Péter la forme

Qu’on soit entraîneur, membre, professeur de zumba ou bénévole, l’énergie est contagieuse. Joblo en compagnie d’Hugo, de Rivky et de Walt, au YMCA.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Qu’on soit entraîneur, membre, professeur de zumba ou bénévole, l’énergie est contagieuse. Joblo en compagnie d’Hugo, de Rivky et de Walt, au YMCA.

L’habitude est si bien ancrée que mon corps le réclame comme la pause chocolat-antioxydant de 11h ou la petite sieste de 15h. Lundi, mercredi, vendredi, le gym m’appelle. Plus de 20 ans que je m’y rends pour transpirer et sécréter des phéromones en charmante compagnie. Pépés décharnés ou jeunes bedonnants, étalons luisants ou magnifiques corps d’ébène, aucune préférence ! Menteuse.


Je n’ai jamais réussi à trancher si le visuel l’emporte sur l’olfactif. Je sue sans échanger de fluides corporels. Et je bénirai l’ingénieux ingénieur qui recyclera toute cette énergie calorique en électricité. Au moins, on fera quelque chose de ce temps perdu qui n’est ni déductible d’impôt ni remboursé par la RAMQ.


Je vais donc au Y à l’heure des pigistes de ma race, des chômeurs, des acrobates de cirque, des étudiants et des mémères actives. À l’heure des fitspoholic aussi, ces drogués du fitness et du « sport », ahannant sous les haltères, s’amourachant d’idoles éphémères pour cause de dopage et de félonie. Moi, mes idoles, ce sont le chanteur d’opéra Marc Hervieux et l’animatrice Oprah, très tendance lourde tous les deux. Leur carte de visite a des reflets d’authenticité.


Je lisais récemment que le Journal of the Medical American Association avait sorti une étude décrétant que quelques kilos en trop permettent de vivre plus vieux. Ça, c’est comme la margarine et le beurre. J’ai connu l’époque de la margarine, puis celle de l’huile de canola et enfin celle de l’huile de coco (le dernier truc pour l’alzheimer), mais on revient toujours au beurre. Vous verrez, on retournera aux quelques kilos en trop, on remplacera Jean-Pierre Ferland par Marc Hervieux, qui aurait fait un fabuleux sex-symbol à l’émission La voix.


Mais je m’éloigne de ma voie.


En ce moment, je suis limite frigide, janvier fige le foie et la seule façon de chasser le blues hivernal avec un budget restreint, c’est encore de se faire aller les gambettes et de pousser de la fonte. Si je fréquente le gym pour garder le fessier pas trop mou, c’est surtout au niveau du mental que les exploits me comblent. Je suis accro à la dopamine (la même que dans le chocolat) et à la sérotonine, à l’élan d’optimisme qui m’inonde en ressortant. Mes anti-deps, mon remonte-pente, ma douche hormonale, c’est au Y que je les prends.


Gym tonique et zumba chachacha


Si on m’avait dit qu’un jour je sautillerais comme une Coréenne en manque de kimchi sur Gangnam style ou que je me réchaufferais en chantant Will You Still Love Me Tomorrow ? en mode chacha, j’aurais imaginé un bel entraîneur basané sculpté dans l’argile, yeux de jais, mâchoire virile, muscles bandés, comme inspiration à l’avant-plan. Voilà plutôt une sirène sensuelle se déhanchant devant moi. Mon prof de zumba se prénomme Rivky, elle a 23 ans, des yeux verts, des cheveux bleus et des hanches de danseuse de baladi. Je la suivrais partout, surtout sur une plage au soleil couchant. Elle enseignerait le batik au Club Med que je m’inscrirais avec entrain.


Sourire, fraîcheur, féminité qui transpire par tous les pores, musique pepée et programme varié, vous avez là de quoi faire grimper les pulsations cardiaques. Cette gamine ne faisait rien de sa peau il y a cinq ans, sa mère l’a traînée à un cours de zumba et le mal était fait. « Je vais être entraîneuse toute ma vie », me dit-elle avec cette moue invitante de déesse inassouvie.


Entre nous, je garde pour le dessert la zumba, un pot-pourri de danses aérobiques sur rythmes latinos. Les autres jours, j’opte pour natation, vélo stationnaire et machines elliptiques, exercices au sol et postures de yoga. Sans autre motivation que ma fierté et mon sens du devoir, j’inscris religieusement mes sorties à l’agenda. Pas de fuites possibles.


Mais si j’avais besoin de motivation supplémentaire, ce serait probablement Hugo Vega, un Mexicain qui entretient une relation complexe avec ses clients du YMCA. Je l’observe depuis plusieurs années du coin de l’oeil. Sérieux, pas flirt pour un sou, charmant, exigeant et un rien sadique. Trop beau pour être mon entraîneur, mais vous en avez pour votre argent. Avec lui comme instructeur, vous finirez sur une plage à Venice, en Californie, où il a quelques clients plusieurs mois par année. À L.A., un coach doit avoir une gueule d’Hollywood sous peine de crever de faim.


« La mentalité nord-américaine est très dure, constate-t-il. Le marketing du corps, l’image qui vient avec le succès et l’argent. Au Mexique, ce n’est pas comme ça. On ne se noie pas dans un verre d’eau… »


On lâche pas, on lâche pas!


Mes deux entraîneurs du Y sont d’accord, les clients ont des attentes démesurées par rapport au gym - surtout chez les femmes - et c’est la première cause d’abandon. Les capitons ne fondent pas, les rondeurs ne disparaissent pas en deux mois et la musculature s’avère un matériau très capricieux selon le type morphologique. Les unes de magazines et la publicité demeurent les premières responsables de ces attentes peu réalistes, selon Rivky.


