Des amours d’arbrisseaux

Le bouleau noir est un choix intéressant pour les amoureux des bouleaux en zone 5, car il est résistant à l’agrile du bouleau et à la sécheresse. Son feuillage s’illumine à l’automne.
Photo: Robert Mineau Le bouleau noir est un choix intéressant pour les amoureux des bouleaux en zone 5, car il est résistant à l’agrile du bouleau et à la sécheresse. Son feuillage s’illumine à l’automne.

Pour faire suite à une visite privilégiée au Jardin botanique de Montréal, voici trois arbrisseaux coup de coeur du passionné horticulteur du Fruticetum, Luc Thériault. Ce jardin méconnu contribue à la découverte d’arbustes, d’arbrisseaux et de clématites différents de ce qu’on voit couramment et permet également de les apprécier à leur maturité.

Stewardia pseudocamelia


Cet arbrisseau à plusieurs troncs a vraiment tout pour lui : de belles fleurs, une écorce intéressante et un superbe feuillage. Ses fleurs, qui s’épanouissent au cours de l’été, évoquent celles des camélias, d’où son nom d’espèce, pseudocamelia. Son écorce singulière se desquame et prend des teintes de gris, de rouge et de brun ; on dirait une peinture abstraite. Son feuillage, vert foncé durant l’été, se colore de rose, de pourpre et d’orange à l’automne.


Le Stewardia, dont la croissance est lente, atteint environ trois mètres de hauteur par deux mètres de large. Un emplacement à la mi-ombre ou au soleil lui convient bien, ainsi qu’un sol riche, frais et légèrement acide. Comme son système racinaire est superficiel et fragile, il est recommandé de le pailler. Cette plante se cultive dans le sud du Québec, car elle est de zone 5.

 

Cephalanthus occidentalis


Le céphalanthe occidental est un arbuste vigoureux et original. Son feuillage lancéolé et lustré est d’un beau vert foncé durant toute la saison estivale ; à l’automne, il tourne au jaune, mais c’est particulièrement pour ses fleurs qu’on craque. Elles sont crème ou légèrement rosées. Réunies en forme de boule, elles sont surprenantes et ont un je-ne-sais-quoi de rigolo. La floraison a lieu en juillet et août, elle est parfumée et mellifère.


Le céphalanthe atteint environ trois mètres de hauteur par quatre de large et son port est buissonnant. Un sol frais et humide est nécessaire ; quant à l’exposition, il croît aussi bien à l’ombre qu’au soleil. Indigène au Québec, il pousse dans l’ouest de la province, où son nom commun est le « bois noir ». Cette espèce recommandée pour la naturalisation se cultive jusqu’en zone 4b.


Betula nigra


Au Québec, les bouleaux font partie de notre mémoire collective, de notre patrimoine. D’ailleurs, le bouleau jaune, Betula alleghanensis, a été choisi notre arbre emblématique pour souligner notre attachement à la forêt. En aménagement, les bouleaux apportent une touche élégante et un coin de forêt dans notre cour. En revanche, ils sont sensibles à la pollution, à la sécheresse et à l’agrile du bouleau. Ce dernier a fait des ravages au cours des dernières années.


Pour les amoureux des bouleaux qui vivent en zone 5, le bouleau noir est intéressant, car il est résistant à l’agrile et à la sécheresse, même si la pollution demeure un problème. On le plante au soleil, dans un sol humide et fertile. Le cultivar « Fox Valley » est conseillé pour les espaces restreints, parce qu’il demeure compact, avec ses 3 mètres de haut sur 3,5 de large. Il forme plusieurs troncs, son feuillage est vert foncé et vire au doré à l’automne.

 

Engrais à base organique


Les fertilisants de synthèse sont une source de pollution reconnue et les jardiniers amateurs ou professionnels, conscients de leur impact environnemental, sont toujours à la recherche de produits verts. Récemment, des engrais à base organique sont arrivés sur les étagères des centres jardiniers. Ils sont constitués au minimum de 15 % de matières organiques et contiennent dans une certaine proportion des éléments minéraux de synthèse. De ce fait, ils ne sont pas considérés comme des engrais biologiques.


