C’est du sport! - La méthode dynamique

Celui-ci a alors déchiré une feuille vierge de son carnet de notes et l’a tendue à Luhnow. Il était prêt à repartir à zéro s’il le fallait. Et à zéro, et même un peu plus bas si la chose est possible, les Astros ne tardèrent pas à se retrouver.


Au cours des deux dernières saisons, les Astros ont encaissé un total de 213 défaites. Ils se sont départis de tous leurs meilleurs joueurs. Ils sont devenus le club le plus jeune des ligues majeures. Ils ont abaissé leur masse salariale à 26 millions $US garantis, un plancher proprement risible dans cet univers absurde. Et ce qui n’arrange rien, ils ont quitté la section sans doute la plus faible du baseball, la Centrale de la Ligue nationale, et joueront dorénavant dans l’Ouest de l’Américaine, probablement la plus relevée. En un mot comme en dix mille, ça risque d’être éminemment laid.


La descente au troisième sous-sol n’empêche cependant pas les Astros de se montrer plutôt créatifs en matière d’approche client. Ils pratiquent ainsi ce qu’ils appellent « l’établissement dynamique des prix », une autre de ces expressions alambiquées concoctées par les autorités sportives pour éviter de dire qu’elles se foutent de votre gueule. L’établissement dynamique des prix consiste en effet à hausser le prix des billets lors de matchs plus courus que d’ordinaire, lorsque les Yankees ou les Red Sox sont les visiteurs par exemple. Ou quand les Rangers du Texas seront à Houston pour le match inaugural de la saison 2013, à la fin du mois : les meilleurs tickets coûteront alors 130 $ au lieu de 56 $.


Tout comme on ne pourra pas reprocher à John Crane de ne pas tout faire en son possible pour charmer les partisans insatisfaits de ce que l’équipe ne cherche visiblement pas à s’améliorer dans un avenir prévisible. Tenez, cette semaine, il déclarait : « Cela ne me dérange pas que les gens veuillent que nous dépensions plus d’argent. Ce n’est pas leur argent. Ceci est une entreprise privée, même si elle comporte une dimension publique. Si quelqu’un veut signer un chèque de 10 millions, il n’a qu’à me téléphoner. »


Il ne s’agit que d’une vague impression fondée sur pas grand-chose, mais il me semble que ce type ferait un beau petit couple avec Jeffrey Loria.

 

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Dans la catégorie « repentez-vous et vite à part ça, l’apocalypse s’en vient avec des foulées rappelant celles d’Usain Bolt quand il est pressé », la Petite ligue de Atwood-Hammond, en Illinois, a organisé une tombola pour financer ses activités et permettre aux mousses d’avoir du plaisir en jouant au baseball.


Or, le principal prix à l’enjeu n’est nul autre qu’une arme d’assaut de type AR-15 dotée d’un magasin de 30 cartouches, identique à celle utilisée lors de la tuerie de Newtown.


Le commissaire de la ligue, un intellectuel de centre gauche modéré, a déclaré que c’était là la meilleure façon d’« attirer l’attention » sur la campagne de collecte de fonds. Pow.

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