Vos placements - La limite des intérêts composés

Cependant, ma seule expérience avec les REER est un petit 2000 $ investi il y a quelques années (Épargne à rendement progressif Desjardins - 5ans) et qui ne me rapporte que 0,90 % la première année pour atteindre 4 % à la cinquième année. En furetant superficiellement sur Internet, je constate que les taux de rendement sur les REER des banques ne sont guère plus de 1 % par année. Je n’ai vu en aucun endroit un taux qui pouvait s’approcher de 6 %. Je me demande donc comment il est possible d’obtenir 6 % de rendement moyen par année sur une quarantaine d’années. Est-ce qu’on parle d’actions ? Quelles sont les options autres que les REER annoncés par les principales institutions financières qui n’offrent que de faibles rendements ?


Merci.


G. F.

Montréal


 

À un taux d’intérêt composé annuel de 6 %, vous serez en mesure d’accumuler en 40 ans près de 186 000 $ en épargnant bon an, mal an 1200 $. À un taux annuel de 1 %, vous n’aurez accumulé que 59 000 $ environ pour la période. Comme vous pouvez le voir, la magie des intérêts composés a ses limites lorsque les rendements ne sont pas au rendez-vous, comme c’est le cas depuis plusieurs années maintenant.


Est-ce dire, pour autant, qu’il n’est pas possible pour une jeune personne, au début de sa vie active, d’obtenir de meilleurs rendements que ceux affichés par les banques et autres institutions pour leurs dépôts, certificats de dépôt et autres produits d’épargne ? Certainement pas. Mais, pour ce faire, comme vous le sous-entendez dans votre lettre, il faut se tourner vers d’autres types de placement susceptibles, eux, de rapporter un taux annuel composé bien supérieur à celui de 1 % auquel semblent être accrochés, pour le moment, les titres à revenus fixes de qualité. Ces placements sont essentiellement les actions et l’immobilier. À votre âge, et cela probablement pour les 25 prochaines années, la totalité de votre épargne devra être canalisée vers ses deux classes d’actif. Ces deux classes d’actif devraient à terme produire un rendement annuel composé de 6 % et plus.


Il va sans dire, toutefois, que le risque intrinsèque de ces placements est supérieur à celui des produits d’épargne et titres à revenus fixes de qualité. En contrepartie, à votre âge, vous êtes en mesure de supporter un risque accru et il faut le faire. Les risques courus doivent cependant être calculés. Dans le cas des actions, vu votre inexpérience, vous choisirez pour ce faire les titres de grandes entreprises solides financièrement et montrant un solide historique de versements de dividendes.


Dans le cas de l’immeuble, le recours à la dette accélérera votre processus d’enrichissement. L’immeuble à revenus (condos offerts en location, les plex et autres) est la classe d’actif permettant de recourir lourdement à la dette sans courir de risques indus grâce aux revenus de location relativement prévisibles. Encore là, le recours à la dette doit se faire intelligemment, c’est-à-dire en fonction de votre capacité d’épargner et de vos liquidités accumulées pour faire face aux déficits d’exploitation des premières années. Éventuellement, au fil des hausses de loyer, les revenus couvriront les dépenses, voire plus. Il ne vous restera alors qu’à bien gérer l’immeuble pour, dans 10, 15 ou 20 ans, disposer d’un capital important provenant du remboursement du solde de l’hypothèque et de la plus-value qui devrait correspondre au taux annuel d’inflation, parfois bien plus comme ce fut le cas au cours des dix dernières années.


Pour accélérer le processus d’accumulation des liquidités, votre épargne devrait être canalisée en priorité dans les REER (REER autogéré si vous décidez de construire votre propre portefeuille d’actions), cela dès que vous pourrez réaliser un salaire convenable de manière à pouvoir récolter les reports d’impôt provenant des cotisations déductibles du régime. Ces reports d’impôt, vous les utiliserez pour construire votre portefeuille hors REER (en investissant en priorité dans le CELI).


Évidemment, dans tout cela, il ne faut pas négliger l’amélioration de vos propres compétences, car ce sont ces compétences qui vous permettront d’accéder à un travail de plus en plus lucratif (salaires plus élevés et participation possible à un riche régime de retraite, ce qui est un atout de taille à l’enrichissement de tout individu). Vous pourrez ainsi augmenter votre capacité d’épargne et saisir le plus tôt possible dans votre vie active les occasions de placement qui se présenteront, tant du côté des actions que du côté de l’immobilier. Et peut-être parviendrez-vous à développer un niveau de compétences tel que votre employeur, outre le fait de vous verser un bon salaire, vous offrira de participer à l’actionnariat de son entreprise. Une telle occasion peut faire de vous un millionnaire advenant que l’entreprise ait un franc succès.


Un avertissement cependant : prenez garde de ne pas réchauffer les bancs d’école trop longtemps. Vous avez déjà 30 ans et accusez à mes yeux un retard au chapitre de l’accumulation de l’épargne. Il est important que les trois années que vous passerez à l’université puissent vous permettre d’obtenir un emploi rémunérateur et prometteur.


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