Salut l’artiste !

Nino Marcone, ici en compagnie de sa conjointe Line, a permis de faire découvrir et apprécier certains fruits et légumes différents de ce à quoi les Montréalais étaient habitués.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Nino Marcone, ici en compagnie de sa conjointe Line, a permis de faire découvrir et apprécier certains fruits et légumes différents de ce à quoi les Montréalais étaient habitués.

On ne sait plus s’il faut lui dire bonjour ou au revoir. Après toutes ces années passées à se lever à 2 h du matin, sans relâche, pour se rendre au marché central, Nino s’apprête aujourd’hui à partir à la retraite. Difficile à imaginer.

Il fallait être visionnaire, ou carrément fou, pour vouloir changer les habitudes de consommation des Montréalais au chapitre des fruits et légumes dans les années 1980. Nino Marcone se rappelle encore combien c’était difficile, au début, de faire acheter autre chose que les fruits et légumes courants de l’époque. Mais 30 ans plus tard, les gens achètent des fruits exotiques, des truffes, des champignons fins, des raisins de Corynthe, de mini-légumes, l’ail rose de Lautrec et les citrons de Menton, par exemple…


La popularité de la gastronomie et certaines émissions de télé, comme Des kiwis et des hommes, ainsi que Josée di Stasio ont mené Nino au temple de la renommée des légumiers, lui qui fut aussi épaulé durant toutes ces années par sa conjointe, Line.


Un rituel bien établi


Tous ceux qui le connaissent ont peine à imaginer Nino à ne rien faire. Il va désormais partager sa vie entre l’Italie, dans la maison familiale qu’il a reprise, et la banlieue de Montréal, à faire du vélo, à cultiver ses tomates, puis à fabriquer son vin maison.


Les routes de Nino sont tracées depuis plus de 30 ans. Ses amis, rencontrés au marché Jean-Talon, vont regretter le personnage attachant, la cigarette toujours au bec, dont il assure ne pouvoir se séparer. Nino fait partie des marchands de la nuit. Il a des contacts qui lui réservent souvent des arrivages en petite quantité en provenance de Toronto ou du reste du monde.


Nino et compagnie ont établi depuis longtemps des liens privilégiés avec le milieu de la restauration gastronomique, car ils savent trouver l’introuvable, estiment de nombreux chefs ayant participé au festival Montréal en lumière. Vous pouvez demander à Nino de la réglisse, des champignons particuliers, des oranges sanguines d’Italie, de Sicile plus particulièrement, du poivre vert de Madagascar… Avec lui, tout est possible.


Souvent, le téléphone sonne dès 7 h ou 8 h et Nino s’empresse de répondre afin de préparer les commandes qui seront livrées avant le service du midi. Des chefs comme Claude Pelletier, du sélect Club Chasse et pêche et du Filet, à Montréal, disent qu’ils perdent plus qu’un fournisseur, ils perdent aussi un ami.


Nino est un sentimental, un personnage hors du commun qui n’hésite jamais à ouvrir un fruit exotique ou une clémentine d’Israël pour le faire goûter. Chez lui, c’est un rituel qui s’impose. Chaque samedi matin, les mêmes habitués arrivent très tôt au marché Jean-Talon pour y acheter du plaisir. Il aura réussi, avec quel-ques autres, à leur faire découvrir et apprécier certains fruits et légumes différents de ce à quoi ils étaient jusque-là habitués.


Le marché Jean-Talon honore cet artiste qui a grandement contribué à faire connaître le « principal marché de Montréal ». Nino fut en quel-que sorte un pionnier dans son domaine. Si d’autres lui ont emboîté le pas depuis et suivent son exemple, cela n’a pas toujours été évident, selon Nino Marcone.


La retraite lui permettra un premier temps d’arrêt de travail, un repos bien mérité avec sa conjointe. Mais il est certain qu’on reverra Nino traîner ses guêtres au Marché Central et au marché Jean-Talon par la suite. La transmission est assurée. Il a laissé son empreinte et le magasin Nino continuera d’exister avec les nouveaux propriétaires. Longtemps l’esprit du marchand de légumes continuera d’imprégner cet endroit.


Si jamais on vous demande où se trouve la fruiterie Nino au marché Jean-Talon, il suffira de répondre : Là où les bananes poussent sur les poteaux électriques !

Biblioscopie

 

À table avec Jean de la Fontaine

Éditions Agnès Viénot

France, 2012, 151 pages


Un ouvrage magnifique qu’on ne se lasse pas de regarder. Les fables de La Fontaine sont mises ici en gourmandises et interprétées en fonction des fables. Un délice tant pour les yeux que pour le ventre, sous la forme de 55 recettes merveilleusement illustrées.


Découverte

In vino veritas


Il faut bien reconnaître que la société Julia Wine a réussi un bon coup en vendant des vins à l’entreprise Costco qui, du coup, n’est plus obligée d’acheter les vins d’épicerie vendus partout. Maintenant qu’elle achète des lots entiers par l’entremise de la SAQ, comme pour une importation privée, Costco peut offrir de bons petits vins, comme le Bloc F à 13,99 $, un assemblage de cabernet sauvignon et de merlot, et le Bloc H à 11,99 $, qui comporte du cabernet sauvignon, du cabernet franc et du merlot. Des vins parfaits pour le barbecue et les grillades de l’été.