Le train est en gare

C’est un nouveau départ auquel nous avons assisté mardi après-midi en direct du Salon bleu. Un départ un peu sur les chapeaux de roues, mais avec plein de bonnes idées qui nous permettront peut-être de nous en sortir. C’est dur d’accepter le fait que les libéraux avaient vraiment perdu tout contact avec la réalité et avaient plongé le Québec dans un véritable précipice d’endettement dont nous n’aurions plus jamais vu la fin. Vivre selon ses moyens a toujours meilleur goût.


Sauf que la plus grande découverte de cette semaine n’est peut-être pas le contenu du budget présenté, mais le calme et l’assurance du nouveau ministre des Finances, qui, les pieds bien solides dans ses nouvelles chaussures, a présenté le résultat de ses travaux des deux derniers mois avec un sens des responsabilités digne des ministres aguerris et remplis d’expérience. Nicolas Marceau, le député assez effacé qu’on avait à peine appris à connaître sur les banquettes de l’opposition, se révélait un homme sûr de lui et confiant en ses capacités de trouver des solutions à tous les problèmes dont il a hérité. Il n’a jamais cédé à l’enflure verbale et il a parlé clairement et simplement pour être bien compris. Pas d’effet de toge. Juste la réalité dans ce qu’elle a de plus réel.


Pas de spectacle avec lui. Des chiffres, des faits et une ouverture qui permet de penser qu’il est accessible et disposé à écouter. Une vraie découverte.


Tout ça pour vous dire qu’après seulement quelques minutes je me suis mise à aimer cet homme d’amour. Pas comme une gamine, n’exagérons rien, mais comme une contribuable convaincue que le Québec, s’il était toujours bien administré, ne serait pas une province pauvre, mais un pays qu’on citerait en exemple.


La commission Charbonneau continue son cours universitaire en corruption, élevée à un niveau jamais soupçonné. Elle nous permet d’évaluer jusqu’à quel point on nous a dépouillés non seulement de sommes fabuleuses qui nous appartenaient, mais également de notre sens de la droiture et de nos valeurs de base comme société. Il nous restera une connaissance des moyens employés et un sens de la vigilance que nous n’avions jamais eus. Tant mieux. Nous serons toujours les meilleurs gardiens de nos biens communs. Il n’est pas temps de détourner les yeux. Il faut au contraire tout retenir pour rester les gardiens de l’avenir collectif.


Et c’est là où la volonté exprimée par Nicolas Marceau me rassure. Pas question pour lui de faire comme si tout allait bien et qu’on pouvait déjà passer à autre chose. Il est déterminé à voir le bout du bout de toutes ces magouilles et à retrouver le sens d’une administration qui garde le sens de l’honneur et de la justice.


Nicolas Marceau a rejoint cette semaine mon palmarès personnel des membres du nouveau gouvernement. J’avais déjà placé en numéro un le ministre des Affaires municipales, monsieur Gaudreault, qui a été lancé dans l’eau glacée dès sa nomination avec les ÉNORMES problèmes de Montréal et de Laval. Surtout que j’avais souri lors de sa nomination en pensant que madame Marois faisait une grave erreur de distribution de rôles. Je m’en excuse aujourd’hui, car cet homme a fait preuve d’une compréhension des dossiers pourris qu’il recevait en cadeau de noces et s’est acquitté de ses tâches avec une maturité étonnante et une patience juste assez modérée pour faire le ménage sans tout casser. Il est une bénédiction dans les circonstances.


Mon numéro trois est le ministre de l’Environnement, qui en est un vrai malade, de l’environnement, pour une fois. Il parle fort, peut frapper fort et il ne se laissera jamais tasser dans un coin. Je les aime comme ça dans ces dossiers si importants où se joue notre avenir.


D’ici Noël, j’aurai sans doute fait le tour de tous les autres et je ferai ma liste pour le père Noël. Les cadeaux seront minces cette année, car monsieur Marceau a pris bien soin de passer avant le père Noël. Il a eu raison.


Surtout que le père Noël était au pouvoir au Québec depuis 2003 et qu’il avait pris la mauvaise habitude de donner ses cadeaux non pas aux plus sages ou aux plus méritants, mais plutôt à ceux qui laissaient du lait et des biscuits pour que le père Noël s’en mette plein la bedaine même s’il n’en laissait jamais pour ceux qui avaient vraiment faim.


