Vos finances - À vos REER!

La campagne REER est en fin de parcours, la période de cotisation pour l’année 2012 prenant fin le 1er mars. Or les sondages se succèdent et tous convergent vers la même conclusion : les Canadiens sont toujours plus nombreux à ne pas répondre à l’invitation.

Tout concourt à un appauvrissement et à une baisse de la qualité de vie une fois la retraite venue. Les conclusions d’un sondage réalisé pour la Banque HSBC sont plutôt éloquentes à cet effet. En moyenne, l’épargne-retraite accumulée sera épuisée à mi-parcours. Au Canada, la retraite doit s’étendre, en moyenne, sur 19 ans. Or le patrimoine moyen est appelé à se tarir après 11 ans. Il ressort que les Canadiens sont peu préparés pour maintenir leur pouvoir d’achat à cette étape de leur vie et pour affronter d’autres dépenses potentielles du type soins de longue durée.


Du moins, 55 % des répondants soutiennent qu’ils ne sont pas préparés adéquatement en vue d’une retraite confortable, 23 % disant qu’ils ne sont pas préparés du tout. Plus étonnant, 42 % des répondants au sondage affirment n’avoir jamais épargné en vue de la retraite, cette proportion atteignant 47 % dans la strate d’âge des 55-64 ans. Parmi les raisons invoquées, le haut niveau d’endettement force les Canadiens à prioriser la couverture des besoins immédiats, la majorité soutenant que leurs dépenses courantes les empêchaient de dégager de l’épargne. Les résultats d’un sondage mené pour la RBC se veulent toutefois moins alarmants. « En moyenne, les Canadiens commencent à 32 ans à épargner pour la retraite, et 26 % des répondants disent ne pas avoir encore commencé à le faire », peut-on lire dans les conclusions de la Royale.


S’ajoutent les contrecoups de la crise de 2008. « L’incertitude économique des cinq dernières années a influé sur les plans de retraite des Canadiens », a souligné la Financière Sun Life. « Le nombre de Canadiens qui prévoient être à la retraite à l’âge de 66 ans a diminué pour s’établir à seulement 27 % dans le cadre du sondage de cette année, par rapport au chiffre de 51 % enregistré en 2008 », soit grosso modo un recul de moitié.


Le sondage de l’institution fait ressortir un nombre accru de Canadiens prévoyant de travailler après 66 ans par nécessité et par crainte d’épuiser leur épargne de leur vivant. « Les Canadiens prévoyant être à la retraite en moyenne pendant 20 ans, plus du tiers d’entre eux (38 %) disent que le risque de voir leur épargne-retraite s’épuiser de leur vivant est élevé. Près du tiers (31 %) des Canadiens ne sont pas du tout convaincus qu’ils auront suffisamment d’argent pour couvrir les frais médicaux », a ajouté la Sun Life. Seulement 23 % % ont affirmé que l’épargne en prévision de la retraite était leur priorité, le remboursement des dettes ou du solde des cartes de crédit retenant l’attention de la moitié des répondants.

 

Jeunes menacés


Pour sa part, la Banque CIBC a dévoilé des données selon lesquelles près de six millions de Canadiens risquent de connaître une diminution de leur niveau de vie de plus de 20 % si la tendance actuelle quant au taux d’épargne se maintient. L’institution a plaidé, du même souffle, la possibilité de verser des cotisations supplémentaires au régime de pensions public afin de protéger le niveau de vie à la retraite et, du même coup, d’abaisser les frais de gestion annuels.


« D’après nos recherches, 8,4 millions de personnes seront touchées par une baisse de plus de 5 % de leur niveau de vie au moment de la retraite », a précisé le président de la Banque, Gerald McCaughey. « Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que 5,8 millions de Canadiens risquent de connaître une forte diminution de leur niveau de vie, de l’ordre de plus de 20 %. »


Cette population à risque est composée de jeunes pour plus de la moitié. « Près de 60 % des adultes ayant un peu moins ou un peu plus de 30 ans peuvent s’attendre à une forte diminution de leur niveau de vie à la retraite. »


S’ajoute à leur précarité le fait que « beaucoup de ces jeunes Canadiens, en particulier ceux avec les plus bas revenus, ne peuvent pas s’offrir une propriété au prix moyen, ce qui signifie qu’ils seront aussi privés des avantages de l’épargne forcée que représente l’accession à la propriété ». Il y a aussi le fait qu’ils arrivent sur le marché du travail dans un contexte de pénurie des régimes de retraite complémentaires et de disparition des régimes à prestations déterminées dans le secteur privé. « Ils ont de la difficulté à trouver une solution de rechange aux avantages que procurent ces régimes privés : l’étendue du régime, la participation obligatoire, la gestion experte des placements, les cotisations immobilisées, l’horizon à long terme et la certitude des résultats », a énuméré la CIBC.

À voir en vidéo