La permaculture, un design global


	En permaculture, dans les espaces restreints, différentes techniques sont employées pour maximiser la production et diminuer les pertes d’espace, comme celle des treillis.
Photo: Lise Gobeille
En permaculture, dans les espaces restreints, différentes techniques sont employées pour maximiser la production et diminuer les pertes d’espace, comme celle des treillis.

On associe automatiquement la permaculture à une contraction des mots «permanente» et «agriculture». C’est bien simplifier le sens de ce mot.

La permaculture, en fait, est un design ayant pour but de créer un environnement durable pour l’être humain. Cette conception globale et intégrée de l’aménagement du paysage imite les modèles et les relations observés dans la nature.
 
Elle vise une production abondante de nourriture et d’énergie pour satisfaire les besoins et repose sur le travail avec la nature, et non contre celle-ci. Elle est également encadrée par un code d’éthique et des principes qui favorisent l’intégration harmonieuse des activités humaines à l’intérieur des écosystèmes.
 
Un peu d’histoire

Au Québec, on ne peut nommer aucun exemple de permaculture appliquée. Par contre, on trouve plusieurs projets au Canada et un peu partout à travers le monde. En général, ces projets sont plutôt d’ordre individuel et à petite échelle, mais cette approche a aussi été utilisée avec succès pour aider des communautés indigènes confrontées à la dégradation de leur environnement et au bouleversement de leur mode de vie.
 
La permaculture a été développée dans les années 1970 par deux Australiens, Bill Mollison et David Holmgren, qui constataient l’impact destructeur des méthodes agro-industrielles sur l’environnement, des méthodes qui n’ont guère changé.
 
Bill Mollison est un scientifique tasmanien qui, depuis 1978, consacre tout son temps au développement de la permaculture. Il a écrit plusieurs publications sur le sujet avec David Holmgren et il a remporté le prix Nobel alternatif Right Livelihood en 1981 pour ses travaux sur la permaculture. 
 
David Holmgren est quant à lui un designer écologiste. Il a peaufiné des designs de permaculture tout au long de sa vie, d’abord sur le terrain de sa mère et ensuite sur sa propriété. En 2002, il a publié le livre Permaculture: Principles & Pathways Beyond Sustainability, où il expose 12 principes pour concevoir une société soutenable.
 
Code d’éthique et principes de base

Voici les valeurs adoptées par les gens qui adhèrent à la permaculture: respecter la terre et en prendre soin, faire attention à soi-même et à la communauté, penser aux générations futures et s’assurer d’un partage équitable des ressources.
 
De même, plusieurs principes régissent la permaculture. D’abord, la localisation de chaque élément dans le design est mûrement réfléchie, afin d’être le plus efficace possible. Le terrain est divisé en de nombreuses zones, la zone 1 étant la plus proche de la maison et celle où l’on intervient le plus souvent. Pour la culture, on favorise une succession des végétaux dans le but d’améliorer rapidement la condition des sols à l’aide de la matière organique. On pratique la polyculture et la production d’une grande diversité d’espèces pour créer un système interactif et productif. La forêt est une source d’inspiration importante à ce sujet.
 
Enfin, on conseille la création de lisières aux formes naturelles pour subdiviser le terrain. Ces zones de transition, nommées écotone en écologie, sont riches en biodiversité. Puis, l’efficacité énergétique est constamment recherchée, que cela soit en évitant un travail inutile, en faisant d’un déchet une ressource, en valorisant les services «gratuits» rendus par les écosystèmes, ou tout simplement en réduisant la consommation et les déplacements. Ceci n’est qu’un aperçu des principes, et l’accent a ici été mis sur ceux en lien avec le jardinage.
 
En ville comme en banlieue, on peut aussi appliquer les principes de la permaculture, mais on doit prendre en considération que l’espace est restreint. Par le fait même, il faut intensifier la production de nourriture et diminuer les pertes d’espace. Différentes techniques peuvent être utilisées, telles que l’utilisation de la culture en spirale, en trou de clé ou à l’aide de treillis.
 