Ce temps-là est fini. Il était temps. À quelques semaines de Noël, c’est bon de penser que le gros bonhomme Noël a pris sa retraite et que le jeune Marceau a bien l’intention de se refaire une route qui lui permettra sans aucun doute une meilleure distribution de ses cadeaux. ALL ABOARD ! Le train est en gare. Si nous montons tous, nous retrouverons des amis et des cadeaux que nous n’attendions plus.

35 commentaires
  • Chantale Boutin - Abonnée 23 novembre 2012 00 h 32

    Continuite

    J ai comme une sensation à la lecture qu il y a un sens de continuité de quelque chose
    Vous êtes certainement capable et peut être la seule à montrer la voie d une continuité
    En un mot on continue de ou et vers ou
    On en à perdu la notion pouvez vous aider
    Merci d y réfléchir

    Avec beaucoup de tendresse sage grand mère

    Ton petit fils qui t aime
    Richard

  • Yves Côté - Abonné 23 novembre 2012 04 h 12

    Désolé Madame ...

    Désolé Madame, mais de ce départ sur les chapeaux de roues, Madame Marois nous montre qu'elle "vire de dessous" un peu trop avec ses idées d'importation de pétrole bitumineux ...
    Je crois malheureusement que notre PM confond encore, comme naguère, "vitesse" et "précipitation"...
    Que dit-on déjà sur les grands entreprenants ?
    Ah oui, qui commence en lion finit souvent en mouton.
    L'indépendance du Québec, sous prétexte ou impression qu'elle se rapproche de plus en plus d'une course puisque la stratégie canadienne a été de nous y pousser, ne doit pas devenir le fourre-tout de l'action.
    La meilleure manière de faire dérailler un train Madame, c'est de faire croire qu'on peut le lancer à toute bringue en estimant qu'il n'y a que des lignes droites en politiques. Alors que celles-ci sont généralement brisée par des courbes de virages qu'il faut anticiper.
    C'est la raison pour laquelle nombre de militants indépendantistes de longue date préféreront encore cette année se passer de cadeaux de Noël et même d'un nombre élevé d'amis plutôt que de monter dans des wagons un peu trop clinquants à leur goût ...

    Vive le Québec libre et républicain Madame ! Vraiment libre et républicain ...

    • France Marcotte - Abonnée 23 novembre 2012 05 h 54

      Et je suppose que vous serez candidat aux prochaines élections?

    • Solange Bolduc - Abonnée 23 novembre 2012 09 h 12

      On part en peur au lieu d'attendre que le train soit prêt à partir !

      On est vraiment insécure, car il faudrait toujours que les choses se fassent comme on l'avait prévu!

      Manque d'imagination ou d'adaptation au changement ?

      Et je me demande comment on ferait pour envisager les changements qui risquent d'être très drastiques et de déranger notre petit confort quotidien si j'aimais on obtenait un OUI à un référendum sur la Souveraineté du Québec?

      Ce serat la pagaille, la désillusion, car les transferts de tous ordres ne se feraient pas sans certaines déchirures ! Quand on gagne, ou que l'on fait un choix, il y a toujours une perte qui s'ensuit quelque part! Il faut s'y préparer sinon on tombe des nues!

      Alors rêvez, rêvez, braves gens, le purgatoire est à vos portes, et vous ne semblez même pas vous y préparer.

      L'aveuglement total!

    • Marc-André Fortier - Abonné 23 novembre 2012 11 h 40

      Monsieur Côté, au Québec les trains ont rarement déraillé à cause d'une courbe mais souvent parce qu'on avait bloqué ou enlevé les rails...

    • Yves Côté - Abonné 23 novembre 2012 13 h 59

      A Madame Marcotte.
      D'abord, merci de votre lecture.
      Puis ensuite, pour que tout soit clair, je n'ai pas de telles ambitions. C'est vrai que j'observe ce monde avec beaucoup d'attention depuis le début des années soixante-dix, mon père ayant été un modeste, honnête et très peu populaire organisateur de comté libéral (oui, parce qu'en politique, les personnes de conviction sincère existent, ou en tout cas existaient alors). Mais en toute honnêteté, pour peu que j'estimerais pouvoir m'y trouver utile à mon pays, je suis bien trop paresseux pour me lancer en politique et me contente donc d'écrire.
      Soyez donc rassurée Madame.
      A Monsieur Fortier, merci aussi de votre lecture.
      A mon avis, le train a déraillé au moins une fois en ratant un virage trop serré. C'était en 1995, au référendum.
      Sans me lancer dans des explications trop importantes, nous étions quelques-uns à faire du porte-à-porte dans la Petite-Italie, dans la Petite Patrie et dans Rosemont à observer qu'il y avait quelque chose qui clochait avec les inscriptions sur les listes électorales.
      Sauf qu'au lieu d'écouter notre questionnement et de nous aider à y comprendre quelque chose, nous avons simplement été envoyé bouler tellement la victoire semblait assurée à quelques cadres et élus du PQ... On connaît le reste de l'histoire.
      Ceci-dit, je suis d'accord avec vous, c'est généralement par de savants sabotages que nos déraillements ont eu lieu.
      Au plaisir d'échanger encore avec vous deux.

