C’est du sport! - Le moment de vérité

Il existe beaucoup de mensonges en ce bas monde, et on aura beau le déplorer jusqu’à la prochaine élection générale, rien n’y fera, c’est dans la nature de l’humain, ce fat, de répandre des faussetés afin de se donner un semblant d’allure de prestance générale. Aussi, quand la vraie de vraie vérité explose au grand soleil qui nous réchauffe l’âme nuit et jour, mais surtout jour pour des raisons d’exposition aux rayons, on ne peut que partir les réjouissances et espérer que cela ne se terminera jamais.

Trouvons en l’occurrence Zack Greinke, un lanceur de 29 ans qui a accepté cette morte saison une offre de six ans pour 147 millions $US des Dodgers de Los Angeles. Greinke affirme qu’il ne ment jamais, parce que s’il le faisait, il oublierait ensuite le contenu du mensonge et se retrouverait inéluctablement dans de sales draps. « Je ne sais pas comment les gens qui mentent font », dit-il dans une entrevue à CBS Sports.


Greinke affirme donc que l’élément le plus important qui motive ses choix professionnels est le fric. Plutôt candide, le monsieur, non ?


« C’est de toute évidence la considération numéro un, dit-il. Je pourrais jouer pour la pire équipe si elle était celle qui payait le plus. Si un club de dernière place offre 200 millions et un club de tête offre 10 $, je choisis les 200 millions, peu importe de quelle équipe il s’agit. »


« Le pire commentaire au monde, c’est quand un gars qui signe un contrat de 100 millions dit qu’il doit prendre soin de sa famille. Personne n’a besoin de 100 millions, ni même de la moitié de ça, pour que sa famille se porte bien. »


On peut être d’autant plus certain que Greinke a d’abord été mû par l’argent qu’il a reçu une proposition similaire à celle des Dodgers de la part des Rangers du Texas, car il a choisi Los Angeles alors même qu’il exècre suprêmement la circulation lourde, pour laquelle la métropole californienne est reconnue. Il a d’ailleurs envisagé de se rendre au boulot en hélicoptère avant d’apprendre qu’un pareil appareil ne pouvait hélas ! se poser dans les environs du Dodger Stadium.


On notera par ailleurs que Greinke a négocié lui-même avec les Dodgers parce que, dit-il, il ne voulait pas faire « perdre son temps » à son agent. Voilà qui ne se voit pas vraiment souvent.


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Ailleurs dans l’actualité, vous ne devriez pas vous moquer du sport parce que l’un de ses illustres représentants pourrait bien faire en sorte d’éviter le déclenchement de la Troisième Guerre mondiale. Sérieux.


En compagnie de quelques membres des Harlem Globetrotters, le flamboyant ancien basketteur Dennis Rodman effectue présentement un séjour en Corée du Nord. Il y rencontrera des jeunes et disputera quelques matchs, et le tout fera l’objet d’un documentaire à être diffusé sur la chaîne HBO. Ce faisant, Rodman entend lancer un message d’ouverture au pays, et, sait-on jamais, le convaincre de mettre fin à ses célébrissimes essais nucléaires.


Mais pourquoi Rodman réussirait-il là où toute la diplomatie du monde a échoué ?


Parce qu’il est de notoriété publique et parapublique que Kim Jong-un, le Grand Magnifique Leader Formidable Adoré (ou quelque chose d’approchant), est un fan fini de basketball, un admirateur de Michael Jordan et un partisan des Bulls de Chicago de la belle époque, quand ceux-ci régnaient sans partage sur la NBA. Et il s’adonne que Rodman faisait partie des Bulls lors de trois de leurs conquêtes du championnat, de 1995 à 1998.


On sait aussi que la famille Kim affectionne la perfection, ainsi que le montrent les 11 trous d’un coup réussis par Kim Jong-il la première fois qu’il a joué au golf. Or, les Bulls ont présenté un dossier de 72-10 en 1995-1996, ce qui ne se situe pas très loin de l’absolu.


On ne l’aurait pas cru il y a quelques heures, mais les tatouages, les piercings, les bijoux et l’extravagance pourraient bien assurer la paix dans le monde. On dit merci.

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