Leurs conseils et les miens pour tenir plus que trois mois ? D’abord imprimer le goût du mouvement tout jeune. « Les gens qui ont commencé à faire du sport dans l’enfance conservent ce besoin », souligne Hugo, père de trois ados. Ensuite, fréquenter un gym près de chez soi (un conseil de notre photographe Jacques Nadeau). Plus vous vous éloignez de votre parcours métro-boulot-dodo, plus vous risquez de vous enfarger dans vos espadrilles neuves sans jamais vous en servir. Remplacer le métro par les souliers de course est une option très valable aussi. Puis, inscrire les rendez-vous à l’agenda, immuables comme la volonté de Lance Amstrong devant la victoire ou le pic de l’Arnaque. On ne se demande pas si on aime ça avant, on se pose la question après !


Ensuite, choisir une activité (ou plusieurs) que l’on apprécie, insiste ma prof zumba. Et j’ajouterais : varier le menu. Non, faire l’amour ne fait pas partie du menu. Quoique, selon Hugo, après le sommeil, l’alimentation et l’exercice, vient le sexe, quatrième pilier de la santé : « Ça aide à se sentir bien », dit-il.


Ça dépend avec qui… et comment. Sinon, même horaire : lundi, mercredi, vendredi.


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cherejoblo@ledevoir.com

Twitter.com/@cherejoblo

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Noté 10 raisons de bouger sur le site Passeport Santé. La 6e ? Pour le sexe…

 

Aimé Unité 9. Je voulais voir la série en rafale lorsqu’elle serait terminée, mais je n’ai pas résisté à la curiosité cette semaine. Des actrices fabuleuses et un aumônier (Paul Doucet) vraiment sympa. La scène où il fait faire de l’exercice à Suzanne Clément pour lui faire passer l’envie du sexe est tout à fait suave.

 

Cillé devant le Elle Québec (février 2013) avec la jolie Karine Vanasse à demi nue. J’ai cherché dans les pages intérieures à comprendre ce qui justifiait tant de peau sous zéro, je n’ai trouvé que les mots « libre », « touchante » et « vraie » à la une. Ce n’était pas nécessaire pour attirer l’attention sur la carrière de l’actrice et je me demande si ça fait vendre plus de magazines à un lectorat largement féminin. Et si Karine Vanasse avait été toutoune, on lui aurait proposé le même jeans sans soutien-gorge ? C’est ce qu’on appelle défoncer des portes ouvertes.


Écouté avec intérêt l’épisode sur l’Afrique du Sud du Sexe autour du monde avec l’irrésistible et attachant Philippe Desrosiers. On y apprend que la salsa est très tendance là-bas pour approcher les femmes et qu’une médecin a inventé un condom-piège qui t’oblige à aller chez le médecin pour le retirer au bistouri si tu violes une fille. Ouch ! En reprise ce soir à 22h, à TV5, ou sur le site de l’émission.


Dévoré d’un bout à l’autre le dernier magazine de Ricardo Spécial budget (janvier-février 2013). Moins manger pour économiser, c’est une chose. Mais bien s’alimenter toute l’année en épargnant et en sachant comment cuisiner, c’en est une autre. Si je me suis lassée des recettes un peu trop fafas (fades et faciles) de Ricardo, j’ai été inspirée par ce dossier très fouillé qui parle gaspillage, potager, chambre froide, mijoteuse, grandes surfaces, végétarisme et créativité. Faire à manger exige savoir-faire, temps et argent et l’équipe Ricardo contribue vraiment à nous épargner des deux derniers.

 

Reçu Zéro diète présenté par Karine Larose, directrice des communications chez Nautilus Plus et kinésiologue, un assemblage de recettes santé, allégées et dont certaines sont végés, concoctées par des nutritionnistes. On insiste sur le fait que cuisiner aide à perdre du poids. On y indique calories, glucides, protéines, et les photos ont l’air appétissantes. Pour l’inspiration.


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JOBLOG
 

Ça me fait suer

J’entre au sauna à peu près comme je pénètre dans une église, mais en plus légèrement vêtue. En y recherchant le silence dans le refuge intérieur. Et quand la compagnie en profite pour jaser, faire ses étirements ou du yoga bikram, pour s’épiler ou pour sécher ses vêtements en ouvrant la porte aux deux minutes, je me dis qu’il faudrait un mode d’emploi à l’un des derniers lieux où silence et chaleur peuvent encore se conjuguer.

 

Amour

Je me suis précipitée avec mon amoureux pour voir le film à sa sortie, histoire qu’il comprenne qu’on ne peut pas toujours prendre soin de l’aimé(e) au-delà de ses forces. Même lorsqu’on a une mentalité de bouvier bernois et qu’on est mariés pour le meilleur et pour le pire. M. Trintignant et Mlle Riva sont fabuleux. Même Isabelle Huppert a réussi à ne pas m’énerver. J’ai apprécié qu’on y montre ce que j’ai cherché à voir en prenant soin de mon grand-père lorsqu’il est entré aux soins palliatifs.
 

Ma plus grande leçon de vie a été de l’assister dans la mort. En ressortant du film d’Haneke, je me suis dit qu’Amour ferait davantage pour éveiller les consciences sur les soins de fin de vie que tous les juristes qui se penchent sur ce délicat dossier. Je préfère savoir que de vivre dans le déni.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 26 janvier 2013 02 h 09

    Merci et bonne semaine

    Ne dit on pas que la vie est faite de mille et une petites choses, Il est plaisant de vous voire vous occuper, de notre quotidien, car on a jamais fini d'apprendre. Aujourd,hui je vous écris pour vous remercier du plaisir que j'ai de vous lire, en générale, je me sents mieux et je dors mieux. Voila ce que je voulais vous dire.