Saveurs - L’alimentation en 2013

Les mauvaises conditions climatiques de 2012 pour la culture céréalière vont sans doute se traduire par une hausse du prix des pâtes alimentaires, farines, pains et céréales en boîte.
Photo: Agence France-Presse (photo) Mychele Daniau Les mauvaises conditions climatiques de 2012 pour la culture céréalière vont sans doute se traduire par une hausse du prix des pâtes alimentaires, farines, pains et céréales en boîte.

Comme pour la mode vestimentaire, nous sommes aussi victimes des tendances dans le secteur de l’alimentation, qui influencent nos comportements d’achat. Qu’est-ce qui pointe à l’horizon ? Comment déceler, parmi la multitude de produits inondant les tablettes des supermarchés, ceux qui obtiendront la faveur des consommateurs en 2013 ? Quelle influence les médias ont-ils sur la consommation ?


Les publicitaires savent fort bien que l’apparence d’un produit a un impact sur le comportement des consommateurs, qu’un bel emballage fait vendre davantage. Aussi, de voir une vedette de la télévision utiliser dans sa cuisine un produit alimentaire provoque d’emblée une demande dans la plupart des grandes épiceries.


Les voyages et une meilleure connaissance des différentes cuisines du monde accentuent aussi la notoriété d’un produit, comme le thé ou le café, par exemple. Tout cela entraîne un engouement ou une curiosité chez les consommateurs, qui peut très bien se traduire par une habitude de consommation.

 

Les grands défis de l’année


Les mauvaises conditions climatiques de 2012 annonçaient le pire pour la culture des céréales. Cela va sans doute se traduire par une hausse du prix de tous les produits céréaliers : pâtes alimentaires, farines, pains, céréales en boîte…


De plus, une augmentation du prix de la viande et des volailles est aussi à prévoir, de même que celui des poissons d’élevage, qui sont tous nourris de céréales. La grande demande d’espèces marines rares et menacées, comme le thon rouge et certains poissons blancs, comme la morue, va irrémédiablement se traduire par une augmentation des prix.


Cela dit, indépendamment des prix, on trouvera en 2013 de nouveaux produits souvent popularisés ailleurs et attirant notre curiosité ainsi que des produits « brûlés » par un excès de marketing ou un ras-le-bol des consommateurs.

 

Les produits in


Le Japon de la modernité sait encore nous séduire. Divers produits, comme le yusu, ce citrus japonais qui provient de la région de Kôchi, et qui se retrouve autant en produit séché déshydraté qu’à l’état frais ou surgelé, resteront populaires ici.


Les beignes maison connaissent un regain de popularité, tant dans les familles que chez les restaurateurs.


Le porc, qui avait déjà amorcé un retour avec la charcuterie, se trouve autant chez les chefs que sur les tables des consommateurs, mais apprêté à la façon 2013: autres découpes et autres préparations. À quand un vrai, un authentique pâté de foie de porc à l’ancienne ?


Quant au quinoa, 2013 sera l’année de cette plante qui fait penser à une céréale et qui est de plus en plus utilisée, tant en salade que dans les plats ou les desserts. On pense même qu’il pourrait peut-être régler divers problèmes de malnutrition dans le monde.


L’eau naturelle ou sève d’érable prélevée à la source de l’arbre, qui peut servir tant à préparer des tisanes ou d’autres boissons que pour de multiples usages culinaires, sera bientôt commercialisée. On verra aussi apparaître le pain de châtaignes qui, lorsque bien préparé, a un goût merveilleux.


Après la cuisine épicée de l’Inde, celle épurée de la Norvège ou celle « miniaturisée » du Japon, voici le retour de la cuisine anglaise, un mélange de saveurs d’Europe conjuguées à celles de la cuisine des pubs, dont le fameux fish and chips.


Aux États-Unis, les fromages américains artisanaux tentent une percée dans la gastronomie et commencent à révolutionner le milieu des produits fromagers aseptisés et sans âme.


Le chocolat demeure toujours un produit populaire, surtout quand il s’agit de grands crus du Pérou, du Venezuela ou de Cuba.


Les vins rosés, déjà en croissance, le seront encore plus en 2013. Enfin, on leur accorde la place qui leur est due en les considérant désormais comme de vrais vins.

 

Les produits out


Après les produits qui devraient faire une percée en 2013, voici ceux qui ont bien vécu mais dont les consommateurs se lassent…


Les macarons. On les a vus servis à toutes les sauces, de toutes les couleurs, mais hélas, bien peu sont du niveau de ceux vendus chez Ladurée, à Paris, où les foules ne cessent de s’allonger malgré la crise.


Le porto. On a brûlé son image à force de le proposer avec tous les fromages et tous les desserts.


Le saumon d’élevage. Celui-ci a tellement été décrié partout, par de nombreux rapports ou études, que les gens se ruent désormais vers le saumon sauvage, qui dans bien des cas n’a de sauvage que le nom.


Le foie gras de canard. Trop, c’est trop, tout le monde ou presque fabrique son foie gras de canard, en passe de remplacer la tourtière ou le pâté au poulet. On en trouve beaucoup sur le marché, mais très peu méritent la note de passage.


Les clémentines du Maroc sont désormais détrônées par celles de l’Espagne, avec feuilles, celles du Chili ou encore celles de l’Afrique du Sud.


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Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l’entendre tous les samedis à l’émission de Joël Le Bigot Samedi et rien d’autre à la Première chaîne de Radio-Canada.


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BIBLIOSCOPIE

Le Cochon du Museau à la Queue

Éditions Transcontinental

Canada, 2012, 293 pages


Pas moins de 46 chefs ont accepté de donner leurs recettes de cochon et de verser une partie de leurs redevances à la fondation Tirelire qui, comme La Tablée des chefs, lutte contre la faim au Québec. Cet ouvrage, qui redonne vie à des morceaux et des coupes oubliés, revitalise cette viande qui demeure une valeur sûre, et surtout de grande qualité, du Québec.

1 commentaire
  • Maria Gatti - Inscrite 16 janvier 2013 10 h 03

    foies de canard

    Il faut par contre souligner que les foies de canard sont délicieux, même sans gavage et le prix du foie gras. Et que le canard est délicieux et que son gras est un gras animal relativement sain. J'ai fait mes tourtières (ou "pâtés à la volaille") au canard préalablement braisé - un grand succès auprès de mes convives; le canard congélé en réclame avant les fêtes convient parfaitement pour cette utilisation. Beaucoup de gens doivent surveiller leur budget de près; c'est mon cas et pourtant je fais de la bonne bouffe.

    D'accord avec le vin rosé. Malheureusement, on trouve relativement peu de vins blancs, et forcément encore moins de rosés, à la SAQ.