Vos finances - Il n’y aurait plus péril en la demeure

Le 6 mars, la Banque du Canada annonçait, sans surprise, le maintien de son taux directeur à 1 %. Mais le ton de l’institution s’est adouci, la banque centrale ne laissant plus entendre une action préventive sur les taux en raison d’une situation d’endettement problématique. Pour reprendre ses propos, les finances des ménages canadiens suivent désormais une « évolution plus constructive ».


Les signaux envoyés par le marché immobilier confirment effectivement un retour vers l’équilibre, tant sur le marché de la revente que sur celui de la construction résidentielle. Si les prix se maintiennent, voire augmentent légèrement, les ventes se corrigent sous l’influence du resserrement, l’été dernier, des règles relatives à l’emprunt hypothécaire. Ils s’en trouvent parmi les constructeurs et agents immobiliers pour affirmer que le ministre fédéral des Finances a été trop loin. Or les données à ce jour semblent plutôt indiquer que ces mesures ont permis à la surchauffe de se transformer en atterrissage en douceur, plutôt qu’en bulle immobilière risquant l’éclatement.

 

Toujours à des sommets


Les plus récentes données de Statistique Canada pointent dans la même direction. Du moins, l’endettement des ménages demeurait à des sommets historiques au dernier trimestre de 2012, mais tout indique que leur santé financière ne s’est pas détériorée. À la fin de 2012, la dette en pourcentage du revenu disponible établissait une nouvelle marque à 167,1 %, contre 166,9 trois mois plus tôt et 164 un an plus tôt. Sur une base annuelle, le niveau d’endettement a augmenté de 5,5 % l’an dernier, mais ce taux s’inscrit dans un mouvement de décélération constante depuis la progression annuelle de 12 % comptabilisée en 2007. Et il est inférieur à la croissance de la valeur nette des ménages, qui oscille autour de 5,8 % sur un an.


Il ressort également des données de Statistique Canada compilées dans les Comptes du bilan national que les capitaux propres en proportion des biens immobiliers sont demeurés légèrement inférieurs à 69 %. Et si les fonds obtenus par les ménages sous forme de crédit à la consommation, d’emprunts et d’hypothèques ont augmenté de 14,7 milliards au quatrième trimestre, les emprunts hypothécaires comptent pour 11 milliards, ou 75 % du total. Dans la mesure où le resserrement des règles d’emprunt vient ajouter à la qualité d’un portefeuille de prêts hypothécaires atteignant 1100 milliards de dollars à la fin de 2012 on peut, à l’instar de la Banque du Canada, conclure à une évolution plus constructive des finances des ménages.


Pour sa part, la dette de crédit à la consommation se situait à 477 milliards à la fin de 2012.

 

Valeur nette


Voilà pour une partie du passif. En y greffant l’actif, Statistique Canada calcule que la valeur nette des ménages a progressé de 1,4 % entre les troisième et quatrième trimestres pour atteindre 199 700 $. La progression reflète essentiellement l’augmentation de portefeuilles d’actions, y compris les fonds d’investissement et les régimes de pension. Pour sa part la valeur des biens immobiliers a augmenté de 0,9 % au quatrième trimestre.


Beaucoup de chiffres, donc, à mettre notamment au profit des effets du durcissement des règles hypothécaires. En juillet 2012, le ministre fédéral des Finances répondait à l’inquiétude de la Banque du Canada devant l’endettement record des ménages canadiens en modifiant les règles hypothécaires pour une quatrième fois depuis 2008. La mesure la plus importante ramenait de 30 à 25 ans la période maximale d’amortissement d’un prêt hypothécaire. On a également fait passer de 85 à 80 % le plafond du montant du refinancement. Il était à 90 % en mars 2011. Et resserré quelque peu les ratios de remboursement servant de calcul dans l’octroi des prêts. Une limite a été fixée aux coûts totaux des mensualités comprenant le versement hypothécaire, l’impôt foncier et les frais de chauffage, qui ne devrait pas dépasser 39 % des revenus bruts.

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