Les maires martyrs…

Vous avez entendu nos deux martyrs municipaux proclamer qu’ils sont victimes des méchants médias qui ont entaché leur réputation ?


Et dans cet élan de lamentation, les maires du tout Québec dénoncent notre scepticisme quant à leur engagement politique.


Mais puisque je suis ici dans l’espace fédéral de Manon Cornellier, la question se pose aussi autrement : les maires québécois sont-ils plus corrompus ou véreux que les maires canadiens ? Pourquoi ce silence sur la politique municipale dans les médias canadiens ?


Alors, « googlons » « canadian mayors corruption »… Voici la grande nouvelle qui traite de corruption ou de détournement de fonds publics au cours des derniers mois : le maire de Toronto, Rob Ford, a laissé « deux de ses employés utiliser des téléphones cellulaires fournis par la Ville pour appeler des membres des Raiders de Rexdale, une équipe de la Ligue mineure de football de l’Ontario ».


C’est tout ? Ben oui, c’est tout ce que j’ai trouvé.


Donc c’est culturel. Selon vous, dans notre imaginaire collectif, qui est le premier maire à faire dans la spéculation foncière (tiens donc), le trafic d’influence (ah bon !) et surtout le prêt usuraire (ben coudonc) ? Réponse : Séraphin Poudrier. Un maire avare et malhonnête qui régnait sur les habitants de Sainte-Adèle au début du XXe siècle.


Séraphin a-t-il tracé le chemin pour nos maires du XXIe siècle ? Il faisait à sa tête. Sans comité exécutif - à qui rendre des comptes - ni vérificateur général - à qui soumettre ses livres - ni de Bureau municipal d’évaluation des prix - qui n’existe pas de toute façon.


Alors, tous ces cas de maires douteux sont une exclusivité bien québécoise ? Ou le Québec est-il trop petit ?


Quel est le degré de séparation en politique municipale québécoise ? Le beau-frère qui a travaillé pour l’entrepreneur dont la fille était la meilleure amie du mafieux amical qui venait de donner un pot-de-vin au chef de direction à la municipalité qui embauche la compagnie du dit beau-frère…


Le lien de confiance est brisé. On ne croit plus les maires qui nous jurent sur la tête de leurs enfants qu’ils sont là pour le bien commun, et non pas pour se l’approprier…


Soeur Angèle nous annoncerait sa candidature à la mairie de Sainte-Anne-de-Beaupré qu’on lui ferait passer un test du polygraphe.


Voici pourquoi on ne les croit plus.


Gilles Vaillancourt. Maire de Laval (1989-2012). Jamais M. Vaillancourt n’a fait mention des raisons qui l’ont amené à démissionner. Les perquisitions de l’UPAC peut-être ?


Gérald Tremblay a, lui, démissionné en plaidant l’ignorance et en jouant à la brebis sacrifiée.


Question quiz : qu’ont en commun Richard Marcotte, maire de Mascouche, Frank Zampino ancien président du comité exécutif de Montréal (2002-2008), maire de Saint-Léonard (1990-2008), Sylvie St-Jean, mairesse de Boisbriand (2005-2009) et Robert Poirier, maire de Boisbriand (1998-2005) ? Ils ont tous été accusés de fraude, de complot en vue de commettre une fraude et d’abus de confiance.


Benoit Labonté, maire de Ville-Marie (2001-2008) et chef de Vision Montréal (2008-2009). En 2009, il a démissionné. Le financement de sa campagne au leadership de Vision Montréal n’était pas, euh ! sans tâche.


Je manque d’espace pour énumérer tous ces maires douteux.


Devant notre compte de taxes, nous avons l’impression de financer la corruption, l’incompétence et l’aveuglement volontaire.


Le message ne passe pas à Montréal. Les élus d’Union Montréal annonceront vendredi qu’ils choisissent Richard Deschamps au poste de maire par intérim.


Comment peut-on faire confiance à Richard Deschamps, dont les responsabilités au comité exécutif de la Ville étaient, entre autres dossiers, les infrastructures et les services aux citoyens ? M. Deschamps affirme partout qu’il n’a rien vu, rien entendu, rien corrompu.


Ça ne vous rappelle pas quelqu’un ?


Et on nous demande de les croire sur parole.


***
 

Avec Alexandra Marcoux


 
8 commentaires
  • Paulette Caillé - Inscrit 14 novembre 2012 03 h 55

    ... sans tâche... ouch (16e par.)

    Cher monsieur Dutrizac - dans le sens où vous l'entendez, il fallait écrire "tache" (sans petit chapeau sur le "a").

  • alain petel - Inscrit 14 novembre 2012 06 h 44

    Mme Caillé

    Sans doute, M. Dutrizac a conservé son petit chapeau par politesse.

  • Georges Washington - Inscrit 14 novembre 2012 09 h 00

    Et André Lavallée

    Et André Lavallée, bras droit de Gérald Tremblay qui soutient n'avoir rien vu et se retrouve sous-ministre aujourd'hui?

  • David Boudreau - Inscrit 14 novembre 2012 09 h 21

    Toute une enquête...

    Je doute qu'Alain Gravel de l'émission Enquête n'a pour seul outil que Google...toujours est-til qu'on trouve également sur Google une page de Radio-Canada qui laisse songeuse quant à la distinction québécois en matière de corruption.

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/