C'est du sport! - Colle extraforte

Alors qu’on s’apprête avec une fébrilité exemplaire à visionner le film 42, qui sort vendredi, sur les tribulations de Jackie Robinson, qui brisa la barrière de la couleur de la peau dans le baseball majeur moderne avec les Dodgers de Brooklyn en 1947, une bonne petite colle à soumettre à vos connaissances pour qu’elles soient encore plus éberluées par l’infinité de vos… connaissances, justement, consiste à demander ceci : O.K., tout le monde connaît Robinson et les Dodgers, mais quelle fut la première équipe des ligues majeures à compter deux joueurs noirs ?


Vous lancez alors la petite musique ver d’oreille de l’émission Jeopardy ! et, gloussant par en dedans, vous observez vos connaissances se triturer les méninges pendant de longues minutes avant d’enfin concéder qu’elles n’en savent rien.


Vous les informez donc : les Indians de Cleveland. En juillet 1947, soit quelques mois après l’entrée en scène, les Indians avaient embauché Larry Doby, un joueur étoile dont on se souviendra sans doute qu’il agit comme instructeur des frappeurs de nos Expos dans les années 1970. Puis, l’année suivante, c’était au tour de Satchel Paige, le lanceur sans âge qui mystifiait l’adversaire et dont plusieurs considèrent qu’il fut le meilleur artilleur de tous les temps, encore vert à 53 ans ou à peu près.


En 1948, Doby et Paige aidèrent les Indians à remporter la Série mondiale, la deuxième seulement de l’histoire de l’équipe. La dernière en date aussi.


Avec les Cubs de Chicago, les Indians constituent donc un peu le symbole de la tradition perdante. Cela s’est reflété dans le film hilarant Major League, paru en 1989, dans lequel la nouvelle propriétaire du club tente de le rendre si mauvais que les assistances dégringoleront et qu’elle pourra ainsi le déménager. Personne n’a oublié Charlie Sheen en « Wild Thing », le lanceur erratique dont on découvrira finalement qu’il avait simplement besoin de lunettes.


Ceci pour dire que les Indians nourrissent de solides espoirs cette saison, mais que le nouveau gérant Terry Francona, qui habite à deux coins de rue, s’est perdu trois fois en se rendant à pied au stade lundi. Même Major League n’avait pas pensé à ça.

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