Kia Sorento 2014 - Nouveau, malgré les apparences

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	Le Sorento de troisième génération adopte une carrosserie très semblable à celle du modèle précédent, mais, sous le véhicule, d’importantes modifications en font une meilleure version.</div>
Photo: Antoine Joubert
Le Sorento de troisième génération adopte une carrosserie très semblable à celle du modèle précédent, mais, sous le véhicule, d’importantes modifications en font une meilleure version.

Généralement, lorsqu’une nouvelle marque arrive sur le marché et qu’elle doit faire ses preuves, elle le fait avec des produits d’entrée de gamme, pour ensuite monter les échelons. Pensez à Hyundai, avec l’Elantra et l’Accent, à Honda avec sa Civic, ou encore à Toyota avec la Corolla. Mais du côté de Kia, les choses se sont faites bien différemment.

En effet, ce ne sont pas les compactes Rio et Sephia (puis Spectra) qui sont responsables de l’essor de la marque coréenne - pas du tout, même ! -, mais bien le Sorento, un VUS lancé en 2003 qui s’est rapidement fait connaître (et apprécier) des acheteurs nord-américains.


S’il en va autrement aujourd’hui, on peut même affirmer qu’à une époque pas si lointaine, le nom Sorento était plus fort que la marque Kia elle-même, celle-ci étant perçue comme la Lada des temps modernes lors de son arrivée en sol canadien, au tournant du siècle.

 

Le changement dans la continuité


Pour l’année-modèle 2014, le Sorento se renouvelle une seconde fois. Et plutôt que de jouer la carte de l’audace comme ce fut le cas avec des modèles comme la Soul et l’Optima, l’équipe de desi-gners de la firme coréenne a choisi cette fois d’opter pour une prudente évolution. Il faut dire que le Sorento se classait encore deuxième l’année dernière au chapitre des ventes de la marque, un cheveu derrière la compacte Forte. À titre de comparaison, il s’est vendu plus de 14 000 unités du Sorento au Canada en 2012, soit près du double du nombre de Sportage, un VUS compact.


Le Sorento de troisième génération adopte donc une carrosserie très semblable à celle du modèle précédent. Les changements sont mineurs, mais il y en a : le véhicule conserve les mêmes proportions, mais le carénage de la partie avant a été redessiné et il intègre des phares DEL. À l’arrière, le hayon est ceinturé de feux à diodes, du plus bel effet, tandis que le pare-chocs et les jantes ont également été redessinés.

 

Nouvelle plate-forme


Les changements majeurs se trouvent sous le véhicule, avec un châssis entièrement nouveau. Le constructeur coréen a donc réussi le tour de force d’implanter une carrosserie déjà existante à une nouvelle plateforme, soit celle du Hyundai Santa Fe, fraîchement renouvelé lui aussi.


Première constatation : l’optimisation de l’espace intérieur, surtout à l’arrière. L’habitacle est non seulement plus spacieux mais plus accueillant, notamment en raison de l’utilisation de matériaux de qualité supérieure, aussi agréables à l’oeil qu’au toucher. Le Sorento est aussi l’un des rares de ce créneau à offrir l’option des sept places assises, et ce, sur toutes les versions (LX, EX, SX).


Au volant, le conducteur a droit à une position de conduite parfaite. La visibilité est excellente de tous les côtés ; les sièges sont confortables et réglables de multiples façons ; le volant est évidemment inclinable (et télescopique, en plus) ; et l’accoudoir central réglable est une autre bonne idée. La planche de bord, redessinée elle aussi, est à la fois plus élégante et plus conviviale, avec une instrumentation plus moderne et un nouvel écran tactile à cristaux liquides.


Comme il se doit, le Sorento fait honneur à la réputation du constructeur avec un rapport équipement-prix hautement concurrentiel. Dans la version haut de gamme (SX), vous avez droit à des phares au xénon, un toit ouvrant panoramique, des sièges chauffants (avant et arrière) et ventilés (à l’avant), un système de navigation avec caméra de recul, et d’autres gâteries.


Raffinement sous le capot


Pour ceux qui n’ont pas besoin de tirer de fortes charges, le 4-cylindres de 2,4 litres à injection directe est tout indiqué. Souple, étonnamment nerveux et offrant un couple généreux, il se marie à merveille avec la boîte automatique à six rapports et ne s’avère pas trop bruyant.


Contrairement à son cousin de chez Hyundai, le Santa Fe, le Sorento peut encore recevoir une motorisation à 6 cylindres, plutôt qu’un 4-cylindres suralimenté par un turbocompresseur. Ce nouveau V6 de 3,3 litres à injection directe ne manque pas de puissance (290 chevaux) et, surtout, il me paraît mieux adapté à la vocation d’un VUS. Il brille aussi par son rendement, sa grande douceur surtout, gage de raffinement. Le V6 dégage une force tranquille, offrant toujours la puissance nécessaire sans qu’il ne semble faire le moindre effort. Et lorsqu’on le sollicite, les accélérations sont musclées et d’une belle linéarité. Bref, voilà une motorisation exceptionnelle, que je qualifierais de cohérente avec ce type de véhicule. De plus, elle ne coûtera pas plus cher en carburant que le 4-cylindres turbocompressé du Sante Fe, souvent à bout de souffle.


Comportement amélioré


Dès les premiers tours de roues, on constate la rigidité accrue du Sorento, gracieuseté de son nouveau châssis. Les suspensions ont également été revues et ces changements ont un impact sur la tenue de route, nettement supérieure à celle du modèle 2013, ainsi que la stabilité routière. Ces améliorations ont un effet bénéfique sur l’agrément de conduite, mais aussi sur le sentiment de confiance et de sécurité.


Kia propose également pour 2014 une nouvelle direction à assistance électrique, laquelle s’accompagne de la technologie FlexSteer, qui propose trois modes de conduite pour satisfaire les humeurs du conducteur (Normal, Sport ou Confort). Il suffit d’appuyer sur un bouton pour modifier la fermeté et la rapidité de réponse du volant. Hélas, malgré cette technologie, la direction affiche tout de même un petit flou agaçant au centre, un problème d’ailleurs constaté sur plusieurs modèles de la firme coréenne.


Conclusion


À défaut d’avoir innové une fois de plus en matière de design, Kia a rehaussé la qualité globale du Sorento. Les changements les plus importants ne sont pas visibles, mais ils augmentent la valeur intrinsèque de ce véhicule et le positionnent encore plus avantageusement par rapport à une concurrence aussi nombreuse que relevée. Le rapport qualité-prix y gagne également et demeure une des forces de ce VUS, toujours protégé par une des meilleures garanties de l’industrie automobile.


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Collaborateur

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