    • France Marcotte - Abonnée 23 novembre 2012 19 h 35

      Simplement, madame Bolduc, je pense qu'on a souvent raison d'être loyal, rarement de trahir.

    • J-Paul Thivierge - Abonné 23 novembre 2012 20 h 18

      Certainement ce n'est pas facile mais au moins il faut oser faire autre chose que la routine complaisante envers les entreprises trop entreprenante qui se fouent de l'avenir.
      Cependant il faut être réaliste le pétrole on en aurait encore un peu besoin pour 1/2 siècle minimum alors qu'il nous arrive par bateau ou par tuyaux , qu'ils viennent d'ailleurs ou de Old Harry ou d'Anticosti il y aura toujours des risques, il faut biene étudier, bien décider mais aussi laisser les options sagement ouvertes au lieu d'être excessif ou doctrinaire comme des ayatolats ! On se calme , on étudie , on décidera avec sagesse quand on aura les données et les hypothèses.
      Rien ne sert de blâmer inutilement et être 100 % sans produits pétroliers ou gaziers c'est IMPOSSIBLE avant des décennies, on peut agir pour diminuer notre dépendance.

    • Solange Bolduc - Abonnée 23 novembre 2012 21 h 31

      Nous vous avons bien entendu, M. Yves Côté!

  • André Vallée - Abonné 23 novembre 2012 05 h 16

    Marceau?

    D'accord avec Lise... très bon départ... pourvu que le train reste sur les rails et soit bien aiguillé.

  • François Ricard - Inscrit 23 novembre 2012 05 h 41

    En marche arrière

    Le gouvernement Marois n'en finit plus de faire marche arrière:
    ---l'ajout d'un seul palier d'impôt plutôt que deux
    ---les tableaux interactifs
    ---l'anglais en 6e
    ---les redevances minières
    ---la taxe santé
    ---l"oléoduc albertain
    Avec un PLQ désemparé, le gouvernement Marois avais l'occasion de donner de véritables impulsions à l,État québécois.
    Il semble plutôt enclin à poser des gestes qui, pense-t-il, inciteront les caquistes à voter PQ dans une prochaine élection.
    Au lieu d'exercer du leadership on se rabat sur le carriérisme.

    • Solange Bolduc - Abonnée 23 novembre 2012 09 h 14

      On dit qu'il ne faut pas avoir peur de reculer pour mieux sauter ! Appliquons cet adage, s'il le faut ?

    • Bernard Terreault - Abonné 23 novembre 2012 09 h 38

      Sur les questions économiques et fiscales, un gouvernement québécois ne peut pas, hélas, faire abstraction du Canada et des Etats-Unis. On a vu comment on peut déménager une usine de Terrebonne au Tennessee ou déménager la fabrication de métros de La Pocatière au Vermont. Un Québec indépendant aurait un peu plus de marge de manoeuvre, mais pas énormément, nous sommes dans l'ALENA. Je suis en principe d'accord avec la plupart des propositions dites progressistes, et bien des économistes réputés ont fait valoir qu'en temps de récession il faut AUGMENTER les dépenses de l'État plutôt que les réduire, pour relancer l'économie, mais c'est au niveau de toute l'Amérique qu'il faut le faire. Tant que les É.-U. ne s'en seront pas convaincus, le Québec (ou la Californie, ou l'Ontario) est assez impuissant car il risque l'isolement et le boycott. Que le PQ mette ses priorités sur son identité culturelle, et qu'il fasse tout pour accroître sa force économique, technique et scientifique pour affronter la concurrence mondiale, et ainsi donner à sa population la confiance en soi et le goût de l'indépendance. Après tout, il y des tas de "petits" pays très riches dans le monde, et de "grands" pays très pauvres!

