Saveurs - Le combat pour sauver les orangers

L’orange vient au quatrième rang des fruits les plus cultivés sur la planète.
Photo: Marie-Hélène Tremblay - Le Devoir L’orange vient au quatrième rang des fruits les plus cultivés sur la planète.

Je me souviens encore de l’odeur suave et prenante des orangers en fleurs au Maroc, au coucher du soleil. Cette odeur procure un plaisir indescriptible, qui pourrait peut-être toucher à sa fin. En effet, les orangers sont menacés par un puissant parasite, comme le mentionnait la collègue Pauline Gravel dans un article publié en page Sciences de notre édition du 2 mars dernier.


Le secteur des orangers est malade et une grande partie de la production floridienne se trouve affectée par le psylle asiatique des agrumes, une bactérie qui affecte le tissu conducteur de la sève et qui nécessite la destruction de l’oranger. En comparant la production d’oranges de 2004 (242 millions de boîtes) à celle de 2011 (142 millions), on constate que la perte est énorme. Cette diminution a d’ailleurs fait grimper le prix de vente des oranges, tout comme celui du produit transformé, comme le jus.


Si on ajoute à ce problème les mauvaises conditions climatiques que les producteurs subissent parfois, on comprend que la commercialisation des oranges devient aléatoire et peu rentable pour ces derniers. Ceux de la Floride sont particulièrement touchés, eux qui doivent souvent abandonner aux promoteurs immobiliers une partie de leurs plantations après l’abattage des orangers malades.

 

L’un des meilleurs fruits du monde


L’orange, qui appartient à la famille des rutacées, et principalement à l’espèce Citrus sinensis, est considérée comme l’un des meilleurs fruits du monde. Il en existe des centaines de variétés : sauvages, vertes, douces, amères, sanguines, avec ou sans pépins… Originaire de la Chine, l’orange est très riche en vitamine C et en calcium. Certains spécialistes en horticulture estiment qu’elle est issue d’un croisement entre la tangerine et le pamplemousse.


L’orange vient au quatrième rang des fruits les plus cultivés sur la planète. Et même si son origine est asiatique, on la retrouve dans tout le bassin de la Méditerranée, transportée en Europe d’abord par les Perses et les Arabes, puis par les navigateurs portugais.


Le Brésil est le plus grand producteur d’oranges de la planète, avec 30 % de la production mondiale, suivi par les États-Unis. Un climat chaud et tempéré le jour et plus frais la nuit favorise la croissance de l’agrume.


Depuis un certain nombre d’années, le profil gustatif de l’orange a été modifié, tant par des croisements que par des modifications hybrides et même génétiques. Et comme une grande majorité de consommateurs boudent les fruits à pépins, on commercialise aujourd’hui, tout comme pour les raisins, des variétés d’oranges sans pépins.


Tous les pays producteurs offrent des variétés présentant un intérêt. La Sicile propose l’orange sanguine, l’Espagne, la Navel, si douce et plus connue. Sans compter les oranges de l’Égypte et de la Malaisie, entre autres.


Avec la mondialisation de l’agriculture et les facilités de transport, il est désormais possible d’obtenir des agrumes toute l’année, mais l’orange, tout comme sa rivale la clémentine, est à son meilleur durant notre saison froide. De plus, elle se conserve bien et parfume avec délice la table des Fêtes.

 

Évaluer la qualité


La modernité et l’amélioration des conditions de vie, ici comme ailleurs, ont grandement modifié nos habitudes de consommation. Ainsi, alors que l’orange était offerte jadis comme un cadeau précieux à Noël, elle est aujourd’hui devenue banale et fait partie de notre quotidien.


Comment évaluer la qualité d’une orange ? Les experts citent plusieurs critères. Par exemple, la pelure doit se détacher facilement et la chair doit apparaître brillante et juteuse. Cela implique la cueillette de l’agrume lorsque le fruit est mûr. Aussi, les quartiers doivent se séparer facilement et la peau qui recouvre la chair doit être fine et délicate, jamais épaisse.


Notons que les oranges vertes ne sont pas des oranges « pas mûres » ; la pigmentation orangée s’obtient à une température inférieure à 12 °C. Il est donc fréquent, notamment en Asie, de trouver sur le marché des oranges vertes, ou à peine orangées, qui sont très douces et prêtes à la consommation.


En 2013, la catastrophe est annoncée : une partie des orangers de la planète est menacée de disparition.


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BIBLIOSCOPIE

 

Les meilleures recettes à l’érable

Zoé Guénette

Éditions Caractère

2013, 191 pages


Bien charmant, ce petit ouvrage facile à lire, qui offre pas moins de 150 recettes simples concoctées à partir des produits de l’érable. En plein temps des sucres, voilà une belle façon de rendre hommage à l’arbre sacré du Québec.

DÉCOUVERTE

La mode des cabanes urbaines

Le temps des sucres est déjà arrivé et on constate un engouement pour l’aménagement de cabanes à sucre urbaines. Pour une troisième année, la rue Wellington à Verdun, qui a regroupé un grand nombre de commerçants, se donne des allures festives de cabane à sucre. On y favorise les échanges et la bonne humeur et il est possible d’y déguster un grand nombre de produits grâce au concours des professionnels du coin.


Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l’entendre tous les samedis à l’émission de Joël Le Bigot Samedi et rien d’autre à la Première chaîne de Radio-Canada.

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