C’est du sport! - Goûter du bois

Mais si le truc se fait toujours plus imposant, comment expliquer que le Super Bowl XL a eu lieu en 2006 alors que le L ne sera présenté qu’en 2016 ? Hein, comment ? Et comment expliquer que le Super Bowl M ne soit attendu qu’en 2966 ? Ah, vous aussi êtes maintenant perplexes, ça se voit comme de l’eau de roche.


Est-ce la faute de ces fous de Romains qui abordaient la réalité à l’envers, ou un complot ourdi par des esprits malins ?


Remarquez, Ray Lewis pencherait sans doute pour cette dernière hypothèse. Lewis, le secondeur étoile des Ravens de Baltimore qui a déjà annoncé que la joute de dimanche serait sa dernière en carrière, entretenait une sérieuse réputation de mauvais garçon jusqu’à ce que, il y a quelques années, il choisisse de se tourner vers le Seigneur, et pas à moitié. Depuis, il est très difficile de trouver une phrase de lui qui ne fait pas référence à Dieu, et si vous lui demandez ce qu’il a mangé pour souper ou quelle est la couleur de sa voiture, vos chances sont excellentes d’obtenir une réponse sous forme de verset de la Bible.


Cette semaine à La Nouvelle-Orléans, où aura lieu le XLVII de la série, Lewis s’est retrouvé au centre d’une petite effervescence de reporters d’enquête sur le terrain en mal de copie après que Sports Illustrated eut révélé qu’il avait des liens avec SWATS (Sports With Alternatives To Steroids), une sombre petite entreprise de l’Alabama qui aurait toutes sortes de suggestions, comme son nom donne à le laisser sous-entendre à demi-mot à peine couvert, pour améliorer votre rendement sans pour autant courir le risque d’échouer à un test antidopage. Parmi celles-ci : timbres holographiques, eau chargée négativement, exposition de vos sous-vêtements à des ondes radio, et pas mal de faisceaux lumineux en tout genre.


Autre produit miracle : le velours de bois de cerf (que l’on peut prendre en comprimés ou en s’en vaporisant sous la langue toutes les deux heures, enfin c’est très compliqué), dont Lewis aurait fait usage cette saison afin d’accélérer la guérison d’une déchirure de son triceps droit. Le problème, c’est que la substance vaporisée contient de l’IGF-1, qui a des allures d’hormone de croissance humaine et qui fait partie de la liste des trucs prohibés par la NFL.


Lewis, qui n’a jamais été contrôlé positif, a véhémentement nié les allégations, qu’il a qualifiées de ridicules. Un des gars de SWATS assure cependant que le joueur a bel et bien pris du velours de bois de cerf.


Et on en revient ainsi à l’hypothèse évoquée plus haut. Quand on a demandé à Lewis si cette histoire allait être de nature à déconcentrer ses coéquipiers et lui à quelques jours du Super Bowl, il a répondu non. Mais il a évoqué une « ruse du diable ».


La prochaine fois, nous essaierons de voir ce que le cerf, à qui personne n’a tendu le micro, pense de tout ça, et si les sous-vêtements, de manière générale, aiment la radio.


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Dans un registre similaire, un sondage mené tout récemment par le Public Religion Research Institute de Washington nous indique que 27 % des Américains croient que Dieu joue un rôle direct dans le déroulement d’une épreuve sportive.


On ne sait trop ce que fait Dieu quand il y a des croyants des deux côtés, mais une chose est sûre : dimanche, le diable, lui, sera du côté des 49ers.

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