Les coûts de l’alimentation

La façon de s’alimenter a énormément changé depuis quelques années, les légumes sont vendus déjà prêts à apprêter pour simplifier la vie des gens.
Photo: La Presse canadienne La façon de s’alimenter a énormément changé depuis quelques années, les légumes sont vendus déjà prêts à apprêter pour simplifier la vie des gens.

Il va falloir se rendre à l’évidence, les aliments vont coûter de plus en plus cher. Les sommes consacrées à l’alimentation au Canada, hormis les sorties au restaurant, sont parmi les moins élevées des pays industrialisés. Les repas pris dans les fast-food et les mets préparés achetés dans les grandes surfaces trônent en première place dans les habitudes de consommation des Canadiens. Malgré le nombre croissant de marchés et de cours de cuisine, bien des gens n’achètent pas convenablement, et surtout en saison, les aliments qui composent le quotidien.

 

Tout le monde en parle, mais...


Nous sommes tous concernés par une bonne et saine alimentation. Il ne suffit plus de consulter un nutritionniste pour bien acheter les produits alimentaires. Bon nombre d’aliments sont mal perçus parce qu’ils ne sont plus populaires. Pour plusieurs, ils sont rattachés à une époque et requièrent un changement d’habitudes et de comportement d’achat chez les consommateurs.


La façon de s’alimenter a énormément changé depuis quelques années. Par exemple, l’achat de sushis préparés à l’avance aurait été quasi impossible il y a 15 ans. Les viandes déjà tranchées et empaquetées sous vide affichent désormais un délai de conservation sans risque de 21 jours. Il est impossible de garder la viande aussi longtemps si vous faites couper des tranches de jambon chez le boucher. Le délai de conservation sera alors de quatre ou cinq jours au maximum. Les consommateurs préfèrent aussi préparer les repas le plus rapidement possible, tout en conservant leurs habitudes alimentaires.


Tandis que certaines sociétés mettent sur le marché des produits pour nettoyer les légumes, ces mêmes légumes sont vendus ailleurs en barquettes et ne sont jamais lavés dans la plupart des cas. On a cherché à simplifier la vie des consommateurs, mais parfois c’est l’effet contraire qui se produit.


Notre alimentation est tributaire des cours des marchés, par exemple des céréales, du café, mais aussi des quotas, de la rareté de certains produits et de la disparition d’espèces marines. Elle dépend aussi des saisons, bien sûr, et des conditions climatiques, qui influencent au final le prix des produits vendus en magasin.

 

Une question de valeurs et de choix


Les choix que nous faisons en ce qui concerne notre alimentation sont influencés en grande partie par notre histoire familiale : on se nourrit comme nos parents se nourrissaient, et par nos valeurs. Il demeure que, pour une partie de la population, le manque de moyens l’empêche de dépenser plus pour les aliments : on mange alors pour survivre et non pour se nourrir de façon saine et agréable.


Le désert alimentaire dans certains quartiers de Montréal et certaines régions étonne. Jadis, c’étaient les pauvres qui consommaient du poulet de grain et avaient accès aux produits frais. Aujourd’hui, faute de marché d’alimentation dans certains quartiers défavorisés, des pauvres doivent acheter chez le dépanneur, à des prix élevés, des tomates, des concombres, du poisson en boîte et des charcuteries bourrées de nitrites, de colorants et de saveurs artificielles.


Bien s’alimenter risque de coûter de plus en plus cher. La sécheresse qui sévit dans plusieurs endroits sur la planète est annonciatrice de coûts plus élevés pour tous les produits céréaliers (pain, riz, pâtes alimentaires, céréales à déjeuner…). Les céréales servant aussi à nourrir les animaux, le prix de la viande et de la volaille va donc aussi augmenter.

 

Des aliments de substitution


Dans quelques jours s’ouvrira à Paris le plus grand salon international de l’alimentation. Le SIAL, qui se déroule sur cinq jours, permet de s’informer sur les nouvelles tendances et les innovations dans le domaine de l’alimentation. Cette année, de grands spécialistes discuteront des façons de nourrir la planète dans le futur. Une question fondamentale qui ne s’adresse plus aux seuls bien nantis.


