Vos placements - Bourse: faut-il paniquer?

Bonjour M. Chiasson,


J’ai reçu un avertissement de quelqu’un qui connaît la Bourse. Il m’a averti qu’il y aurait un krach terrible bientôt (c’est-à-dire que les jours sont comptés d’après lui) et qu’on pourrait perdre jusqu’à 50 % de notre portefeuille.


Je ne sais pas quoi penser. J’ai de l’argent investi à la Bourse avec des gens spécialisés dans le domaine, mais personne n’a l’air de paniquer.


Donc, j’essaie de voir s’il y a du vrai ou non dans les avertissements de ma connaissance. Selon elle, je devrais tout retirer de la Bourse pour parquer l’argent dans un compte à la caisse ou à la banque pendant quelque temps.


J’aimerais savoir ce que vous en pensez.


R. M.

Saine diversification. Telle est ma réponse à vos questions. Personne ne peut vraiment prédire ce que fera la Bourse. Aussi, pour bien doser le risque de votre portefeuille de placement, la première chose à faire est de déterminer une juste répartition du portefeuille global entre les actions et les titres à revenus fixes de haute qualité, auxquels appartiennent les certificats de dépôt et les dépôts à terme des banques.


Cette répartition doit reconnaître qu’effectivement, le contexte économique mondial n’est pas facile. L’Europe nage en plein marasme financier. Le Vieux Continent a, de toute évidence, basculé dans une nouvelle récession. Les États-Unis sont aux prises avec un déficit budgétaire gargantuesque qui risque, à terme, de forcer le gouvernement à prendre de sévères mesures d’austérité capables de stopper net la croissance économique. Par ailleurs, la situation géopolitique est très précaire au Moyen-Orient et en Asie. Nombreux sont donc les facteurs susceptibles de déclencher une correction à la baisse des indices boursiers.


C’est pour tenir compte de ces risques que je recommande aux lecteurs de répartir leur portefeuille global à parts égales entre les titres à revenus fixes et les actions. Cela dit, si vous êtes de nature plus craintive que la moyenne, je vous suggère alors une répartition plus prudente de 40 % d’actions et de 60 % d’obligations, voire de 30 % d’actions et de 70 % d’obligations. Mais, en aucun temps, je ne vous recommanderais de retirer complètement vos billes du marché boursier. Une saine diversification de votre portefeuille implique à mes yeux que vous puissiez participer en tout temps aux différentes classes d’actif que sont les actions, les titres à revenus fixes et l’immobilier.


Certes, des corrections boursières, il y en aura toujours. De 50 % ou plus ? Là, c’est chose peu courante. En 2008-2009, la chose s’est produite alors que les indices ont plongé de près de 60 %. Il faut remonter à 1929 pour trouver une correction de cette envergure. Normalement, au pire d’une récession, les indices se corrigent à la baisse de 30 %. Une fois la récession passée, les indices tendent à récupérer le terrain perdu assez rapidement, comme cela s’est produit en 2010 jusqu’à ce jour. Ainsi, les investisseurs qui n’ont pas paniqué, qui ont conservé leurs actions, ont presque récupéré la valeur d’avant le krach de leurs placements et ont même pu ajouter à leur position de base des actions à vil prix.


Pour être en mesure de maintenir le cap, il faut que le petit investisseur concentre ses placements dans les actions de grandes entreprises, dominant leur marché, montrant une solide rentabilité et soutenant une politique de dividende élevé et croissant. C’est là la deuxième façon efficace de contrôler le risque de votre portefeuille global. Accumuler ces titres graduellement sur faiblesse des cours (il faut échelonner son programme d’achat d’actions sur au moins un an et demi) est la marche à suivre pour limiter les risques à long terme. Les actions de huit grandes entreprises permettant de participer à cinq secteurs d’activité distincts et prometteurs de notre économie permettront de récolter de généreux dividendes et d’enregistrer une plus-value appréciable à long terme.


Vous savez, de telles entreprises sont de plus en plus rares. Plusieurs d’entre elles rachètent régulièrement de leurs actions à des fins d’annulation. Même que le nombre de leurs actionnaires est nettement à la baisse. Par exemple, le nombre d’actionnaires de la Banque de Montréal est passé, de la fin des années 1980 à aujourd’hui, de 500 000 à moins de 100 000. C’est donc dire que les actionnaires qui restent sont probablement très fidèles à l’entreprise, ce qui aura pour effet de soutenir le cours des actions à long terme.


Enfin, sur le plan macroéconomique, les fortes corrections boursières ont tendance à survenir lorsque tout le monde porte des lunettes roses, comme ce fut le cas en 2007 alors que la spéculation allait bon train dans le secteur immobilier au sud de notre frontière.


