Vos placements - Une retraite sans dette

Mon conjoint et moi cherchons votre avis concernant nos options d’hébergement à la retraite. Nous avons 59 et 61 ans et prendrons notre retraite dans quatre ans. Nos salaires actuels sont de 97 000 $ et 100 000 $. Nos revenus de retraite nets après impôts et comprenant la RSV et le RPQ seront de 39 000 $ pour moi et d’environ 35 000 $ pour mon mari. Nous détenons environ 400 000 $ de REER et environ 50 000 $ de liquidités. Nous avons une maison libre d’hypothèque qui vaut approximativement 800 000 $. Nous dépensons présentement près de 20 000 $ par année pour tous les frais reliés à la maison : taxes, entretien, chauffage, déblayage, etc. Nous avons un fils de 18 ans encore à la maison mais qui devrait avoir terminé ses études au moment de notre retraite. Nous détenons un fonds d’éducation de 41 000 $ pour payer ses études.


À notre retraite, nous aimerions vendre notre maison actuelle et acheter une maison de villégiature ou un chalet et investir autour de 300 000 $. Nous aimerions aussi louer un pied à terre à Montréal.


Nos questions :


1. Une fois que nous aurons vendu notre maison actuelle, nous serions en mesure de payer comptant la nouvelle maison. Mais vaudrait-il mieux prendre une hypothèque et investir la somme de la vente de notre maison dans des placements ? Nous ne désirons pas spéculer, ayant été traumatisés par les pertes subies durant le dernier krach ;


2. Pour ce qui est de l’appartement à Montréal, que nous aimerions louer, nous nous demandons quelle somme nous serions en mesure de payer mensuellement. Les appartements qui nous inspirent vont chercher des loyers de 2000 $ à 2500 $ par mois.


3. Serait-il préférable d’acheter un appartement plutôt que de le louer, du point de vue financier ? Nous n’aimons pas les condos à cause de tous les frais imposés, mais nous serions tout de même prêts à en considérer l’achat si la location représente un plus grand fardeau.


D. F.


***
 

Monsieur Chiasson,


Vous avez écrit dans l’une de vos chroniques de l’été dernier qu’il est préférable de ne pas avoir de dettes à la retraite. J’aimerais avoir votre avis sur ma situation.


Je suis fraîchement retraité. Libre de dettes, je ne possède cependant pas le logis que j’occupe. J’ai mon fonds de retraite à prestations prédéterminées, ce qui me procure 42 000 $ de revenu net. J’ai aussi un petit REER de 20 000 $. C’est tout. Oh ! Je paie près de 1000 $ - tout compris - pour me loger. J’aime les grands appartements.


Selon votre logique, je ne devrais pas acquérir une propriété pour me loger, car ainsi, j’aurais une dette. Est-ce que cette logique s’applique dans mon cas ? Merci.


Anonyme

 

Je le réitère : à la retraite, on ne devrait plus avoir de dettes au bilan. Normalement, rendu à la retraite, on doit être parvenu à accumuler un avoir suffisant pour nos vieux jours. Ce n’est plus le temps de recourir à la dette pour tenter de s’enrichir, car accroître ainsi son niveau d’endettement implique du même souffle d’augmenter le degré de risque de ses placements.


Des exceptions, il peut y en avoir. Dans le cas par exemple d’immeubles à revenus. Dans ce cas, les intérêts sont déductibles et sont supportés par des revenus de location généralement assez prévisibles. Le propriétaire de tels immeubles n’a pas à la retraite à utiliser ses rentes pour payer les intérêts de telles hypothèques.


Mais, dans le cas de dettes contractées pour acheter des biens ne générant pas de revenus relativement prévisibles, le retraité doit les éviter. C’est ce que je recommande à notre intervenant anonyme qui paie actuellement un loyer de 1000 $ par mois. Il reçoit une bonne rente de son employeur mais semble ne disposer que de très peu de liquidités, n’ayant qu’un REER d’une valeur de 20 000 $. Je comprends qu’acheter un condominium puisse peut-être améliorer son style de vie. Par contre, il ne faudrait pas qu’il se retrouve dans une situation similaire à celle de la dame dont j’ai analysé le cas il y a quelques semaines. Ayant constaté des réparations majeures à leur immeuble d’à peine 11 ans d’âge, cette dame ainsi que les autres copropriétaires sont aujourd’hui contraints d’entreprendre des travaux majeurs dont le coût total s’élèvera, pour chacun, à près de 6000 $. Or la dame était inquiète, ne sachant pas trop si elle trouverait les liquidités pour effectuer un tel débours. Il ne faut surtout pas se retrouver dans une telle situation à la retraite.


Quant à notre première intervenante, sa situation financière est bien différente. Son couple possède un avoir plus que suffisant pour lui assurer une retraite confortable. Ce couple envisage de vendre sa propriété d’une valeur de 800 000 $ pour acheter une maison de villégiature. Du produit de la vente, un montant de 300 000 $ pourrait servir à effectuer des placements. Le reste servirait à payer comptant la propriété à la campagne. C’est la voie que doit suivre ce couple. Et non celle d’emprunter pour acheter ladite propriété pour ensuite utiliser les liquidités ainsi obtenues pour construire un portefeuille d’une valeur de près de 800 000 $ dans les valeurs mobilières. Surtout que ce couple montre une aversion élevée au risque, ayant déjà été échaudé par le krach de 2008-2009.


La propriété à la campagne deviendra - c’est préférable - leur nouvelle résidence principale. Cela est très avantageux puisque le gain réalisé à la vente de la résidence principale n’est pas imposable.


Quant aux liquidités restantes de 300 000 $, en dépit de son aversion au risque, je suggère au couple d’en investir au moins la moitié dans les actions de grandes entreprises canadiennes montrant un long historique de versements de dividendes élevés et croissants. Quant au reste des liquidités, il pourra être investi dans des titres à revenus fixes de qualité, dont font partie les obligations à terme à taux progressifs de Placements Québec.


Concernant le pied à terre à Montréal, le couple a les moyens de louer un logement répondant à ses attentes. Vu le loyer élevé qu’il est prêt à payer, il devrait, si l’occasion se présente, louer avec une option d’achat courant sur plusieurs années. Dans le contexte immobilier actuel, négocier un tel bail avec option d’achat n’est pas facile. Advenant un ressac du marché, louer avec une option d’achat pourrait être une chose possible.

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