Par ailleurs, la plupart des fertilisants 100 % biologiques contiennent un pourcentage peu élevé d’éléments nutritifs. Tout aussi intéressants en platebandes ou au potager, ils sont par contre moins efficaces pour la culture en pots, en balconnières ou en jardinières, où un taux supérieur d’azote donne généralement de meilleurs résultats.


Ces engrais à base organique sont intéressants, car ils ont un impact environnemental réduit si on les compare à un engrais de synthèse conventionnel. De plus, ils sont pourvus d’une source d’azote inorganique qui en fait de bons engrais de base. L’Institut québécois de développement en horticulture ornementale a testé trois de ces produits : Daniels 10-4-3 de Professionnal Plant Food, General Purpose 15-3-11 de Biofert et Solo Tek Grow 8-4-12 de Growtek. Les trois engrais ont donné d’aussi bons résultats que l’engrais témoin traditionnel pour la période testée. En outre, les coûts ne sont pas plus élevés, car les éléments fertilisants sont très concentrés, ce qui permet une dilution importante.


Voici, par contre, quelques défauts de ces engrais : le Biofert dégage une forte odeur ammoniacale, le Daniels contient peu de potassium, si bien qu’à long terme, les plantes pourraient être carencées, et le Solo Tek a une texture non homogène et coûte cher. Comme ces engrais sont à base de matières organiques, une fois préparés, ils doivent être utilisés rapidement pour éviter la prolifération bactérienne. Finalement, ces engrais sont une bonne solution de rechange aux engrais de synthèse.


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Des questions sur votre jardin ? N’hésitez pas à me contacter à lgobeille@ledevoir.com.

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Le traité Rustica des fleurs

Éditions Rustica, 2012

560 pages


Le traité Rustica des fleurs informe sur la culture de 1000 plantes : des arbres, des arbustes, des vivaces et des grimpantes. Chaque plante a une fiche avec sa photo, sa description, les informations de culture et un tableau pour l’exposition, l’arrosage, la hauteur, etc. C’est un livre intéressant et dense qui présente beaucoup de plantes originales, mais comme l’ouvrage est français, plusieurs ne sont pas rustiques ici. De plus, les zones de rusticité auxquelles nous sommes habitués ne sont pas utilisées et la résistance au froid donnée n’est pas assez précise pour le Québec, par exemple -20 Celsius ou plus.

Si on connaît la plante, ça va, sinon, c’est de l’essai-erreur. L’auteur, Alain Delavie, qui a dirigé une équipe de spécialistes, est agronome et collectionneur de plantes. D’ailleurs, on sent l’âme du collectionneur par la grande diversité des plantes décrites. Il est actuellement rédacteur en chef du magazine Rustica hebdo et conseiller éditorial du site rustica.fr. Un livre pour jardiniers avertis et curieux.

Autocueillette de raisins de table


Le vignoble du Vent maudit, c’est des propriétaires sympathiques et un endroit agréable pour aller cueillir de délicieux raisins de table. On goûte, découvre et récolte différents cultivars, et en plus, on peut acheter des vignes. Vous voulez prendre votre temps ? Apportez votre pique-nique. L’entreprise est soucieuse de l’environnement et croit en une agriculture diversifiée qui encourage l’économie sociale. Entre autres choses, ses produits viticoles répondront sous peu aux normes de production de l’agriculture biologique en vigueur. Et si vous êtes pressés, passez simplement au kiosque pour vous procurer des raisins ; vous y trouverez également une belle diversité de légumes.

Du jeudi au lundi de 10 h à 17 h, de septembre à octobre, 690, rang Saint-Esprit (route 347), Sainte-Geneviève-de-Berthier, 450 803-2503, ventmaudit.com.