C’est du sport! - Le tatouage funeste

À l’heure précise où l’on se jase, la Classique mondiale de baseball 2013 a pris son envol. Car comme vous n’êtes pas sans l’ignorer, il y avait dès vendredi soir, à compter de 23 h 30 heure de l’Est, une affiche à ne louper sous aucun prétexte, Taïwan contre l’Australie en lever de rideau, directement du Stade intercontinental de Taichung. L’occasion était inespérée de s’offrir une nuit blanche puisque suivaient Japon-Brésil à 5 h et Corée du Sud -Pays-Bas à 6 h 30, du gros bonbon à 16 nations.

La Classique mondiale de baseball, dont il s’agit de la troisième présentation après 2006 et 2009, suscite un assez sérieux engouement dans les pays participants en Asie et en Amérique latine. Aux États-Unis, en revanche, la plupart des commentaires convergent : tout le monde s’en fout. Les principales discussions concernant le tournoi portent sur l’identité des joueurs qui refuseront d’y prendre part parce que ça ne leur tente juste pas et sur l’équipe des ligues majeures qui se plaindra le plus que ses porte-couleurs ratent jusqu’à trois semaines du camp d’entraînement et risquent de se blesser dans une compétition insignifiante.


(Soit dit en passant, il n’est pas nécessaire de se forcer dans une compétition insignifiante pour se faire mal. Au baseball, la liste des blessures stupides est infinie, et Elvis Andrus y a ajouté son nom cette semaine. L’arrêt-court des Rangers du Texas a en effet raté du temps au camp après qu’il se fut fait faire un immense énorme mégatatouage sur le bras gauche, ce qui a causé de la « douleur musculaire ». Il succédait ainsi immédiatement au lanceur des Nationals de Washington Gio Gonzalez, qui a révélé mardi qu’il souffrait d’une « brûlure de tapis » au front contractée lors d’une séance de lutte avec son chien.)


La Classique mondiale a donc lieu en mars, parce qu’il est tout à fait hors de question pour le baseball majeur, l’organisation la plus importante de l’univers connu, d’interrompre ses activités pendant quelques jours au cours de la saison régulière, l’une des raisons d’ailleurs pour lesquelles le sport a été biffé du programme olympique. Vousn’envoyez pas vos meilleurs, laissez donc faire.


Il est par ailleurs à noter que l’appellation même du tournoi montre que le baseball ne se prend pas précisément pour de la tarte. Dès sa première présentation, il portait en effet déjà le nom de Classique. Pourtant, si l’on consulte notre dictionnaire préféré, on ne tarde pas à constater qu’une classique est une « épreuve sportive importante que la tradition a consacrée ». Si je peux partager avec vous une brève tranche de vie, cela me rappelle le soir où j’avais assisté à l’avant-première d’un long-métrage ; sur l’estrade, le présentateur avait déclaré qu’il s’agissait « déjà d’un film-culte » alors que personne ne l’avait encore vu.


Alors voilà. Le Japon a remporté les deux premiers titres, mais Ichiro Suzuki et Yu Darvish ont décidé de passer leur tour. Il ne reste plus donc qu’à espérer fort fort que le Canada ne se fasse pas refaire le coup de 2009, quand il avait bousillé son match contre l’Italie, créant un sentiment de honte nationale dont le pays ne s’est pas encore remis et ne se remettra peut-être jamais.


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Si on se confectionne un petit résumé de la semaine dans le domaine de la république populaire démocratique, on s’aperçoit que Dennis Rodman, l’ex-basketteur dont l’autobiographie s’intitule I Should Be Dead By Now, a séjourné en Corée du Nord. Il a assisté en compagnie du Grand Précieux Kim Jong-un à un match de basketball qui s’est terminé par un score communiste de 110-110.


Rodman a dit à Un qu’il pouvait compter en lui un ami pour la vie. Il a ajouté qu’Un était un individu impressionnant et que son père et son grand-père avaient été de grands leaders. Après le match, il y a eu un repas de 10services avec de la dinde fumée et des sushis dans un pays qui crève de faim.


Puis le gras de VICE, l’entreprise qui a organisé la mission diplomatique, a invité Un à effectuer une tournée aux États-Unis. Remarquez que ce serait marrant, un essai nucléaire à la frontière du Wyoming et de l’Idaho.

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