    • Marc Blanchard - Inscrit 23 novembre 2012 10 h 24

      Le gouvernement ne recule pas. Il transige avec sa réalité de minoritaire et, surtout, il prend son temps.

    • Jean-Pierre Bouchard - Inscrit 23 novembre 2012 18 h 06

      l'orientation générale du budget Marceau favorise la lutte contre la dette à un niveau égal de ce que serait le budget d'un gouvernement caquiste en défendant ce point un peu excessif du fait que le gouvernement Bouchard est allé trop loin il y a 15 ans pour lutter contre le déficit zéro sans avoir pensé à l'époque à la détérioration des infrastructures qu'il faudra reconstruire ce qui fait que les libéraux ont endettés le Québec par ce programme de reconstruction qui effectivement a amené la corruption.

      L'inquiétude d'électeurs péquistes du centre gauche du 4 septembre est de voir le gouvernement Marois emprunter la voie du gouvernement péquiste du déficit zéro d'hier.

      Un gouvernement minoritaire en début de mandat doit imposer ses décisions, ses approches au lieu de s'écraser devant l'opposition majoritaire à moins plutôt que ce ne soit les agences de notation qui déterminent la politique des gouvernements provinciaux comme nationaux et fédéraux! Les libéraux et caquistes ne peuvent renverser le gouvernement si tôt, ce qui détermine que les soupçons de de certains commentateurs sur le PQ depuis l'époque Bouchard se matérialisent à travers ce budget et cet écrasement politique assez marqué visible jusqu'à la politique des ressources naturelles.
      Absent plus souvent des blogues comme blogueur parmi d'autres ces dernières semaines, la politique me laisse un goût amer.

    • Charles Reny - Abonné 26 novembre 2012 16 h 55

      C'est la beauté d'un gouvernement minoritare: Il DOIT chercher le consensus. Par contre, il perd alors son essence ( sa couleur) au profit du consensus

  • France Marcotte - Abonnée 23 novembre 2012 05 h 58

    Une voix qui sonne juste

    Et curieusement, madame Payette semble être la seule chroniqueuse ayant l'aptitude de percevoir l'embellie, son ampleur.

    • Solange Bolduc - Abonnée 23 novembre 2012 10 h 26

      Je me demande si "l'embellie" dont vous parlez , Mme Marcotte, ne serait pas cette ferveur optimiste que l'on reconnaît chez Mme Payette: une sorte de réserve qu'elle se garde pour permettre à la "coureuse" de faire ses preuves, d'aller jusqu'au bout de ses idées? De la pédagogie !

      Mme Payette comprend parfaitement qu'un gouvernement minoritaire n'aura jamais les coudées franches, que Mme Marois et son ministrte des Finances devront sans cesse faire des compromis, lesquels iront souvent dans le sens contraire de leurs promesses électorales, et que cela est dû à toutes sortes d'impondérables !

      Et quel que soit le parti politique qui sera élu, un gouvernement majoritaire a un avantage certain: celui d'avoir la possibilité de réaliser ses promesses!

      Je pense reconnaître en vous, Mme Marcotte, ce trait de caractère qui fait que lorsque vous vous engagez dans quelque chose ou avec quelqu'un, vous ne changez pas d'idée comme de jupon! Vous y allez à fond de train ! Et c'est ça l'authenticité!

      Ceci, je sais, ne doit pas nous empêcher quand il le faut, de porter un regard critique sur les affaires de l'État, lesquelles nous concernent au plus haut point, sachant bien que rien n'est parfait! Cependant, on s'efforce au moins de garder le cap sur nos choix et nos objectifs en attendant que le train se mette vraiment en marche! Et même s'il risque à tout moment de rencontrer des obstacles parfois difficiles à surmontabler. Comme on le sait, l'Opposition ne s'oppose très souvent que pour s'opposer ou en espérant en s'opposant de se faire du capital politique en vue du prochain scrutin, et ceal sur le dos des électeurs !

      Je n'ai jamais senti que les partis de l'Opposition pouvaient travailler pour le bien commun de la population en général. Leur leitmotiv, c'est de déchirer honteusement chacun leur chemise sur la place publique ! Combat stérile s'il en est! Et Mme David malheureusement est loin de faire exception!

      Bonne journée !!

    • France Marcotte - Abonnée 24 novembre 2012 04 h 52

      Dans le cas de madame Payette, je crois que ses convictions sont profondes et bien assumées, elles résistent aux coups de vent intéressés.
      Et ses convictions nécessitent l'espoir.

      De toute façon, à qui sert le désespoir?