Ce n’est certainement pas le cas depuis 2007 jusqu’à ce jour, alors que les économies sont parsemées d’embûches et que tous les jours les journaux ne cessent de véhiculer des nouvelles négatives et inquiétantes nous provenant de l’Europe, de l’Asie ou de notre continent. Or, en dépit de cet environnement assez sombre, les indices boursiers ont régulièrement progressé depuis leur creux de 2009.


L’une des raisons : le train monétaire. Tous les pays de la planète mènent actuellement une politique monétaire de stimulante à très stimulante. Il y a quelques semaines, le Japon a dit considérer la possibilité de faire passer ses taux d’intérêt en territoire négatif tant pour le court que pour le long terme. Le but : faire sortir l’argent des comptes de banque pour stimuler la consommation. À la suite de cette nouvelle, l’indice boursier Nikkei est vite repassé au-dessus de la barre de 9000.


Par ailleurs, maintenant que la Chine a en place son nouveau gouvernement, les chances sont que ce dernier appuie fort sur l’accélérateur, tant monétaire que fiscal, à partir du printemps prochain. Avec des réserves de plus de 3000 milliards $US, la Chine est en mesure de stimuler son économie pendant de nombreuses années sans coup férir.


Comment partager une maison entre deux conjoints?


En 1988, j’ai acheté avec mon conjoint un condo d’une valeur de 87 000 $. Bien que la propriété soit au nom de mon conjoint et au mien, c’est moi seule qui ai fait la première mise de fonds, soit 25 % du montant de l’achat. En 1992, nous avons vendu ce condo 115 000 $ et acheté une maison qui valait alors 205 000 $. Nous avons fait alors une mise de fonds de 75 000 $ et fait un emprunt hypothécaire de 130 000 $. Les versements hypothécaires ont été payés également par nous deux, à l’exception d’un montant de 10 000 que j’ai versé sur l’hypothèque en 2004. Actuellement, en 2012, l’évaluation municipale de la maison est de 525 000 $. Elle est libre d’hypothèque. Mon conjoint reconnaît que je possède plus de 50 % de la valeur de la propriété, mais nous ne savons pas comment évaluer nos parts respectives. J’aimerais savoir quelle méthode utiliser pour cela.


Pour des fins de testament, j’aimerais laisser ma part à mon fils. Mais ce qui complique un peu l’affaire, c’est que mon conjoint et moi avons un fils en commun et qu’il a deux autres enfants.


Comment faire pour léguer à mon fils ce qui lui revient et faire en sorte que la valeur de la propriété ne soit pas divisée également entre les trois enfants de mon conjoint ?


Je vous remercie de votre réponse.


S. B. - Québec


Une façon d’évaluer votre contribution supérieure à celle de votre conjoint (vu que celui-ci a constamment versé 50 % des mensualités hypothécaires) serait de calculer la valeur actuelle de vos débours additionnels faits depuis 1988. Vous en avez fait deux : un de 22 000 $ en 1988, puis un autre de 10 000 $ en 2004. L’exercice consiste à déterminer ce que valent vos 22 000 $ investis en 1988, 24 ans plus tard. Idem pour vos 10 000 $, sauf que, dans ce cas, la période considérée court sur huit ans. Pour ce faire, vous devez utiliser par hypothèse un rendement annuel composé après impôt, puisqu’il s’agit ici d’une résidence principale dont la valeur marchande est après impôt. Supposer un rendement annuel composé annuel de 3 % après impôt me semble acceptable pour les périodes considérées. À ce taux, vos 22 000 $ équivalent aujourd’hui à un montant de 44 721 $ (cela comprend donc le montant initial plus les intérêts composés après impôt pendant 24 ans).


Pour le montant additionnel de 10 000 $ versé en 2004, celui-ci vaut aujourd’hui, soit huit ans plus tard, 12 668 $. La valeur actuelle des deux débours additionnels que vous avez effectués totalise donc 57 389 $.


C’est ce que votre conjoint devrait vous rembourser présentement à même le produit de la vente de votre propriété avant de partager le reste entre vous deux, à parts égales. Si vous vendez votre propriété 525 000 $, votre conjoint devrait vous concéder en premier lieu, du produit de la vente, 57 389 $. Quant au reste du produit de la vente, soit 467 711 $, vous devriez le partager à parts égales à raison de 233 805 $ chacun.


Cette approche pourrait être utilisée pour déterminer les montants devant être laissés à vos héritiers. Dans votre cas, la valeur de votre héritage serait en ce moment, selon les calculs précédents, de 291 194 $ (57 389 $ + 233 805 $) et celle de votre conjoint, de 233 805 $. Un notaire peut faire vos testaments respectifs tout en précisant la méthode du partage (selon les calculs précédents) entre vous et votre conjoint. Ce document devrait contenir le rendement composé annuel après impôt retenu pour calculer les intérêts composés.

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