La disparition dans nos océans d’espèces comme le thon rouge ou la morue ne rassure personne. Le réchauffement climatique permettra peut-être de faire du vin avec des cépages nouveaux au Québec, mais cela ne réglera en rien la pénurie de blé qui s’amorce ici comme ailleurs. Alors, les spécialistes essaient de trouver des aliments de remplacement, contenant l’essentiel pour le développement de l’être humain. Produire mieux à coût moindre, c’est ce que tous souhaitent, mais ce rêve demeure utopique pour bien des gens.


Cela dit, savoir bien choisir ses aliments est un art qui ne requiert pas nécessairement d’être riche. Par exemple, pourquoi ne pas considérer des produits moins populaires et apprendre à les cuisiner ? De nombreux chefs s’efforcent déjà de faire découvrir des espèces, comme le maigre, le merlu et la sardine, et y donnent une valeur ajoutée en les cuisinant avec art.


La restauration rapide ne pourra jamais combler les lacunes en alimentation. Et les plats comme le poulet, la pizza, le riz ou les pâtes ont créé des habitudes dont il sera difficile de se défaire. Ce qui s’annonce pour le futur n’est pas rose. Il ne faudrait pas que l’on en vienne à manger uniquement par nécessité, pour survivre, tout cela bien loin du plaisir.


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DÉCOUVERTE

Canton change de chemise

Cela fait 30 ans que les Spécialités Lassonde produisent le bouillon Canton pour fondues ou pour les sauces. On change de « chemise » en passant de la boîte de métal au contenant de carton muni d’une pellicule spéciale protectrice et recyclable. Le produit devient ainsi plus écologique, mais c’est la même recette, avec un volume plus grand de 11 %. Bouillons à fondue Canton, en vente partout.

 

Les thés de Joséphine

De grands thés d’importation privée font leur apparition sur le marché. Plus précisément, il s’agit de quinze thés et de deux infusions, qu’il faut découvrir. En provenance de Ceylan, ces grands thés sauront séduire vos sens. En vente dans les meilleures épiceries fines du Québec.
 

 

BIBLIOSCOPIE

Audaces

Éric Gonzalez

Éditions de l’Homme, 

237 pages

 

Il s’agit d’un magnifique ouvrage, où l’on constate toute la passion de ce chef qui sait nous faire saliver à chaque bouchée. Éric Gonzalez nous fait voyager à travers les saveurs, les couleurs, et nous concocte de véritables merveilles. Un livre complet, bien fait, et qui nous rend coupables de ne point cuisiner.


 
1 commentaire
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 14 octobre 2012 15 h 23

    Le mal médiatique

    S'alimenter est devenu une foire fourre-tout où les aliments ne sont que prétexte à niaiser. Il n'y a plus de contenu, seulement un contenant, un véhicule à faire rire (Ricardo) ou pleurer (Et que ça saute !) . On n'apprend plus à cuisiner, on imite les clichés du jour pour passer le temps ou essayer d'impressionner. Sous l'effet des modes et des publicités les femmes ont déserté la cuisine. Ce sont les gars qui cuisinent aujourd'hui. Cela aide à séduire. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle. Mais la plupart des gars n'ont pas hérité des traditions familliales. Elles sont en perdition. Pourtant, il est si facile de cuisiner simplement, sans manquer de goût et d'équilibre. Il n'est nécessaire d'hypothéquer sa maison pour faire l'épicerie. Le grand problème sont les produits transformés. Origine inconnue des aliments, recettes standardisées, goût absent, coût supérieur. Dans la famille, les samedis après-midi étaient réservés à cuisiner les plats pour toute la semaine. Une fois les bases préparées, c'est un jeu d'enfant que de faire un souper de qualité en 30 minutes. Même la pizza peut devenir un aliment sain s'il elle est assemblée correctement. Il est temps de revenir à des habitudes plus saines. Pour le porte-monnaie, la santé et le plaisir.