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Au jardin cette semaine

Cette année, les gens du Réseau d’avertissements phytosanitaires ainsi que Réjean Harvey, responsable des traitements phytosanitaires au Jardin botanique, ont constaté que plus d’arbres matures étaient affectés par le feu bactérien des rosacées. Cette maladie touche en particulier les pommiers, les pommetiers, les poiriers, les cotonéasters, les amélanchiers, les sorbiers et les spirées.
 
Quels sont les symptômes de cette infection? D’abord, les inflorescences et les pousses tendres se dessèchent et brunissent. La maladie progresse ensuite vers les branches secondaires, puis vers les branches charpentières, et affecte finalement le tronc, ceci si aucune mesure n’est prise. Pour éviter la progression de la maladie, on taille en été, par temps sec, les parties atteintes, en coupant au moins 30 cm sous la partie infectée. On prend soin de bien stériliser les outils avec de l’alcool entre chaque coupe. On doit éliminer rapidement les branches coupées.
 
À l’automne, on évite les fertilisations fortes en azote ou une forte taille, car elles stimulent la croissance, ce qui sensibilise les arbres aux infections. Également, pour contrôler la maladie, on peut appliquer une solution à base de cuivre à l’automne ou au stade de débourrement, au printemps.
 
Quant à la brûlure bactérienne du lilas, elle affecte particulièrement le lilas commun et le lilas nain de Corée, mais plusieurs autres essences sont aussi sensibles. Les symptômes ainsi que les traitements sont les mêmes que ceux du feu bactérien des rosacées, mais le traitement du printemps doit se faire avant le débourrement.
 
La cochenille du magnolia cause de sérieux problèmes depuis quelques années dans la région de Montréal. Inspectez bien vos arbres: un des symptômes faciles à déceler est la présence de fumagine, une moisissure noire sur les feuilles. Elle se développe sur le miellat produit par les cochenilles. En ce qui concerne les cochenilles, elles ont une carapace bombée et brune, recouverte d’une pellicule cireuse blanche. Le contrôle de ce ravageur est difficile, mais nous sommes dans un moment propice pour atteindre les jeunes nymphes. Vaporisez deux fois vos arbres infestés à dix jours d’intervalle avec un savon insecticide ou une huile horticole.

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À faire

Arrêt à Val-David

Dans le cadre du Symposium international de l’art in situ des Jardins du précambrien, René Derouin vous entretiendra sur les origines et l’avenir du Jardin du précambrien. Aujourd’hui, samedi, à 14 h à l’Agora de l’animation.
 
Accaparement des terres agricoles — Land Grab, organisé par le City Farm School

Devlin Kuyek parlera de l’accaparement des terres agricoles en Afrique de l’Ouest et de ses conséquences pour les communautés locales. La conférence sera donnée en anglais. Le lundi 20 août de 13 h 30 à 15 h. Chez l’organisme Alternatives, 3720, avenue du Parc, 2e étage à Montréal
 
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Cultivons la ville!

Le 9 août, les Urbainculteurs déploraient l’attitude des municipalités de Drummondville et de Québec, à la suite du cas d’interdiction visant des potagers. Alors que l’agriculture urbaine est en essor partout dans le monde et que ses bienfaits sont reconnus, ils regrettent que des autorités ne reconnaissent pas son intérêt et, en plus, en freinent les initiatives sans motif valable. En outre, ils désirent souligner que le jardinage urbain a de tout temps existé et qu’au milieu des légumes poussent aussi des avantages sociaux, environnementaux et économiques dont les villes auraient intérêt à tirer parti. Ils souhaitent que les récents événements ne découragent pas les citadins, mais au contraire, les incitent à valoriser le territoire urbain pour le bien de tous. Les Urbainculteurs font un travail fantastique, depuis quatre ans, pour la promotion du jardinage. Ils ont réalisé plusieurs projets d’agriculture urbaine avec des techniques simples, productives et abordables.
 
Des questions sur votre jardin? N’hésitez pas à me contacter à lgobeille@ledevoir.com.

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