bienvenu, mais les hautes instances en ont décidé autrement. Il faut dire que le vétuste 2 litres ne coûte rien à produire, ou presque…


La Golf nord-américaine pourra recevoir deux autres moteurs que nous connaissons déjà : un 2 litres turbodiesel (TDI) à injection directe, dont la puissance sera majorée à 150 chevaux, ainsi qu’un 2 litres turbo de 210 chevaux, réservé exclusivement à la GTI. Rien ne change côté transmissions : la boîte manuelle à six rapports sera offerte de série, alors que la boîte automatique à six rapports, ou DSG, sera proposée en option.


Audi dans l’ombre


Ironiquement, peu de temps avant de prendre la route avec cette nouvelle Golf, j’avais eu l’occasion de conduire une Audi A3 à moteur 2 litres. Et pour tout vous dire, je dois admettre que la Golf 2015, plus moderne et offerte à une fraction du prix de l’Audi A3, propose une conduite encore meilleure que celle de sa noble soeur. La voiture est aussi stable, mais plus confortable, plus silencieuse et tout aussi inspirante à conduire. D’ailleurs, s’il y a un point sur lequel Volkswagen n’a pas lésiné, c’est bien l’agrément de conduite. Au volant de la Golf VII, on a vraiment l’impression de faire corps avec elle. Malgré toutes les innovations technologiques qui l’accompagnent, ce qui inclut les aides électroniques à la conduite, elle continue de transmettre ce sentiment de réelle osmose mécanique entre elle et le conducteur ; pas de boîte manuelle récalcitrante, de direction élastique ou de système antipatinage trop sensible. Et, parlant d’antipatinage, sachez qu’il est possible de le désactiver, ce qui n’est pas le cas avec les récentes Jetta, Passat et Beetle. Espérons seulement qu’on conservera cette formule pour le marché nord-américain.


Conclusion


Assurément, la Golf sera plus chère que la Jetta, tout simplement parce qu’il s’agit d’un produit plus raffiné et de meilleure qualité. Attendez-vous à un prix de départ oscillant autour de 22 000 $, pouvant grimper à tout près de 40 000 $ pour une version GTI ultra-équipée. N’oublions pas non plus la version familiale, récemment dévoilée au salon de Genève, qui risque d’attirer les puristes qui refusent de se tourner vers un petit VUS. Si seulement on nous la proposait avec la traction intégrale 4Motion…


En attendant, Volkswagen continuera de commercialiser la Golf actuelle, en offrant probablement quelques incitatifs au cours de la prochaine année. Bien sûr, cette dernière demeure un très bon achat, mais mon petit doigt me dit que les plus enthousiastes préféreront attendre la nouvelle mouture. Après tout, elle a remporté - à juste titre - le prix de la Voiture mondiale de l’année, décerné lors du dernier Salon de New York. Ce n’est pas rien.

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1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 15 avril 2013 08 h 42

    Et après

    Après avoir acheté le véhicule, qu'en est-il de la garantie et du service?