C’est du sport! - À gauche et à droite

Cette fois, il s’agit d’esquisser une corrélation entre l’orientation politique d’un individu général et sa tendance à exprimer son suffrage d’une part et le sport auquel il s’intéresse et l’équipe qu’il appuie de l’autre. Pour y arriver, la maison Scarborough Research a interrogé 200 000 personnes l’automne dernier et les résultats ont été divulgués par la publication National Journal. Malheureusement, il y est essentiellement question des États-Unis, de telle sorte qu’on ne peut pas savoir pour le moment si le fait de soutenir Canadien induit le conservatisme pur et dur ou le socialisme bon teint, ni si le fait de s’abstenir de voter peut amener le citoyen à estimer que ça sent la coupe.


L’on constate donc que certains circuits sont plutôt prisés des gens progressistes, ou qui sont portés à soutenir le Parti démocrate. Au premier rang, et de très loin, on retrouve les amateurs de la ligue féminine professionnelle de basketball, la WNBA, quoique ceux-ci soient relativement peu nombreux. Retiennent également l’attention de la population aux sympathies de gauche : la NBA, le tennis féminin de la WTA, le soccer européen, la lutte de la WWE, le tennis masculin de l’ATP, Major League Soccer et les sports extrêmes.


Au centre gauche, on aperçoit les partisans d’arts martiaux mixtes de l’UFC, de courses de chevaux et de camions monstres. En plein centre du spectre, le motocross et les ligues majeures de baseball.


Légèrement à droite, soit relativement tentés de voter républicain, on discerne les partisans de la NFL, du basketball universitaire, du circuit automobile IndyCar, des Jeux olympiques et des sports d’écoles secondaires. Un peu plus à droite ? Le rodéo, les épreuves de dragsters, le golf féminin de la LPGA, puis la Ligue nationale de hockey. Franchement à droite ? Le football universitaire, la série NASCAR, et enfin, le golf masculin de la PGA.


Il est à noter au passage que les amateurs de golf sont les plus enclins à se déplacer le jour du scrutin pour aller déposer leur bulletin dans l’urne disposée à cet effet. À l’autre bout du continuum, les plus abstentionnistes sont les fans de lutte. (Hypothèse sans fondement formulée par l’observateur : peut-être est-ce parce qu’ils croient que la politique aussi est arrangée ?)


Du côté des clubs, on ne se surprendra pas de ce que l’allégeance politique et la région d’appartenance coïncident dans une large mesure. Ainsi se succèdent à gauche, à partir des plus fervents, les Knicks de New York, les Celtics de Boston, les Giants et les 49ers de San Francisco, les Red Sox de Boston, le Heat de Miami, les Raiders d’Oakland, les Yankees de New York, les Lakers de Los Angeles, les Cubs de Chicago, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, les Giants de New York, les Nationals et les Redskins de Washington, les Dodgers de Los Angeles, les Cards de St. Louis et les Steelers de Pittsburgh.


À l’inverse, les partisans des Braves d’Atlanta sont les plus solidement ancrés à droite. Ils sont suivis des Rangers du Texas, des Cowboys de Dallas, des Panthers de la Caroline, des Packers de Green Bay, des Chargers de San Diego, des Broncos de Denver, des Angels de Los Angeles, des Tigers de Detroit, des Dolphins de Miami et des Phillies et des Eagles de Philadelphie. Et c’est à San Francisco qu’on vote le plus et au Texas qu’on vote le moins.


Ce que cela nous dit ? Qu’il n’y a rien comme une bonne étude et qu’on en aura toujours besoin pour jeter un éclairage sur notre monde éminemment complexe, voilà ce que cela nous dit.


La prochaine fois, nous examinerons dans le menu détail deux raisons époustouflantes pour lesquelles des joueurs de baseball majeur ont dû rater des joutes récemment. On évoquera alors Michael Taylor, des A’s d’Oakland, qui a oublié qu’il mesure 6 pieds 5 pouces et, en tentant de lancer sa chique de gomme dans une poubelle, a accroché une lampe au plafond du vestiaire et subi des lacérations à la main, de même que l’arrêt-court des Tigers de Detroit Jhonny Peralta, qui croyait avoir affaire à de la crème de pommes de terre lors d’un repas d’après-match alors qu’il s’agissait de chaudrée de palourdes, et il est allergique aux fruits de mer, et puis voilà. Malade.

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