C’est du sport! - Du plomb dans l’aile

Nous apprenons en effet avec consternation qu’aux États-Unis, il pourrait y avoir une pénurie d’ailes de poulet à l’occasion du Super Bowl.


Voilà en effet ce qu’affirme le National Chicken Council, un organisme situé à Washington et qui est passé maître dans l’analyse des tendances du marché en matière de volaille.


Selon le groupe, près de 1,25 milliard d’ailes de poulet avaient été englouties aux States la journée du match de championnat de la NFL, mais seulement 1,23 milliard seraient disponibles le week-end prochain, un manque à manger de quelque 12,3 millions d’unités.


(Pour se situer un peu géographiquement, si toutes ces ailes étaient mises bout à bout, elles feraient 27 fois la distance séparant le Candlestick Park de San Francisco, domicile des 49ers, et le M T Bank Stadium de Baltimore, maison des Ravens. On est obligé de croire ça sur parole parce qu’un appel d’offres pour effectivement mettre bout à bout 1,23 milliard d’ailes est demeuré sans réponse.)


Bien entendu, le sujet calculant est tenté de se rebiffer devant pareille évaluation. Car si l’on considère que le Super Bowl XLVI a établi en février 2012 un record d’auditoire aux USA avec 111,3 millions de personnes, 1,25 milliard d’ailes, cela fait grosso modo 11 ailes par tête de pipe, donc que, pour chaque individu qui n’en mange pas, on doit en trouver un autre qui en avale 22, ou deux qui en bouffent 16 et demie, ou trois qui en dégustent 14 et deux tiers. Le football professionnel a beau ouvrir l’appétit, voilà qui est beaucoup. Mais bon, qui sommes-nous pour douter du National Chicken Council, je vous le demande sans vraiment espérer de réponse.


Les raisons de cette pénurie ? Une sécheresse dans certaines régions productrices de maïs, qui a provoqué une flambée des prix et forcé les éleveurs à réduire la population de leur basse-cour. Cela et l’obligation faite par le gouvernement fédéral que 40 % des récoltes de blé d’inde soient consacrées à la fabrication de carburant sous forme d’éthanol.


En quelque confuse sorte, on imagine d’ici que le livreur de pizza se frotte les mains d’aise. À moins, évidemment, que ça aille mal aussi dans le secteur du pepperoni. On fait enquête et on vous revient là-dessus.

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